Election universitaire : une élection pour les étudiants ?


Rédigé par Anne MELLIER - Angers, le 18/01/2016 - 09:00 / modifié le 18/01/2016 - 09:00


Mardi 19 janvier, étudiants, enseignants et personnels non enseignants voteront pour leurs représentants aux trois conseils centraux de l’Université d’Angers. Un temps fort de la vie universitaire, pourtant délaissé à chaque scrutin par de nombreux étudiants. Autopsie d'une abstention annoncée.



Les différents supports de communication encourageant les étudiants à aller voter : "Le 19 janvier, nous votons !"
Les différents supports de communication encourageant les étudiants à aller voter : "Le 19 janvier, nous votons !"
la rédaction vous conseille
Ils sont plus de 22 000 étudiants appelés à voter mardi 19 janvier pour élire leurs représentants au conseil d’administration, à la commission formation et vie étudiante, ainsi qu’à la commission de la recherche : les trois organes de gouvernance de l’Université d’Angers. A l’issue de ces élections, les membres du conseil d’administration nouvellement élus voteront pour élire le président de l’université. Organisées tous les quatre ans, ces élections sont essentielles dans le fonctionnement de l’université, et conditionnent les choix qui seront faits en matière de pédagogie, de gestion de budget, de recherche, ou encore de vie étudiante.

Force est cependant de constater que malgré l’enjeu, ces élections ne mobilisent pas les étudiants. En 2012, lors du dernier renouvellement complet des conseils, le taux de participation s’était élevé à 15,9%. Lors des élections partielles de 2014, visant à remplacer les élus étudiants aux trois conseils (ces derniers ne siégeant que 2 ans, contre 4 ans pour les autres représentants), ils n'avaient pas été plus nombreux à se  déplacer pour voter. Autant de chiffres qui ne présagent pas d’une ruée vers les urnes cette année et soulèvent un certain nombre de questions sur la légitimité même des élections universitaires. A fortiori, sur celle du président de l’Université, qui n’est élu au final que sur la base d’un très faible quorum d’étudiants.

Faut-il pour autant voir dans cette abstention massive un désintérêt des étudiants pour ces élections ? Pas tout à fait. Farrah est en première année de Droit à Saint Serge, et se dit intéressée par les élections, mais déplore le manque d’informations à ce sujet. C’est en passant sur le groupe Facebook de son groupe de travaux dirigés qu’elle a découvert que les étudiants étaient appelés à voter la semaine prochaine. Pour qui ? Pour quoi ? Elle n’en sait trop rien. Elle était en partiels ces derniers temps, et n’a pas eu vraiment le temps de prêter attentions à ses mails, ou aux affiches pourtant accrocheuses sur les murs et les panneaux de la faculté.
« On n’en entend pas parler jusqu’à la veille (des élections NDLR) où tout le monde débarque et tracte dans tous les sens ».
Du côté de Phianh, Hélène, Antoine et Baptiste, en M1 Eco Gestion à Saint Serge, le problème est plutôt du côté de la masse de mails envoyés par l’Université, rendant illisible, voir invisible toute information importante. Pas assez de personnes dans les amphis et sur le terrain en amont de l’élection non plus. Pas assez de retour des élus sur ce qui se passe dans les conseils. Ils ne pensent pas aller voter, car « Moi quand je sais pas, je vote pas », résume Antoine. Auguin et Arthur, étudiants en M1 Géographie et aménagement du territoire à Belle-Beille, pointent également du doigt la responsabilité des associations étudiantes : « On n’en entend pas parler jusqu’à la veille (des élections NDLR) où tout le monde débarque et tracte dans tous les sens ».

Un certain flou semble donc régner autour de la date et des enjeux liés à l’élection, malgré la campagne de communication mise en place par l’Université d’Angers. De drôle d’animaux sont en effet apparus sur les panneaux, des campus mais aussi sur le portail numérique de l’université, enjoignant les étudiants à voter « parce que ma voix a du poids », « parce que c’est ma communauté ». Pourtant, c’est bien des associations étudiantes que les étudiants attendent d’être informés. Une tâche pas toujours facile pour ces bénévoles, dont l’emploi du temps étudiant complique la mission.
« Le jour où les représentants étudiants auront le temps : il y aura une vraie force d’opposition » - Julie Gastineau, Fé2a
Pour Antoine Vidal, président de l’Unef à l’Université d’Angers, l’information des étudiants est rendue difficile par le calendrier électoral, qui place les élections peu de temps après la fin des partiels (environ une semaine après). S’ajoute à cela la complexité d’un organigramme institutionnel difficile à retranscrire clairement aux étudiant. Critique, il s'interroge sur la réelle volonté de l’administration de "faciliter l’émergence d’une véritable démocratie étudiante", soulignant qu'une plus forte participation donnerait de facto plus de poids aux élus étudiants aux conseils.

Pour Julie Gastineau, présidente de la Fé2a (association étudiante présente aux conseils universitaires), le problème est un peu ailleurs. Depuis 3 ou 4 ans en effet, le calendrier des élections universitaires a changé, et les associations étudiantes doivent désormais préparer une campagne électorale chaque année, en raison de la périodicité des élections CROUS et de celles aux conseils universitaires. Ces élections sont essentielles dans la vie des associations, tant sur le plan de leur légitimité que sur le plan financier. Leur nombre d’élus à l’issue des élections conditionne en effet l’octroi de certaines subventions de la part de l’université. « Le jour où les représentants étudiants auront le temps : il y aura une vraie force d’opposition » explique-t-elle regrettant, comme beaucoup d'autres, le désintérêt suscité par une élection dont les enjeux impactent concrètement le quotidien des étudiants. Un temps électoral qui, à son niveau, pourrait contribuer à « refaire prendre gout au débat politique et citoyen ».
 









1.Posté par javelle le 16/01/2016 12:51 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
Voilà un article bien tourné, situant le débat... on comprend l'hésitation du vote, si justement on ne comprend pas quel pouvoir est donné aux élus....

2.Posté par Aurélie le 16/01/2016 16:00 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
Pour avoir vécu cette élection sur les deux campus je dois dire que la problématique est la même, manque d'informations sur le long terme mais surplus d'information le jour même, La campagne de communication de l'université d'Angers est intéressante mais pas abouti, parmi les étudiants amenés à voter il y a ceux en stage ou en alternance, tout le monde n'est pas sur le campus le jour du vote. Même si,je suppose, la procuration est possible il faudrait développer une sorte de vote en ligne ou ...








Angers Mag















Angers Mag : Au comptoir de Mathilde... et de Catherine: Depuis la fin du mois d'octobre, la rue... https://t.co/wkV9xA1N3F https://t.co/6yuEQFFF5o
Mercredi 7 Décembre - 08:00
Angers Mag : A l’Ecole démocratique, on fait ce qu’on veut… ou presque: Basée sur la liberté... https://t.co/j0ywJZAzgI https://t.co/jEK0S9wvGs
Mercredi 7 Décembre - 07:31
Angers Mag : RT @LeQuai: N'oubliez pas d'aller voir #AdishatzAdieu ce soir. Vous nous remercierez demain. #Theatre #JonathanCapdevielle #Angers RESA 02…
Mardi 6 Décembre - 13:55
Angers Mag : A Angers, Montessori a pris racines: Porté par des éducateurs convaincus, les méthodes... https://t.co/bXNDdgyLpz https://t.co/nar3Qs6vye
Mardi 6 Décembre - 07:30


cookieassistant.com