De rouille et d'os, rencontre passionnante de deux êtres


Rédigé par Option Cinéma Lycée Renoir - Angers, le Dimanche 3 Juin 2012 à 20:54


Tiré d'un recueil de nouvelles de Craig Davidson, « De rouille et d'os » raconte la rencontre entre Ali, un fauché paumé, et Stéphanie, une belle et jeune dresseuse d'orques.



Matthias Schoenaerts (Ali) et Marion Cotillard (Stéphanie) avant un combat.
Matthias Schoenaerts (Ali) et Marion Cotillard (Stéphanie) avant un combat.
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Ali, sans domicile fixe et sans argent, se retrouve seul avec son fils, Sam, 5 ans. Il décide de prendre la route pour le sud. Ali s'installe alors chez sa sœur à Antibes, à peine plus riche que lui. A la suite d'une bagarre à la sortie de boîte de nuit, il fait la rencontre de Stéphanie, jeune dresseuse d'orques au Marineland. Tout les oppose. Un jour, alors qu'une représentation tourne mal, Stéphanie perd l'usage de ses jambes et se fait amputer. Lorsque la jeune femme comprend ce que sera sa vie désormais, c'est vers Ali qu'elle se tourne.

Ces deux personnages malheureux et seuls vont s'aider mutuellement, et souvent maladroitement. Malgré leurs vies étranges, ils se trouvent normaux, comme le montre la scène où Ali ramène sur ses épaules Stéphanie de la mer, alors que les baigneurs les dévisagent. Ils n'ont pas de haine envers les autres, envers les gens heureux. Stéphanie retourne voir l'orque qui lui a causé l'accident et « danse » même avec lui. Ali participe à des combats de boxe clandestins, pour l'argent, pour se lâcher et se défouler. Stéphanie deviendra par la suite sa partenaire durant ses combats.

Pendant deux heures, Audiard nous emmène dans son univers, aux côtés de Marion Cotillard, pleine de grâce, et de Matthias Schoenaerts (« Bullhead ») incarnant un personnage d'une rare complexité et plein de douceur à la fois. Les seconds rôles partagent la même sincérité que ces deux derniers : Corinne Masiero, la sœur du héros, caissière désabusée, devient mère de substitution pour le petit Sam (Armand Verdure) et Céline Sallette constitue une aide aussi discrète que précieuse pour Stéphanie.

Les plans se succèdent, doux et violents, sombres et lumineux, distants et intimes, dirigés par un maître de l'exigence. S'ajoutent à cela des effets spéciaux très impressionnants et une mise en scène qui se révèle sensible aux corps, aux couleurs, aux gestes et au regards.

Fidèle à lui même, le réalisateur nous fait redécouvrir les thèmes de ses précédents longs métrages, la relation père-fils (« De battre, mon cœur s'est arrêté ») ainsi que les rapports de force (« Un prophète »), pour nous parler de ce que l'on peut perdre d'important dans une vie. « De rouille et d'os » est donc un film poignant.

Du grand Audiard, et tout simplement, du grand cinéma !

Juliette.









1.Posté par emma jacquet le 06/06/2012 16:11 (depuis mobile) | Alerter
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grandiose et plein de sensibilité du grand art








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