Dialogue interreligieux, quand l'école joue le jeu


Rédigé par Sébastien ROCHARD - Angers, le 28/11/2012 - 09:52 / modifié le 28/11/2012 - 19:34


Comment favoriser un bon dialogue entre les religions à Angers ? En apprenant d'abord à nos enfants à devenir copains et à respecter leurs différences, répond Véronique Margron, professeur d'éthique théologique, dans le dossier que consacre Angers Mag n°2 (toujours disponible dans nos points de diffusion) au sujet. A l’école privée catholique de l’Immaculée Conception à La Roseraie, un élève sur cinq est aujourd'hui musulman. Une chance, estiment ses acteurs. Reportage.



Lors de cette dernière rentrée scolaire, en primaire, un élève sur cinq de l’Immaculée Conception est de confession musulmane. Une proportion stable depuis le milieu des années 2000.
Lors de cette dernière rentrée scolaire, en primaire, un élève sur cinq de l’Immaculée Conception est de confession musulmane. Une proportion stable depuis le milieu des années 2000.
Samedi 8 septembre 2012. Lovés entre la rue Martin Luther King et le boulevard Jacques-Portet, à Angers, les bâtiments flambant neufs de l’Immaculée Conception résonnent de vibrants Alleluia, chantés en choeur par toute l’assistance, sans exception.

L’évêque d’Angers, Monseigneur Delmas, est là, qui bénit ces locaux tant attendus par l’équipe enseignante et les parents d’élèves. Parmi eux, de nombreux parents musulmans qui, à l’instar de l’ensemble des participants à l’inauguration, ne boudent par leur plaisir.

Car cette école, c’est aussi le symbole d’une intégration réussie, d’un trait d’union entre le quartier de la Roseraie et le “reste” de la ville. Voilà plus de dix ans que l’établissement (primaire et collège) a décidé de “s’ouvrir vers le quartier”, explique le directeur de l’école primaire, Christophe Calleau. Pour la rentrée 2012, un élève sur cinq est de confession musulmane, une proportion stable depuis le milieu des années 2000.

“L’enseignement catholique souhaitait être représenté dans le quartier et a fait ce choix de manière très volontaire”, poursuit l’enseignant, qui lève, dès l’inscription, toute ambiguïté avec les parents d’élèves. “J’insiste sur deux ou trois points lorsqu’ils viennent me rencontrer, mais le premier d’entre eux est le fait qu’ils sont ici dans une école catholique”.

Les familles musulmanes ont le choix

La traduction, au quotidien, c’est une heure de plus par semaine consacrée à la culture religieuse, mais également “un projet éducatif qui s’enracine dans l’Evangile. Quand ils sortent de mon bureau, les parents d’élèves sont fixés”. Une réalité religieuse qui n’empêche pas, chaque année, plus d’une vingtaine de familles musulmanes de franchir les portes de l’école.

Il y a bien sûr des raisons tout à fait pratiques à cela : la proximité géographique avec le domicile en est une, mais l’inscription d’enfants de confession musulmane résulte parfois d’un choix réfléchi. “J’ai inscrit mes trois enfants ici parce que dans toute religion, on respecte la religion de l’autre, ce qui n’est pas forcément le cas en école publique”, souligne Abdelaziz Abakhour, dont les trois enfants sont scolarisés à l’Immaculée. Pour un autre parent d’élève, c’est le côté “privé, plus encadré”, qui a prévalu. Mais il se félicite aujourd’hui que ses enfants découvrent “autre chose, lors des heures de culture chrétienne. C’est enrichissant.”

Pas d'angélisme

De son côté, l’établissement a aussi dû s’adapter à ce nouveau public. C’est notamment le cas au sein de la cantine. L’Immaculée ne propose pas de halal, mais a mis en place une formule “sans porc, sans viande”, qui permet “à tous les enfants qui le souhaitent de déjeuner à l’école. Nous ne sommes pas sur une ligne dure, il faut que les gens se sentent à l’aise dans ce qui est proposé”, avance Christophe Calleau.

C’est également le cas au sujet des fêtes religieuses, qui constituent des temps forts dans l’année scolaire. Cette année, la célébration de Noël se fera dans l’église et sur temps scolaire. “Les familles musulmanes auront le choix d’y faire participer leur enfant ou non”. Tout en douceur. Pas d’angélisme cependant. L’ouverture de l’école au quartier ne s’est pas faite sans heurt. “Elle explique en partie la chute assez importante des effectifs au début des années 2000”, explique Christophe Calleau.

Peu importe, les enseignants se félicitent aujourd’hui de ce choix “très enrichissant. Avant d’arriver à l’Immaculée, je ne connaissais pas grand chose à la pratique musulmane”, avance Franck Gagneux, professeur des écoles en CM1. “Lors des heures de culture religieuse, le débat s’instaure assez naturellement. C’est notamment dû au fait que les enfants de confession musulmane sont beaucoup plus sensibles à l’aspect religieux en général. Je me souviens notamment d’un échange très riche sur la question des missionnaires de la religion chrétienne”.

Lui est aujourd’hui persuadé que l’ouverture est un atout pour l’école. “Certaines familles viennent chercher à l’Immaculée le côté cosmopolite”, assure Franck Gagneux. Pour que le dialogue ne soit plus nécessité, mais réalité.


Comment un établissement, longtemps replié sur lui, s'y est-il pris pour s'ouvrir sur son quartier ? Pour en savoir plus, Samuel Lebrun y est allé fouiller quelques archives, caméra en main.












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