Drissa Konaté, la chaleur du Mali dans les rues d'Angers


Rédigé par - Angers, le Jeudi 8 Mai 2014 à 10:52


Peintre, décorateur, graffeur, sculpteur, l’artiste malien Drissa Konaté est comme chez lui à Angers et les Angevins lui rendent bien. Invité dans le cadre des 40 ans du jumelage entre Angers et Bamako, sa ville de résidence, le peintre s’est installé dans la rue, un endroit qu’il affectionne, pour peindre, mais aussi pour discuter avec les passants.



Drissa Konaté assis sur l'un des caïmans de Bamako
Drissa Konaté assis sur l'un des caïmans de Bamako
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Rencontrer Drissa Konaté, c’est un véritable plaisir. Pas un poil stressé, l’artiste prend le temps de peindre, mais aussi d’expliquer son art, son pays, sa vie quotidienne. Dépaysement garanti et effet saisissant pour ceux qui empruntent le tramway via la station Bamako, dans le quartier de la Roseraie à Angers. Des crocodiles, en trompe l’œil, une des spécialité de l'artiste malien, plus vrais que nature attendent les voyageurs...

Installé à même le sol, une situation qui lui sied à merveille, Drissa Konaté, repeint les quais de la station, des fresques figuratives illustrant la vie quotidienne et l’histoire du Mali. « Tout petit j’aimais déjà dessiner dans le sable de la rue », explique l’artiste, lequel a préféré la peinture à l’école coranique dans laquelle l’avaient inscrit ses parents. « J’ai toujours aimé dessiner et peindre, je n’ai pas fait d’études particulières, je m’inspire de la rue, de tout ce qui m’entoure à Bamako ».

Et dans la bouillonnante Bamako, les occasions ne manquent pas. Drissa Konaté qui n’est pas passé par une école d’art plastique a appris seul en parfait autodidacte, reproduisant sans complexe tout ce qu’il voyait et qui lui traversait l’esprit. À 35 ans il est devenu un artiste très coté dans son pays et bien au-delà, même si sur place les lieux d’exposition sont peu nombreux.

« Je gagne ma vie en décorant des magasins, des entrepôts, en réalisant du travail de commande », poursuit Drissa qui ne semble pas affecté par les crises qui traversent la planète et en tout premier lieu son pays. Il suffit de lui donner un pinceau et un pot de peinture pour qu’il soit heureux. Et en prime il vous exécutera en mois de temps qu’il ne faut pour le dire, une toile d’une grande richesse picturale, aux couleurs chaudes de sa terre africaine.

« Je suis très sensible à la confiance que m’accorde la ville d’Angers »

L'artiste en plein travail sous le regard dubitatifs de certains voyageurs
L'artiste en plein travail sous le regard dubitatifs de certains voyageurs
S’il verse plutôt dans l’art naïf et la caricature, reproduisant des paysages et personnages africains, dont le Président de son pays, sur le sol, les murs et même sur les « Sotrama », les camionnettes bondées et surchargées que l’on croise en nombre dans les rues de Bamako, Drissa Konaté se lance aussi dans l’art abstrait avec un certain talent. Tout semble lui réussir, c’est la raison pour laquelle on se l’arrache. Même les groupes africains, ou français travaillant sur les sonorités africaines font appel à lui pour réaliser leur fond de scène et leurs visuels, à l’exemple du couple de musiciens maliens Amadou et Mariam.

Très imaginatif, Drissa Konaté n’est pas avare d’explications sur son travail. « À la station Bamako, j’ai peint des caïmans, c’est l’animal symbolique de Bamako, en Bambara Bamako se traduit par « fleuve aux caïmans ». Surprise totale pour les voyageurs, qui n’osent même pas fouler l’œuvre du pied, montrant un certain respect pour l’artiste. Sur l’autre quai, Drissa s’est lancé dans la reproduction d’un Sotrama dans les rues de sa ville.

« Rares sont ceux qui n’apprécient pas son travail. Au contraire chacun demande s’il ne va pas intervenir dans d’autres stations. ils trouvent même dommage que ces fresques soient éphémères », commente Sébastien Tusseau, animateur de l’OCIA (Office de Coopération Internationale d'Angers). « En principe elles doivent êtes enlevées début juin, mais nous allons demander à ce qu’elles soient maintenues plus longtemps ».

C’est Sébastien Tusseau qui est à l’origine de la venue de Drissa Konaté à Angers, mais aussi d’un autre malien, Amadou Dia, qui propose des interventions sur la culture malienne dans les centres de loisirs. « Ensemble, nous avions répondu à un appel à projets de la Ville d’Angers, pour des animations dans le cadre des 40 ans de jumelage entre les deux villes ».

Pendant le mois de mai, le trio intervient principalement auprès des enfants. Avec le centre de loisirs du Hutreau ils ont préparé un « Sotrama », chargé comme au Mali, grâce aux services techniques d’Angers, lesquels ont mis à disposition de l’artiste et des enfants un véhicule réformé qui circule désormais dans les rues de la ville. Il est également intervenu sur un mur du Chabada, un bâtiment qu’il « aimerait bien repeindre en totalité ». Le maire d’Angers, Christophe Béchu, est venu en personne le saluer lors de son intervention.

« Je suis très sensible à la confiance que m’accorde la ville d’Angers, je suis très content, car je me sens vraiment bien ici », ajoute Drissa Konaté, qui préfère quand même Bamako où il vient d'acheter une maison pour y faire une galerie et des ateliers, pour transmettre son savoir, déjà grand. Le peintre malien est déjà intervenu à Angers, en 2000, lors des Accroche-Cœurs



Le "Sotrama" comme au Mali, préparé par Drissa Konaté et les enfants du Hûtreau (photo Rémi Hemmer)
Le "Sotrama" comme au Mali, préparé par Drissa Konaté et les enfants du Hûtreau (photo Rémi Hemmer)



Yannick Sourisseau
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1.Posté par mike49 le 08/05/2014 11:29 | Alerter
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Et ça coûte combien cette lubie ? Je croyais que ce genre d'activité était puni par la loi..Y aurait- il 2poids, 2 mesures , suivant que l'on sit accrédité par la Mairie ou simple citoyen ?

2.Posté par Yannick Sourisseau le 08/05/2014 11:37 | Alerter
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Bonjour Mike49
Juste pour votre information, la peinture de rue n'est pas interdite par la loi, (ou alors précisez nous le texte), mais soumise à autorisation du gestionnaire de l'espace public, en l’occurrence la ville.
Ces œuvres comme il est écrit dans le reportage, sont éphémères. Elles seront nettoyées ensuite.
Enfin que des artistes s'expriment n'est pas à mon sens une lubie, heureusement qu'ils sont là pour nous renvoyer une image de notre société. L'intérêt c'est qu'il ne sont pas viol...








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