De nouvelles œuvres à l'Artothèque


Rédigé par Rédaction Angers Mag Info - Angers, le Dimanche 20 Janvier 2013 à 08:00


L'Artothèque d'Angers expose jusque mi-mars ses nouvelles acquisitions. 17 œuvres (estampes, dessins, peintures…) parmi les 1 082 de la collection complète. Les abonnés pourront ensuite les décrocher pour les installer chez eux.



Une série de bois gravés signé par David Shrigley, un artiste écosséais
Une série de bois gravés signé par David Shrigley, un artiste écosséais
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Dans cette annexe de l'Ecole supérieure des Beaux-Arts d'Angers, rue Bressigny, un véritable trésor. L'Artothèque, sorte de bibliothèque de l'Art contemporain pour tous, stocke à ce jour plus de 1 000 œuvres. Des peintures, des photographies, des estampes, des dessins…, achetés par la ville d'Angers et qui permettent d'appréhender l'art actuel, tout en soutenant des artistes confirmés ou émergents.

Comme chaque année, l'Artothèque vient de faire l'acquisition de 17 nouvelles œuvres qu'elle expose jusqu'au 16 mars dans sa galerie. A l'issue de cette date, les abonnés (particuliers, écoles, entreprises) pourront venir faire leur choix, décrocher les œuvres et les ramener chez eux. Et les accrocher dans leur salon, leur salle de classe ou encore leur hall d'accueil. Le prêt de chaque œuvre s'étalera alors sur deux mois (renouvelables) pour un abonnement annuel de 28 euros (une œuvre), 61 euros (deux œuvres) et 70 euros (trois œuvres).

Pour un budget d'environ 20 000 euros par an, l'Artothèque s'est dotée en 2012 de 17 œuvres supplémentaires. Multiples ou pièces uniques, elles ouvrent toutes sur l'actualité de la création en France et à l'étranger. En exposition, il est désormais possible de découvrir le travail d'Ismaïl Bahri, de Frédéric Bridot, d'Alain Declercq, d'Alix Delmas, d'Aymeric Fouquez, de Grégory Markovic, d'Aurélie Nemours, d'Olivier Péridy, de Jean Rault, de David Shrigley et de Djamel Tatah.

L'accès à la galerie est libre. Du mardi au samedi de 14 heures à 18 heures et sur rendez-vous. Renseignements au 02 41 24 14 30.

Les 4 coups de cœur d'Angers MAG

"Wood0611", une lithographie signée Djamel Tatah.
"Wood0611", une lithographie signée Djamel Tatah.
"Wood0611" de Djamel Tatah
Djamel Tatah est né à Saint-Chamond (Loire) en 1959. Il vit et travaille aujourd'hui en Bourgogne. Identiques et identifiables, ses tableaux n'en restent pas moins mystérieux.

Depuis la fin de ses études à l'école des Beaux-Arts de Saint-Etienne, les motifs de son œuvre n'ont pas changé : jeunes hommes et femmes indéterminées, fragiles et pensifs, peaux clairs en suspension sur fonds intenses à l'image de "Wood0611", cette toile acquise par l'Artothèque d'Angers.

A partir d'une photographie qu'il projette sur la toile, il s'en sert de trame pour donner naissance à ses personnages anonymes, simples mais remplis d'humanité. Sa peinture est d'ailleurs souvent qualifiée de "silencieuse".

De nouvelles œuvres à l'Artothèque
"Caprice" (Capricho) d'Alix Delmas
"Caprice" est une image mentale, selon Alix Delmas. Cette artiste bayonnaise, vivant et travaillant à Paris, a découvert la photo numérique en 1997 pour l'abandonner en 2004.

Elle en a apprécié "la pauvreté que je trouvais plus proche de la vie contemporaine que de la netteté de la matière argentique", explique-t-elle. Toutefois, elle a eu le temps de brûler le blanc, de jouer avec le noir sale, le bruit dans l'image et la capture de l'essentiel dans des très basses lumières.

"Caprice" est donc le fruit de ces expériences multiples. Réfléchies et travaillées. L'auteur a joué avec la couleur, aussi sombre soit elle, comme pour faire basculer la photographie vers le monde de la peinture monochrome.

Cette "photo-toile" reflète aussi la performance devant un miroir, celle d'un sujet féminin, anonyme, qui s'affronte dans son reflet. L'occasion aussi pour Alix Delmas de revisiter une tradition de l'auto-représentation des femmes artistes.

Enfin, elle s'est inspirée d'une gravure de Goya tirée des Caprices, "Ya tienen asiento" (les voilà bien assises), d'où cette chaise en suspension, illustrant à la fois les limites et la résistance.

"Hidden Camera Obscura" d'Alain Declercq
"Hidden Camera Obscura" d'Alain Declercq
"Hidden Camera Obscura" d'Alain Declercq

Il a bravé les interdits à l'aide d'un dispositif dont la manipulation pouvait indirectement attiser le soupçon. A New-York, en 2008, Alain Declercq, grâce à sa caméra obscura, a photographié des lieux proscrits de toute iconographie. Il en est reparti avec une série de 70 clichés, tous uniques en leur genre, dévoiiant ainsi des plans insolites et rares.

Considérés comme "sensibles" depuis les attentats du 11-septembre, les prisons, les commissariats, les ponts ou encore les tunnels sont censés échapper à toute reproduction. En passant outre cette législations "made in USA", cette artiste parisien, enseignant aux Beaux-Arts d'Angers, a construit lui même son outil de prise de vue : cette caméra obscura, un simple boîtier plastique dans lequel un minuscule trou percé fait office de diaphragme.

Le résultat est bluffant. Déroutant même à l'image de ce cliché volé du commissariat de la 54e rue de New-York.

"Sans titre" de David Shrigley.
"Sans titre" de David Shrigley.
"Sans Titre" de David Shrigley

Cet Ecossais de Glasgow saisit des formes et des idées dans des lignes spontanées, épurées. Son humour déjanté donne une approche surprenante des questions de société et de situations quotidiennes très diverses. Souvent avec une touche sombre, qui frise parfois le sinistre.

Dans toute leur diversité, ses œuvres traitent d'un thème unique : la condition sociale dans la société moderne. Les dessins de Shrigley illustrent à merveille le wit britannique, cette posture de détachement flegmatique par rapport à soi, aux autres et au monde qui désamorce toutes les tracasseries, les angoisses et les drames de l'existence.

Certains disent de lui qu'il réinvente une manière de catharsis bouffonne avec ses dessins aux traits mal assurés, presque puérils.











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