|
Festival Nature
Eco-logis : pour une indépendance énergétiqueFestival du film nature et de l’environnement de Mûrs-ÉrignéRédigé par Yannick Sourisseau - le 18 Octobre 2010 à 22:27
Dimanche soir, au Festival du Film Nature et de l’Environnement on a appris que les maisons écologiques n’étaient pas tout à fait comme on l’imaginait. Intervenant après un documentaire sur l’éco-logis, Fabrice André, ingénieur agronome et spécialiste des énergies renouvelables en haute montagne a démontré qu’il s’agissait avant tout de réaliser des maisons autonomes sur le plan énergétique.
Fabrice André, à gauche, répondant aux questions du public
Pour cette soirée intitulée « Construire autrement », le festival présentait un documentaire de Meriem Lay : « Mon éco-logis, ma maison pour la planète « , lequel retraçait le chemin, parfois chaotique de plusieurs couples très impliqués, chacun à leur niveau, dans une démarche de développement durable. Sandra et Yannick, auto-constructeurs en Bretagne, sans vraiment d’expérience dans le domaine, choisissent de construire leur maison en recyclant des containers marins, assemblés pour l’occasion. En Provence, Jean Luc, Sylvie et leurs enfants, font construire une maison en bois, isolée avec de la paille et chauffée à l’énergie solaire. A Saint Denis plusieurs couples vont emménager dans un collectif à loyers modérés réalisées selon les normes BBC (Bâtiment Basse Consommation).
Ce documentaire traité avec beaucoup d’humour et de tendresse, montre le parcours semé d’embuches de ces familles, de plus en plus nombreuses, qui veulent construire une maison respectueuse de l’environnement. Dans la salle on apprécie et on rit quand les apprentis constructeurs parlent avec amusement de leurs déboires. Pour Fabrice André, le spécialiste des énergies renouvelables, responsable du programme européen Hélios 7, sur l’autonomie énergétique du bâtiment, invité à débattre avec le public, le film cache une réalité beaucoup moins amusante : la plupart de ces constructions souvent expérimentales font l’objet de malfaçons qui se terminent devant les tribunaux. « Nous n’avons pas assez de recul sur certains procédés. Par exemple nous savons que la paille s’altère avec le temps et en tant qu’expert je suis témoin de nombreuses désillusions ». « Les procédés utilisés partent souvent d’une bonne intention, mais sont parfois plus nocifs que les bons vieux murs en béton, à l’exemple des panneaux de bois, lesquels contiennent des colles et des traitements dangereux pour l’homme », poursuit l’ingénieur. Quand aux panneaux photovoltaïques, il considère qu’ils sont seulement rentables pour les fabricants et les distributeurs d’électricité, lesquels en ont fait un véritable business. Pour Fabrice André la situation s’analyse globalement en fonction des régions, en regardant ce que les anciens construisaient. « Ils savaient déjà construire durablement en utilisant des matériaux proche du lieu de construction ». Bien sûr l’argumentation du technicien, lequel prêche surtout pour les capteurs thermiques (de marque allemande) et l’utilisation des déchets pour chauffer, ne satisfait pas tout à fait la salle et en premier Philippe Bodard qui rappelle que « l’enjeu du festival c’est de repartir avec des solutions ». « Je n’ai pas de solutions, mais une mosaïque de solutions. Il faut favoriser l’isolation et l’indépendance énergétique des bâtiments », reprend l’intervenant qui conclura en disant que « la maison de demain, c’est une maison ordinaire, tournée naturellement vers le soleil, qui accumule de la chaleur l’été, pour la redistribuer l’hiver venu », comme le refuge du col de Sarenne dans l'Oisans que Fabrice André gère. Rien de bien compliqué puisqu’il s’agit d’une véritable maison bio-climatique, économe et durable, loin du discours de commerçants peu scrupuleux qui ont trouvé dans le marché de l’énergie renouvelable un moyen de s’enrichir sur le dos de citoyens croyant bien faire pour sauver la planète. Même si le discours était parfois difficile à entendre, Fabrice André a tordu le cou à toutes les idées reçues en matière de construction écologique. Yannick Sourisseau
Dans la même rubrique :
|
|||||

Dépêches

