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Festival d'Anjou

Des Misérables transposés aux temps modernes


Par - le 6 Juillet 2010 à 20:14

Lundi soir, au château de la Perrière, à Avrillé ( Angers ), la compagnie Philippe Person a ouvert la semaine de compétition des Compagnies du festival d’Anjou 2010 avec les Misérables, pièce librement adaptée du roman de Victor Hugo, par Philippe Honoré et mise en scène par Philippe Person.



Cosette et Marius s'aiment !
Cosette et Marius s'aiment !
Nicolas Briançon a ouvert la soirée par un hommage à Laurent Terzief, grand homme de théâtre, disparu le 2 juillet 2010, à l’âge de 75 ans, et qui avait souvent joué en résidence au théâtre du Lucernaire, lieu qui accueille également Misérables, depuis octobre 2009.

Teint du visage blanchi et pommettes fortement rosées, les trois comédiens de la compagnie Philippe Person, Anne Priol, Emmanuel Barrouyer et Philippe Person lui-même, entrent en scène et campent le décor, pour le public. En reprenant quelques passages judicieusement choisis du livre de Victor Hugo, intercalés par des commentaires en off, ils proposent au spectateur quelques tableaux illustrés, et interprètent tour à tour différents personnages important de l’histoire des Misérables.

Dès le début, la jeune Fantine, en costume de soubrette rencontre madame Ténardier, robe de chambre et turban vert fluorescent, à qui elle confie sa petite Cosette. Intervient ensuite Jean Valjean, dans la peau du père Madeleine, puis dans celle de Fauchelevent, face à un Javert, dont le costume est une statue plate, de plus de deux mètres de haut, comprenant seulement un espace pour que le comédien passe son visage.

Philippe Person, Anne Priol et Emmanuel Barrouyer interprètent avec justesse et émotion, cette chronique sur la misère.
Philippe Person, Anne Priol et Emmanuel Barrouyer interprètent avec justesse et émotion, cette chronique sur la misère.
Pas de loge, pendant une heure quinze, les comédiens restent sur scène et utilisent costumes et accessoires, préparés d’un côté de la scène, pour entrer dans la peau d’un personnage ou d’un narrateur. Évidemment, adaptée à notre époque, la pièce fait appel à des références contemporaines. Ainsi, à la mort de Fantine, l’un des personnages la recouvre d’un drapeau de l’Union Européenne, et entame un discours sur la misère et son combat.

Un flash info annonce la mort de Jean Valjean, « depuis 25 ans, il était seul au monde », fausse bien sûr, puisqu’il réapparaît ensuite sous l’identité de Monsieur Madeleine. Lorsque Cosette et Marius s’embrassent, un cœur accroché à la façade du château s’illumine en rouge. Autre clin d’œil visuel, Cosette brandi un petit sac au motif du drapeau anglais pour annoncer à Marius qu’elle part en Angleterre. Enfin, un gyrophare rouge posé sur la scène, bruitage de sirène à l’appui, illustre la scène des barricades.

La musique n’est pas en reste, dans cette adaptation. Du classique au rock, en passant par la danse, plusieurs époques sont ainsi présentes. On peut même y voir une référence à Fred Astaire et son jeu de claquettes, par deux fois, pour Marius, en queue de pie et chapeau haut de forme. L’épisode des barricades est naturellement accompagné d’un bon rock, bien rythmé. Quand au mariage de Cosette et Marius, leur bonheur s’illustre par une douce musique classique, un moment d’apaisement, tendre pour finir cette soirée magique, où l’on réalise malheureusement que le thème abordé est transposable de nos jours.




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