Des champions « vintage » pour la Retro 1903


Rédigé par - Angers, le 21/06/2013 - 20:18 / modifié le 21/06/2013 - 20:30


Avec plus de trois cent participants, la « Rétro 1903 », randonnée vélo qui s’inscrit dans la troisième édition de l’Anjou Vélo Vintage, s'annonce déjà comme un succès. Deux champions cyclistes des années 60 -70, Raymond Poulidor et Joop Zoetemelk, ainsi que la veuve de Laurent Fignon, accompagnent avec plaisir cette commémoration angevine du premier Tour de France.



De gauche à droite : Raymond Poulidor, Valérie Fignon et Joop Zoetemelk
De gauche à droite : Raymond Poulidor, Valérie Fignon et Joop Zoetemelk
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Pour les passionnés de vélo, la « Rétro 1903 » qui reprend une partie, entre Angers et Saumur, de la sixième et dernière étape du premier Tour de France, est une randonnée qu’ils ne voudraient manquer sous aucun prétexte. A l’exemple de Raymond Poulidor, ravi de pouvoir « parrainer » l'une des animations du centenaire d’une épreuve sportive à laquelle il a participé quatorze fois en temps que professionnel et cinquante fois si l’on ajoute ses missions de consultants pour la télévision. Pour l'occasion, il signait aujourd'hui, sur le village du départ, à Angers, son dernier livre intitulé « Mes 50 Tours de France ».

Véritable légende vivante du cyclisme, l’éternel second du Tour de France, « Poupou» comme on le surnomme encore, assume son statut. « Les gens aiment bien ceux qui ont des pépins. Je n’ai jamais gagné le Tour et pourtant je suis plus célèbre que si je l’avais gagné », s’amuse l’ancien champion. « Dans un journal on parlait d’une dame considérée comme la plus âgée de France. Par la suite on en a trouvé une autre encore plus âgée, alors on a appelé la seconde la Poulidor. Ça me fait sourire de savoir que mon nom est devenu commun ».

Malgré cette célébrité, Raymond Poulidor reste modeste et préfère parler d’Anquetil, son ennemi juré pendant les courses et ami en dehors, plutôt que de lui-même. « Il avait un chrono dans la tête et à l’arrivée il me battait toujours de quelques secondes. On m’en faisait souvent le reproche. Ma plus grande fierté c’est de l’avoir battu à trois ou quatre reprises dans des épreuves contre la montre ».

Et le coureur évoque ses meilleurs souvenirs, notamment le Tour 1964 où il a bien failli devancer Anquetil dans la montée du Puy de Dôme et gagner enfin le Tour. « Il me manquait 14 secondes et Anquetil m’a dit il y a 13 secondes de trop. Cette bataille entre nous deux a fait le tour de monde. C’est cette étape qui m’a fait connaître du public ».

« J’ai défendu Armstrong, mais j’ai des doutes désormais »

Agé de 77ans, « Poupou » a raccroché le vélo depuis 3 ans et ne commente plus le Tour de France pour la télévision, même s’il suit toujours avec attention le monde du cyclisme. « Je suis trop vieux. J’ai de la difficulté a reconnaître les coureurs avec leurs casques et leurs lunettes. Il y a trois ans je faisais encore 4000 km par an. C’est fini, mais je suis toujours le Tour de France », affirme-t-il avec un brin de nostalgie. « Maintenant je fais dans les relations publiques ».

Quant au dopage, Raymond Poulidor qui défendait Lance Armstrong est un peu déçu. « Il a beaucoup fait pour le cyclisme, notamment aux USA. Je l’ai défendu, j’ai d’ailleurs été insulté pour cela, jusqu’au jour où il a avoué. J’ai un peu de doute désormais. Il n’aurait jamais dû obtenir de licence. Il sortait d’une grave maladie, il était déjà positif ».

Valérie Fignon, la femme d’un autre champion du Tour, Laurent Fignon, décédé à 50 ans, en 2010, des suites d’un cancer du poumon, est également présente pour cette « Rétro 1903 ». Elle y présente son premier livre, intitulé « Laurent », dans lequel elle raconte avec beaucoup de pudeur et d’émotion, la vie du champion, celle de son couple. « J’ai eu l’idée d’écrire ce livre après avoir retrouvé un carnet de note de Laurent . J’ai été très troublée, mais j’ai su qu’il voulait écrire sur son cancer, donner des conseils aux gens pour se battre, alors j’ai pris le relais ».

L’écriture fut douloureuse pour l’épouse, mais cette dernière semble heureuse de l’avoir mené à son terme. « Notre vie était simple et je pensais qu’elle n’intéresserait personne. Des amis m’ont poussé à écrire. J’ai eu de grands moments de tristesse et de doute, mais je tenais à montrer que c’était un battant, qu’il avait trouvé la force de se battre pendant les 15 mois de sa maladie ».

Au delà du témoignage, le livre bouleversant de Valérie Fignon lui permet de se relever après la perte d'un être cher.




Yannick Sourisseau
Web Journaliste suivant plus particulièrement les technologies digitales Formateur technologies de... En savoir plus sur cet auteur















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