Dominique Bruneau, une école pour tous


Rédigé par - Angers, le 14/11/2013 - 07:37 / modifié le 16/11/2013 - 10:34


Directeur de l’école de l’Isoret à Angers, Dominique Bruneau croit en la réforme des rythmes scolaires, guidé par la même idée d’« élever socialement » les enfants. A commencer par ceux qui en ont le plus besoin.



Dominique Bruneau, directeur de l'Isoret à Angers.
Dominique Bruneau, directeur de l'Isoret à Angers.
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Au milieu des affiches et des dessins qui tapissent les murs de son bureau, un grand poster de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789 rappelle – article premier – que « les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits ». Fantassin de la République, Dominique Bruneau ? Version pacifique et 100 % éducation populaire dans ce cas.

De prime abord, difficile de résister au contact chaleureux de cet enseignant, né en 1963 à Saumur d'un couple très modeste – père rapidement accidenté du travail, mère ouvrière agricole – qui « a tout fait pour que je réussisse dans la vie ». Un héritage social qui colle de toute évidence à sa trajectoire. « En devenant directeur d'école, je crois que j'ai réussi le rêve de ma maman », reconnaît d'entrée Dominique Bruneau.

Enfance à Montreuil-Bellay et son collège Calypso, Bac B au lycée Sadi-Carnot à Saumur, Deug d'administration économique et sociale, son parcours pourrait ressembler à celui de n'importe quel enseignant. Si ce n'est qu'il songe d'abord aux études d'expertise-comptable avant de rejoindre l'Ecole normale. Il y a « le rêve » de maman, on l'a dit. Il y a aussi chez l'étudiant, via les jobs d'animateurs de centres de vacances, l'approche très concrète du rôle d'éducateur : « Je me suis très vite rendu compte que pour que l'enfant puisse évoluer, il fallait le tirer là où il se trouvait. »

Expérimenter la semaine de 4,5 jours

La mission sociale de l'école ne va plus quitter ses préoccupations. « C'était un vrai instituteur, comme il en existe beaucoup dans l'Ouest », se souvient Jacques Naçabal, ancien inspecteur d'académie de Maine-et-Loire. C'est à dire ? « (dans un sourire) Un fonctionnaire qui essaye d'en faire toujours un peu plus pour ses élèves, sans réclamer forcément plus de moyens ».

Détaché de l'Education Nationale, Dominique Bruneau rejoint en 1993 l'association des pupilles de l'enseignement public pour tenter, notamment, d'en redresser les comptes. Un échec sur ce point. Mais il y « réussit deux choses » : la création d'un service d'enseignement à domicile pour les élèves malades ou accidentés, dont son épouse deviendra coordinatrice ; le lancement d'un CAT (Centre d'aide par le travail) pour adultes handicapés dans le secteur du Louroux-Béconnais qui en était jusqu'alors privé.

En 2000, deux ans après son retour à l'enseignement, il prend la direction de l'école primaire de l'Isoret. A cheval sur les quartiers Deux-Croix Banchais, Grand Pigeon et Daguenet, l'établissement draine une forte proportion de familles ouvrières dont 48 % sont monoparentales ou séparées. Un terrain fertile où il rencontre « une équipe pédagogique formidable, de vraies valeurs et un souci commun de se donner du temps pour façonner les choses ».

Le dialogue très serré qu'il y met en place avec les parents, les enseignants, la ville d'Angers, explique en partie pourquoi l'Isoret sera la première à accepter d'expérimenter la semaine de 4,5 jours dès la rentrée 2010 avec l'aval de « 70 % des familles ». « On a fait une première année assez catastrophique en mettant 5-6 mois avant de trouver une organisation qui nous satisfasse », raconte-t-il, comme pour relativiser les critiques qui fusent sur la mise en œuvre de la réforme Peillon.

Un rôle de VRP…

Trois ans après, l'Isoret « n'est pas devenu le monde des bisounours », prévient son directeur. Mais il atteste d'une « attention meilleure des enfants », d'une « diminution des conflits sur l'école » et d'une volonté de la communauté éducative « de construire des choses en commun » avec les animateurs péri-éducatifs.

Sollicité de toute part pour témoigner de son expérience, Dominique Bruneau a intégré le comité de suivi national mis en place par le ministre de l'Education Nationale pour participer à « évaluer ce qui marche, ce qui ne marche pas » dans l'application de la loi. Un rôle de VRP qu'il prend à cœur comme tout ce qui le passionne : le tennis, les spectacles musicaux, sa famille et ses amis.

« C'est un homme tourné vers les autres, persuadé qu'on peut rendre les choses meilleures », dit de lui le compositeur et chef d'orchestre parisien Raphaël Sanchez, devenu son ami depuis leur rencontre au Théâtre Mogador autour du spectacle Le Roi Lion il y a quatre ans. Dominique Bruneau y avait emmené ses élèves pour rencontrer les artistes et chanter. Bien convaincu que la culture et Paris, comme l'éducation, ce n'est pas fait que pour les autres.

BIO EXPRESS

1963. Naissance le 21 octobre à Saumur.

1981. Baccalauréat section B (l’actuel ES), lycée Sadi-Carnot à Saumur.

1984. Concours d'entrée à l'Ecole normale.

2000. Détaché de l'éducation nationale auprès de l'association des pupilles de l'enseignement public.

2010. Débute l'expérimentation des 4,5 jours.

2013. Est nommé au Conseil national de suivi de la réforme des rythmes scolaires.




Journaliste, rédacteur en Chef d'Angers Mag En savoir plus sur cet auteur





1.Posté par Anjou le 14/11/2013 18:11 | Alerter
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Je ne comprends pas trop cet article : Eloge de M.Bruneau? Publicité pour la mise en place des rythmes scolaires?
Les conditions dans lesquelles travaillle M.Bruneau n'ont pas été, et ne sont pas du tout les mêmes que celles des autres instits et écoles qui doivent subir ces réformes imposées.
Comment se fait-il qu'autant d'animateurs ( non formés) démissionnent déjà? Comment se fait-il que les parents soient en colère et bloquent les écoles? Comment se fait-il que des maires s'opposent? Pourq...

2.Posté par Yves Boiteau le 14/11/2013 19:27 | Alerter
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Ni éloge, ni publicité. Cet article est issu de notre magazine de ce mois-ci où il apparait dans la rubrique "C'est qui celui-là ?". La vocation de cette rubrique est de présenter des acteurs de la vie publique angevine, peu ou pas connus. C'est donc un portrait et pas un reportage sur le fonctionnement de l'Isoret. Il se trouve que sa mise en ligne télescope la grève de ce jour contre la réforme des rythmes scolaires, ce qui lui donne naturellement une autre résonance. Mais nous défendons la...

3.Posté par Anjou le 16/11/2013 12:35 | Alerter
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Il me semble avoir vu ici que des "correspondants"s'affranchissaient de toute réponse pour envoyer la pub de leur boite à "donner des cours, moyennant finance".
C'est minable.

4.Posté par Rastapopulos le 23/11/2013 09:29 | Alerter
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Oui , c'est de la pub éhontée pour Kinder Bruneau ! Si l'Isoret était un pôle d'excellence, ça se saurait








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