Doué-la-Fontaine, la première sortie des okapis


Rédigé par - Angers, le 10/07/2013 - 21:38 / modifié le 11/07/2013 - 15:55


Nouvelle attraction du Bioparc de Doué-la-Fontaine, les okapis ont effectué leurs premiers pas mercredi dans leur sanctuaire. Un espace superbement aménagé sur le site même de la première carrière ouverte au public il y a plus de cinquante ans. Comme un symbole de la belle capacité de renouvellement du parc zoologique.



Doué-la-Fontaine, la première sortie des okapis
Lui-même n'y croyait plus. Pierre Gay, le fils du fondateur du zoo de Doué-la-Fontaine se souvient avoir candidaté au début des années 80, avec son père, pour accueillir des okapis dans leur parc zoologique. Sans succès.

Le temps a passé et il y a quelques années, ce sont les responsables des programmes de conservation de l'espèce qui étaient revenus vers Doué pour proposer au parc de se joindre à eux. "Nous étions en pleins travaux d'aménagement de la grande volière et nous avions du laisser passer notre tour. Je m'étais dit alors que l'occasion ne se représenterait peut-être plus" raconte Pierre Gay.

Mais au printemps 2012, surprise ! À la suite de plusieurs naissances dans des parcs zoologiques européens, Pierre et François, son fils qui co-dirige désormais le site, sont de nouveau sollicités. Banco ! En quelques mois, François planche sur un projet d'accueil, dessine un plan d'aménagement tenant compte des contraintes fixées pour le bien-être des animaux et l'accueil du public, contacte les entreprises, etc... Sur 29 dossiers sélectionnés, 3 seront retenus dont le sien.

"Notre moteur est toujours le même : aménager un espace qui soit le plus confortable, le plus propice à l'épanouissement des animaux tout en assurant une très bonne qualité d'accueil du public" explique François Gay. D'où l'idée d'investir la plus ancienne carrière de falun du parc, celle, luxuriante, située tout près de l'entrée, où furent accueillis dès 1961 les premiers visiteurs. De la recouvrir d'un filet tendu à 20 m du sol pour permettre à une douzaine d'espèces d'oiseaux d'Afrique, de tenir compagnie aux okapis.

Au milieu de l'espace, montées sur pilotis, passerelle et hutte d'observation permettent au public de s'immerger dans l'espace sans gêner ses occupants et en conservant partout une excellente visibilité. Dans la continuité de la hutte, un bâtiment de 320 m2 a été construit pour abriter et soigner les animaux.

Des animaux très sensibles

Ce mercredi matin, quelques dizaines de visiteurs privilégiés et toute l'équipe du parc ont ainsi pu assister à la première sortie publique d'Azizi et Obasi, les deux premiers locataires des lieux. En provenance respectivement des zoos de Lisbonne et Stuttgart, ces deux mâles de 3 ans et 1 an et demi ont pris leur temps, hésitant logiquement dans leur nouvel environnement.

"Ce sont des animaux très sensibles qui demandent une attention au quotidien" explique Ingrid Wibout, la soigneuse attitrée des okapis. Dans la période d'acclimatation qui s'est ouverte pour eux depuis leur arrivée, celle-ci pratique en douceur le "médical training" ou l'art de mettre en confiance les animaux par le toucher et la voix.

Les visiteurs les plus patients ont cependant pu voir Azizi faire connaissance avec des oies de Gambie et un céphalophe, une petite antilope, manifestement bien plus apeurée que lui. D'ici quelques jours, une douzaines d'espèces d'oiseaux - perroquet à cou brun, pintade huppée, ombrette africaine, ibis, oie, cigogne, touracaos, etc...- rejoindront le sanctuaire.

Le projet a coûté au final près d'1,3 million d'euros, soit légèrement moins que la Grande Volière. A terme, Pierre, François Gay et leur équipe espèrent pouvoir introduire des femelles okapis et contribuer à participer concrètement au programme de conservation de l'espèce.





Journaliste, rédacteur en Chef d'Angers Mag En savoir plus sur cet auteur















Angers Mag