Education : le retour à la semaine de 4,5 jours est-il bénéfique ?

DESSINE-MOI UNE ÉCOLE IDÉALE... #3


Rédigé par - Angers, le 17/09/2015 - 16:14 / modifié le 17/09/2015 - 16:14


A l’heure où quelque 88 076 élèves ont repris le chemin de l’école, dans le département, Angers Mag est allé à la rencontre de cinq personnalités de la sphère éducative, pour essayer de tirer le portrait, au travers de cinq questions, d’une école idéale. A défaut d’une réalité, elle peut sans doute être une ambition…



L'école idéale de Corentin, 11 ans (centre Jacques-Tati).
L'école idéale de Corentin, 11 ans (centre Jacques-Tati).
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L'ensemble des illustrations de ce dossier sur L'école idéale a été réalisé par des enfants de l'accueil de loisirs de la MJC d'Avrillé et ceux du centre de loisirs Jacques-Tati, à Angers.

Michel Durigneux : "C’est une supercherie. On nous a vendu cette réforme en évoquant la souffrance des élèves qui avaient des journées trop longues. Aujourd’hui, les élèves ont encore plus de temps de vie en collectivité. Ce n’est pas la classe qui fatigue les enfants mais le temps passé en collectivité. On a par ailleurs introduit de la confusion dans l’esprit des élèves : tout se passe à l’école mais tout n’est pas de l’école. Les élèves aujourd’hui ont des vies compliquées et agitées, parfois douloureuses. Ils ont besoin de se poser. Le cadre scolaire doit être contenant, c’est une des conditions des apprentissages. On s’en est éloigné en multipliant les intervenants et les types d’interventions. On fait quoi à l’école ?
Je crains que derrière tout cela  il y ait une forme de désengagement de l’Etat. Où est l’école de la république quand on confie aux communes une partie du contenu pédagogique de l’école ? Où est l’égalité républicaine ? Et je ne parle pas des communes où les activités périscolaires sont payantes… Quant à la question des enseignants, les « gens qui décident » s’en moquent bien. Personne n’avait demandé la suppression du samedi matin. La nouvelle fatigue des élèves est aussi celle des instituteurs ( j’ emploie à dessein le mot instituteur). La pause du mercredi était importante pour tout le monde."
 
 
Héléna Sochard : "Du côté des apprentissages, je n’arrive pas à me faire une idée. Par contre, cette demi-journée du mercredi a mis à mal la mixité sociale possible sur les accueils de loisirs. Pour des raisons logistiques, les fratries (moins de 6 ans, plus de 6 ans) sont séparées, les structures de loisirs accueillent désormais les enfants d’une ou deux écoles, séparant souvent les enfants du public ou du privé. Le brassage possible entre enfants valides ou porteurs de handicaps est désormais lié à des aspects géographiques et de ramassage scolaire. Les créneaux d’activités sportives et culturelles se sont densifiés faute de pouvoir récupérer des salles disponibles. Quant à l’organisation familiale, impossible pour les employeurs de s’adapter aussi vite. Même si ce n’est pas du temps en classe, les enfants passent définitivement plus de temps dans l’enceinte de d’école.
Seul point positif cette réforme a permis l’entrée des animateurs au sein de l’école, le début de projets communs commence à voir le jour."
"En ce qui concerne les nouvelles activités périscolaires (NAP), le bilan est très différent selon les endroits. Ça marche mieux là où il y avait déjà une habitude de travail entre les associations et les écoles et où cela s’inscrit dans un projet global de prise en compte des temps de l’enfant"

« Mon école à moi elle est belle. Il y a plein de décorations comme des couleurs sur le toit, ou des visages souriants sur les portes et les fenêtres. Il y a des cœurs aussi, car ma maîtresse aime ses élèves très fort. Dans mon école, les salles de classe sont à l’étage, pour que l’on puisse descendre avec le toboggan quand c’est l’heure de la récréation. » Fériel, 5 ans - Centre Jacques-Tati
« Mon école à moi elle est belle. Il y a plein de décorations comme des couleurs sur le toit, ou des visages souriants sur les portes et les fenêtres. Il y a des cœurs aussi, car ma maîtresse aime ses élèves très fort. Dans mon école, les salles de classe sont à l’étage, pour que l’on puisse descendre avec le toboggan quand c’est l’heure de la récréation. » Fériel, 5 ans - Centre Jacques-Tati
Philippe Watrelot : L’abandon du samedi matin en 2008 répondait à une logique essentiellement comptable bien loin des questions pédagogiques. Il était indispensable de redonner du temps pour les apprentissages avec une cinquième matinée de cours. Tout comme il est essentiel pour lutter contre les inégalités de redonner la priorité au Primaire.
En ce qui concerne les nouvelles activités périscolaires (NAP), le bilan est très différent selon les endroits. Ça marche mieux là où il y avait déjà une habitude de travail entre les associations et les écoles et où cela s’inscrit dans un projet global de prise en compte des temps de l’enfant. Comme à Angers, me semble t-il."
 
Danièle Sallenave : "Je ne me sens pas très compétente pour répondre à cette question. Il me semble cependant que, pour être bénéfique, le retour à la semaine de cinq jours devrait s’accompagner d’un rééquilibrage de la journée de classe au profit du soutien scolaire. Il faut tout faire pour que les inégalités ne soient pas renforcées par le recours aux cours particuliers payants. Quant aux longues vacances d’été, elles pénalisent les enfants, qui perdent le rythme des apprentissages, et elle pénalise les parents, pris dans des contraintes professionnelles."
 
Dominique Bruneau : "Elle a été faite dans l’intérêt de l’enfant. A l’Isoret, après cinq années de travail sur ce rythme, nous ne regrettons rien ! Cela nous a demandé beaucoup de travail d’adaptation : emploi du temps, travail en partenariat, rencontres avec les familles mais nous avons le sentiment sur l’école que les enfants sont plus attentifs. Difficile d’évaluer si le niveau des élèves a progressé car la notion de cohorte fausse l’analyse, Il faudra quelques années pour en tirer une étude fiable. Aujourd’hui, nous souhaiterions plus travailler avec les animateurs même si nous concevons déjà des projets communs mais difficile d’organiser des rencontres.
Nationalement, il y a çà et là des soucis mais cela se passe globalement bien. Il convient maintenant que chacun s’approprie cette réforme qui colle mieux au rythme des familles dans notre société. Les territoires ont souvent été très imaginatifs pour les élèves. Des enfants qui ne faisaient aucune activité en dehors de l’école auparavant peuvent désormais s’ouvrir sur  des temps artistiques, culturels et sportifs."

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