Des auteurs de BD en ébullition...


Rédigé par - Angers, le Mercredi 11 Juin 2014 à 07:57


Plus discrets que les intermittents du spectacle mais non moins précaires, pour une très grande majorité d'entre eux, les auteurs de BD font cause commune pour lutter contre un décret ministériel leur imposant une cotisation supplémentaire pour leur régime de retraite complémentaire. La goutte d'eau qui fait déborder le vase...



Etienne Davodeau, un parmi quelque 750 auteurs de BD à avoir signé la lettre ouverte à la ministre de la culture, Aurélie Filipetti.
Etienne Davodeau, un parmi quelque 750 auteurs de BD à avoir signé la lettre ouverte à la ministre de la culture, Aurélie Filipetti.
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85, 90, 95 % ? Difficile d'affiner le pourcentage, mais une chose est sûre : alors même qu'il ne s'est sans doute jamais vendu autant de bandes dessinées qu'aujourd'hui, alors que la période créative est foisonnante, l'écrasante majorité des auteurs de BD gagnent un SMIC ou moins chaque mois.

Aussi, lorsque leur caisse de retraite complémentaire obligatoire (le RAAP, régime de retraite complémentaire des artistes et auteurs professionnels) leur a fait savoir par courrier qu'un décret ministériel les obligeait, à compter du 1er janvier 2016, à dédier 8 % de leurs revenus annuels à cette caisse de cotisation, leur sang n'a fait qu'un tour : depuis le début de la semaine, la ministre de la Culture Aurélie Filipetti, déjà empêtrée dans le conflit des intermittents du spectacle, doit composer avec une lettre ouverte (voir l'intégralité du texte cinglante des auteurs de BD : "Madame, nous vous prions de considérer avec gravité cette dernière raison de notre juste colère autant que de notre dégoût. Dans quel autre métier inflige-t-on des baisses de revenus aussi importantes à des travailleurs déjà fragilisés ? Des « travailleurs de l’esprit » qui ne bénéficient d’ailleurs pas des avantages que peut offrir le régime général (chômage, congés payés, 13e mois)… Cette réforme soudaine et irréfléchie, les auteurs n’en veulent pas. Ils la rejettent au motif premier qu’elle est inacceptable autant qu’inapplicable", stipule un texte signé par près de 800 des 1000 à 1300 auteurs de bandes dessinées que compte la France.

L'IRCEC, géré par le groupe Berri, est la Caisse nationale de retraite complémentaire des artistes auteurs.
L'IRCEC, géré par le groupe Berri, est la Caisse nationale de retraite complémentaire des artistes auteurs.
Parmi eux, des Angevins d'hier et d'aujourd'hui bien connus : Marc-Antoine Mathieu, Pascal Rabaté, Olivier Supiot ou encore Etienne Davodeau. L'auteur des "Mauvaises gens" et des "Ignorants" estime que ses collègues sont parvenus à "un seuil de saturation. Sur le principe, nous ne sommes pas opposés à une réforme et à un système solidaire des retraites, mais là ça nous tombe dessus sans préalable, sans négociation".

Plus encore, c'est le flou artistique qui entoure ce décret et les raisons de sa mise en place qui questionnent les auteurs. Hasard ou coïncidence ? La Cour des comptes a épinglé au tout début de l'année la gestion défaillante de la CIPAV (Caisse interprofessionnelle de prévoyance et d'assurance vieillesse) par le groupe Berri, qui gère également l'Institut de retraite complémentaire de l'enseignement et de la création (IRCEC), dont dépendent les auteurs de BD (voir la réponse du président du RAAP et de l'IRCEC, Frédéric Buxin)

"Les 8 % généralisés de cotisation vont entraîner un afflux massif de liquidités", commente, un brin laconique, Etienne Davodeau. Une manne financière propre à renflouer des caisses vides ? "Ce que l'on sait, c'est que l'on va ponctionner y compris les plus précaires d'un mois de revenu, et tout ça dans un contexte déjà tendu", poursuit le créateur de "Lulu, femme nue".

5000 titres sortent chaque année, un chiffre qui augmente beaucoup plus rapidement que celui des lecteurs, pourtant aussi en hausse. La conséquence, c'est que les contrats (avances sur recettes), pour les jeunes auteurs notamment, sont de plus en plus maigres.

"Le temps de travail ne baisse pas, lui, pas plus que le coût de la vie", note Etienne Davodeau, longtemps galérien avant de connaître le succès. "La seule variable d'ajustement, dans la chaîne du livre, c'est l'auteur qu'on pressure, alors que sans lui, rien n'existe", rappelle l'artiste angevin, qui résume tout le paradoxe de la BD aujourd'hui : "Il y a 20 ans, ce qui était difficile, c'était de faire le premier livre. A l'heure actuelle, c'est plus difficile de faire le second... alors même qu'en terme créatif et économique -car la BD génère de l'argent !- le secteur se porte plutôt moins mal que les autres !"

En cas de confirmation de la réforme ou de fin de non recevoir à leur lettre ouverte, les auteurs de BD envisagent des "actions collectives médiatiques de blocage ou d'opposition", à la rentrée de septembre 2014. "Les idées ne manquent pas. Après tout, c’est notre métier".

Sur le plan économique, l’industrie culturelle est la quatrième plus rentable de France. Le marché du livre représente 80 000 emplois et 5,6 milliards d’euros.




Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur





1.Posté par Frédéric Buxin président du RAAP et de l'IRCEC le 13/06/2014 11:17 | Alerter
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Ma réponse au auteurs de BD est ici http://www.ircec.fr/fr/actualites-14/detail-lettre-aux-auteurs-de-bd-16

2.Posté par Artistes en colère le 25/06/2014 11:45 | Alerter
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Il n'y a pas que les auteurs de BD à être touchés par ces 8%. Il y'a également les graphistes, artistes, plasticiens etc... Ce sont parfois des augmentations de plus de 700% des cotisations. Dans un pays en crise et pour une population aussi fragile, c'est juste inadmissible. Je ne parle même pas de la méthode qui consiste a envoyé une simple lettre d'information dans concertation préalable...Frédéric Buxin peut raconter ce qu'il veut, réclamer 1 mois de salaire à des artistes, c'est inadmiss...

3.Posté par Fred le 01/07/2014 16:36 | Alerter
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Scandales CIPAV, RSI, URSSAF, auto-entrepreneurs, etc (Jovanovic & Reichman, 25 Juin 2014)
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