Derrière le festival d'Anjou, une stratégie culturelle


Rédigé par - Angers, le Samedi 10 Juin 2017 à 07:55


Direction, répertoires, publics, partenariats… Sur scène comme en coulisses, le festival d’Anjou poursuit cette année son renouveau avec une ambition affirmée : mieux rayonner sur le territoire.



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« Quand je rendrai cet outil, il sera globalement mieux que quand je l’ai pris. Plus vivant, plus novateur, plus ambitieux. » Ces propos de Nicolas Briançon, le directeur artistique du festival d’Anjou, remontent au printemps 2015. Dix ans après sa prise de fonction, le comédien et metteur en scène nous confiait sa satisfaction de voir l’événement théâtral renouer enfin avec Angers. « Une première étape encourageante » pour faire bouger « une institution qui a du mal à se réinventer », justifiait-il sans langue de bois. Pour des histoires d’hommes et de politique, la ville-centre du département avait tourné le dos au festival depuis 1978. Et celui-ci, malgré lui, entretenu parfois l’image d’un rendez-vous autocentré dans le confort patrimonial du château du Plessis-Macé.

Deux ans plus tard, qu’en est-il ? Balayer le menu de cette 68e édition, c’est trouver en partie réponse à la question. Au-delà de l’ancrage confirmé à Angers - 10 spectacles, dont l’ensemble du Concours des compagnies, accueillis au Grand Théâtre et au Cloître Toussaint- difficile de ne pas voir dans les trois dates (27, 28 et 29 juin) programmées au théâtre Saint-Louis de Cholet un autre signe. François Morel (deux fois) et Nicolas Briançon lui-même s’y produiront scellant une autre forme de réconciliation. « Pour Cholet, ce n’est pas tant une histoire d’hommes que de lieux. La question était souvent : "Où joue-t-on ?" » nuance Martin Morillon, le nouveau directeur d’Anjou-Théâtre, l’établissement public de coopération culturelle (EPCC) qui porte le festival (lire son entretien ci-contre). 
"A partir du moment où un territoire est concerné, il est normal qu’il ait sa place au sein d’Anjou-Théâtre." - Frédérique Drouet d'Aubigny, secrétaire départementale à la culture
Voire. Car en coulisses aussi, les choses ont évolué. Au sein du conseil d’administration de l’EPCC Anjou-Théâtre, les villes d’Angers et de Cholet ont rejoint le Département et les communes de Doué-la-Fontaine et du Plessis-Macé, partenaires historiques de l’événement. Une place a été réservée aussi à un représentant des mécènes privés. Et une autre attend de toute évidence Saumur qui accueille elle-aussi (le 28 juin), dans son théâtre rénové (Le Dôme) la création de Nicolas Briançon. « A partir du moment où un territoire est concerné, il est normal qu’il ait sa place au sein d’Anjou-Théâtre. Pour des raisons aussi d’économie logistique, nous avons eu tendance à rassembler les sites de diffusion alors que notre mission, au Département, est bien de rendre l’offre culturelle accessible au plus grand nombre » appuie Frédérique Drouet-d’Aubigny, secrétaire départementale déléguée à la culture. 

Le propos dépasse, de fait, le seul cadre du festival. Et explique pourquoi le nouveau patron de l’EPCC a vu sa direction étendue au service culture et patrimoine du Département (lire ci-dessous). « 350 compagnies amateurs et professionnelles participent à la vie des territoires en Anjou. Soutenir ce spectacle vivant, c’est une politique culturelle qui se mène à l’année. Et l’EPCC qui gère aussi le festival Très Tôt en Scène et les visites théâtralisée du Plessis-Macé est le mieux placé pour ça » prolonge Frédérique Drouet-d’Aubigny.

Témoin de l'attention du festival d'Anjou pour la création locale, "Automne-hiver", spectacle du collectif Citron de Ste-Gemmes-sur-Loire sera présenté dans le cadre du Concours des Compagnies.
Témoin de l'attention du festival d'Anjou pour la création locale, "Automne-hiver", spectacle du collectif Citron de Ste-Gemmes-sur-Loire sera présenté dans le cadre du Concours des Compagnies.
Les représentations « Jeune Public » que donneront au festival d’Anjou plusieurs compagnies angevines (Piment Langue d’Oiseau, Plumes, Monsieur Barnabé), participent de cette logique. Idem pour la présence au sein du Concours des compagnies d’ « Automne-hiver », une création du collectif Citron de Ste-Gemmes-sur-Loire, co-produite par Le Quai, le THV de Saint-Barthélémy et l’aide de l’EPCC Anjou-Théâtre. « Un travail d’imprégnation du texte de Lars Norèn extrêmement juste. C’est le retour de la production locale par la case « qualité » et par la prise de risque » se réjouit Ronan Pichavant.

Directeur des projets d’Anjou-Théâtre, celui qui coordonne aussi le festival d’Anjou y a toujours défendu les liens avec les acteurs culturels locaux, rappelant à l’envie qu’ils relèvent, pour lui, du simple bon sens. Une anecdote pour s’en convaincre ? « Lorsqu’en 2015, on a fait jouer François Morel au Quai à Angers, on a réalisé que plus de 80% des spectateurs n’y avaient jamais mis les pieds. Je souris quand on parle d’élitisme pour le festival d’Anjou, une grande partie du public ne va pas au théâtre durant l’année. » 




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