« De la musique exigeante et dansante »


Rédigé par Tristan LOUISE - Angers, le Jeudi 17 Novembre 2016 à 08:52


Arno Gonzalez et Florian Champion franchissent un cap en organisant un premier « Modern Festival », du 17 au 20 novembre sur Angers. Le premier évoque son parcours et ce projet osé.



Arno Gonzalez coorganise avec Florian Champion le premier Modern Festival, qui débute ce jeudi soir et s'étend jusqu'à dimanche.
Arno Gonzalez coorganise avec Florian Champion le premier Modern Festival, qui débute ce jeudi soir et s'étend jusqu'à dimanche.
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Comment la musique arrive dans votre vie ?

« Très tôt… Mes parents avaient une discothèque, Le Rodéo, entre Grez-en-Bouère et Meslay-du-Maine (Mayenne)… et mon oncle aussi. Ce n’était pas vraiment des lieux de musiques électroniques. Paradoxalement, je n’étais pas vraiment attiré par les platines. Mais cet environnement a posé les bases de ce que je suis aujourd’hui. Par un réflexe de rébellion, je me suis dirigé vers des musiques un peu pointues…. Que ce soit dans le rock, le ska, le hip-hop, funk, disco. Autant de sons qui m’ont amené vers la deep house et la techno ».
 
Avez-vous pratiqué un instrument ?

« Mon premier était un synthétiseur. C’était un Bontempi…  à orthographier comme vous voulez ! (rire). J’ai toujours aimé la bidouille, et cela très jeune. Depuis, je n’ai pas lâché le truc… je ne suis pas un instrumentiste mais je peux reproduire facilement un son que j’entends ».
 
Quand est-ce que l’électro vous happe ?

« Assez vite et ce par plusieurs biais. Mon frère collectionnait les disques, notamment de deep house ; et j’avais un ami qui était gros fan de techno, genre techno qui tape. Il faisait du son avec son ordinateur. Cela me fascinait de voir que l’on pouvait faire cela avec une souris. Ensuite, j’ai bénéficié d’un atelier où j’ai pu commencer à composer ».
 
L’idée de vivre de la musique arrive tôt ?

« J’ai d’abord fini mes études, un BTS Action Commerciale, pour faire plaisir à mes parents. Pendant ces études, on m’a offert mon premier emploi de DJ, alors que je ne savais pas mixer… c’était juste pour de la sélection. C’était dans un petit bar à Angers, L’Esperanza (aujourd’hui Soleil Café). J’y ai eu carte blanche pendant deux ans et cela me faisait mon argent de poche. C’est là que j’ai appris à mixer… et à mixer un peu de tout. J’avais quand même un fil conducteur : cette notion indéfinissable que l’on appelle le groove. Je voulais retrouver ce groove et la techno, qui reste une musique black, propose cela, dès son origine. Et notamment la house. Pour en revenir à l’idée d’en vivre, elle arrive progressivement. A la fin de mes études, je suis parti à l’étranger et j’ai acheté beaucoup de vinyles, aux Etats-Unis notamment. Quand je suis revenu, on m’a sollicité pour jouer à droite et à gauche… et l’envie de faire cela de manière un peu plus professionnelle est venue. En un an, j’étais intermittent ».

Josh Wink sera sur la scène du parc expo dans la nuit de samedi à dimanche.
Josh Wink sera sur la scène du parc expo dans la nuit de samedi à dimanche.
Et le réseau fait le reste…

« Exactement. Je me suis retrouvé à jouer à Paris, à Munich, au Kamchatka, au fin fond de la Russie, et puis sur la grande scène d’Astropolis,  le grand festival brestois… autant de souvenirs mémorables pour moi. Tous ces rendez-vous, ces rencontres et ces échanges ont aussi fait naître, naturellement, le désir d’organiser des soirées.  On m’invitait mais je voulais aussi que mes potes soient invités. Au début, c’était sans budget. Et puis cela a pris de l’ampleur. Ces fameux potes ont pris de l’envergure. Mon idée était de ramener sur Angers ce que je vivais à l’extérieur. « Musique Moderne » est née, puis « Modern ». On a commencé les soirées au Jungle Jane, une boîte qui n’existe plus aujourd’hui. On a ensuite déplacé le concept au Chabada, grâce à Stéphane Martin et à François Delaunay. Et puis il y a la rencontre avec Florian Champion, qui est à la tête de l’association Dirty Frenchy. Grâce à lui, j’ai pu développer tout ça de manière plus sérieuse et plus professionnelle… jusqu’à arriver à ce festival ».
 
Alors, justement, ce « Modern Festival »…

« On passe un sacré cran, là ! (rire). On ne cache pas qu’il y a du stress. On sort de notre zone de confort. Florian et moi organisons divers événements depuis quelques années et on se disait qu’il manquait un festival sur Angers. Un festival à dimension internationale. Avec cet inconnu qui est le parc-expo. Le Chabada, les bars, le Bar du Quai, on sait faire… l’idée était de tenter cette salle et de réunir tout ça, sur quatre jours. C’est drôle car plusieurs de nos amis ont franchi ce cap dans d’autres villes. A nous de les imiter. Comme nous ne sommes pas beaucoup aidés, si on se plante, on n’aura que nos yeux pour pleurer (rire). La ville nous soutient matériellement et nous fait confiance : c’est déjà énorme, compte tenu de l’image que véhicule encore la musique électronique. Cela fait un an que l’on y travaille, donc on appréhende. Il y a beaucoup d’inconnues. Ce qui ne l’est pas, ce sont les têtes d’affiche : Octave One, qui vient de Detroit, le berceau de la techno ; Dominik Eulberg, qui représente la veine européenne berlinoise ou encore Josh Wink, le « père de l’acid house ». Mais il y a aussi des pointures françaises et des talents locaux. C’était l’envie : d’avoir une programmation exigeante et en même temps qui peut fédérer. On n’est pas dans les extrêmes mais dans une musique dansante de qualité ».
 
Moder Festival, du 17 au 20 novembre. Jeudi 17 au Bazar, au Dublin’s et au Joker’s Pub ; vendredi 18 au J Angers Connectée Jeunesse et au Chabada ; samedi 19 à la collégiale Saint-Martin et au Parc des Expositions ; dimanche 20 au Bar du Quai.
Toutes les infos sur
www.modernfestival.fr.












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