Derrière le grillage, les Droits de l'Homme


Rédigé par Yannick Sourisseau - Angers, le Lundi 10 Janvier 2011 à 07:52


Le dimanche à Angers, pendant que d’autres se reposent, il peint. Alain Guilloteau n’est pas un artiste tout à fait comme les autres. Ancien des Beaux Arts de Poitiers, aujourd’hui responsable de formation en sécurité sur le lieu de travail et Président de l'Ecole des Arts du Cirque d'Angers, il colle ses œuvres sur les murs des friches industrielles.



Derrière le grillage, les Droits de l'Homme
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Ceux qui passaient dimanche matin, du coté de la rue Paul Bert, au niveau de la friche de l’ancienne station service, ont été surpris. Au lieu des habituels tagueurs qui inondent de leur graffiti ce genre de lieu, c’est un autre artiste de rue, colleur d’œuvres éphémères qui s’était installé. Sous l’œil de la caméra de Jean Christophe Petiteau ( l’Art en Boite) lequel immortalisait l’événement, Alain Guilloteau, mettait la dernière touche à son œuvre : une fresque illustrant les deux premiers articles de la déclaration des droits de l’homme.

« J’ai choisi cet endroit parce qu’il est situé entre un espace grillagé, symbolisant la prison et la voie ferrée qui permet de s’évader », déclare l’artiste. Placer un message de solidarité permettant de porter l’attention sur ceux que l’on emprisonne, sur les migrants, les opprimés, ça doit interpeller le passant. Pour preuve, un brave monsieur s’arrête, interloqué. Le courant passe et Alain Guilloteau peut délivrer son message militant, même s’il affirme qu’il n’en est pas un. « La solidarité ne peut être enfermée, elle est universelle! », commente l'artiste.

S’il a des convictions, Alain Guilloteau, ne revendique rien, si ce n’est celui de pouvoir donner un peu de vie à un lieu abandonné par la seule implantation de ses œuvres, de faire rêver, de faire travailler l’imaginaire, car l’artiste adapte son œuvre au lieu, « et parfois les visiteurs la complètent ». Ces dernières sont réalisées en atelier, pendant plusieurs mois, ensuite lorsque le moment est propice, il les colle sur le mur de son choix. « C'est toujours un peu stressant, car je n'ai pas l'autorisation de coller, mais ça fait partie du jeu ». Puis la police passe, mais elle ne s'arrête pas, tout va bien, Alain Guilloteau peut continuer son installation.

Mais ce n’est pas toujours le cas. Parfois il réalise son œuvre en direct, comme le « Désespéré », réalisée au pastel, sur la façade murée de l’ancien cinéma Ariel, boulevard Foch à Angers. Elle a été visible pendant 15 jours, avant d’être lessivée par la brigade anti-graffiti d’Angers. (NDLR : Angers est la ville d’Artaq - Festival de Street Art.) Mais Alain Guilloteau le sait, son œuvre a une durée de vie limitée, d’où le travail des photographes et vidéastes pour en garder une trace.

« Mon travail, car c’en est un, ne détériore rien. Je réalise l’œuvre sur du papier, lequel peut facilement se décoller », allusion faite aux grapheurs qui peignent à la bombe. Alain Guilloteau qui signe ses œuvres éphémères « AL1 » participe à des festivals d’Art de Rue, comme les Madonnari italiens, lesquels rassemblent ceux qui dessinent à la craie, à même le sol des rues, trottoirs et autres places publiques. Dans l’un de ces festivals il a même obtenu une quatrième place sur 140 « street painters ».

AL1 qui s’installe aussi sur les chantiers angevins, comme ce fut le cas sur la place du Ralliement, espère gagner son billet pour le prochain festival Artaq d'Angers, lequel doit, selon lui « sortir des musées, retrouver sa place : dans la rue ».

Pour en savoir plus : http://alun49.canalblog.com/

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7.Posté par Yannick Sourisseau le 19/01/2011 07:17 | Alerter
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Merci Brisepote pour cette appréciation qui touche l'ensemble de la rédaction. En espérant que les droits de l'homme continueront à être respectés le plus longtemps possible dans ce bas monde. Cordialement

6.Posté par Brisepote le 18/01/2011 10:18 | Alerter
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Bon jour,
en passant devant hier à pied "j'ai vu" cette fresque (elle se voit derrière son grillage !),
j'ai pensé à un graph, qqch bienvenu, spontané, militant, juste...
cet article d'Angers Mag confirme, et signe la fresque - cerise sur le gâteau !

Merci pour tous ceux que les Droits de l'homme concernent, de les rafraîchir ainsi

5.Posté par AL1 le 12/01/2011 17:19 | Alerter
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La photo de l'oeuvre oui, mais la photo de l'artiste (beurk!)

4.Posté par khalid le 12/01/2011 15:49 | Alerter
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j'étais très occupé ces dérnier jour, je viens juste de lire attentivement le beau article.
rien à rajouté. en ce qui concerne la photo je la trouve plutôt pas mal, elle reflette la thématique (expression et sensibilité).
Bonne continuation.

3.Posté par AL1 le 10/01/2011 11:51 | Alerter
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Ok c'est fait.

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