Electronique : « Développer de la plus-value »

ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR : LA RECHERCHE ANGEVINE À LA LOUPE #6


Rédigé par Patrick TOUCHAIS - Angers, le 05/11/2016 - 07:40 / modifié le 04/11/2016 - 17:03


A l'Ecole supérieure d’électronique de l’ouest (Eseo), les 35 enseignants-chercheurs mènent des travaux en aéronautique, médecine, agriculture… Les deux pieds dans le réel et dans l’économie.



Alain Le Duff (à gauche) dans le labo SHM avec Borys Shchukin, doctorant.
Alain Le Duff (à gauche) dans le labo SHM avec Borys Shchukin, doctorant.
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DOSSIER. Au cœur des établissements d’enseignement supérieur du territoire, souvent dans l’ombre, la recherche agit un peu plus chaque année comme un vecteur de dynamisme, d’innovation et de notoriété. Végétal, santé, électronique et numérique, matériaux, sciences humaines et sociales… Ils seraient plus d’un millier de chercheurs, d’enseignants-chercheurs et d’étudiants à consacrer tout ou partie de leur temps à la recherche, le plus souvent au sein d’unités dites « mixtes ». C’est-à-dire associant  les grands établissements publics à caractère scientifique et technologiques (Inra, CNRS, Inserm…) dont la recherche est précisément la vocation. Comment s’organisent ces travaux de recherche ? Comment sont-ils financés et par qui ? Pour quelles applications et quels enjeux ? Angers Mag a voulu essayer d’y voir plus clair, en allant à la rencontre d’acteurs de la recherche.

Imaginez une plaque d’aluminium d’un bon mètre de large et trois de long, avec trois sondes fixées en son centre. Elles-mêmes reliées à de petites machines d’enregistrement avec écran produisant de jolies courbes en couleur. Bienvenue dans le laboratoire SHM (Structural health monotoring, ou contrôle de santé de structure).

Dans cette ancienne salle de cours de l’Ecole supérieure d’électronique de l’ouest, Alain Le Duff travaille pour l’aéronautique, ce qui, a priori, ne paraissait pas aller de soi… « La plaque d’aluminium est un peu épaisse, mais c’est le même métal que celui qu’on utilise pour fabriquer des avions », raconte l’enseignant-chercheur. « L’une des sondes émet des ultra-sons imperceptibles pour déceler les éventuelles fissures dans la structure. Ces informations reviennent ensuite vers les deux autres capteurs, eux-mêmes reliés à un moniteur. Au sein du laboratoire, nous travaillons aussi sur des matériaux composites utilisés dans l’aéronautique. On teste la surveillance intégrée des structures grâce à ces capteurs ».

L’équipe d’Alain Le Duff planche aussi sur la compatibilité des composants électroniques. « Comment faire en sorte que le portable qu’on glisse dans sa poche de chemise, ne mette pas en panne le pace-maker », sourit le chercheur, qui s’efforce de bien vulgariser les travaux de son équipe. « Sur ce sujet, nous avons une visibilité mondiale. D’ailleurs, nous organiserons dans l’école le congrès international EMC Europe, très pointu sur ce sujet dans un an », précise le prof.
« Notre métier de chercheur, c’est de se positionner très fortement sur un segment relativement étroit pour en être les spécialistes mondiaux »

Il fait partie des 35 enseignants-chercheurs qui partagent leur temps entre l’enseignement et les laboratoires au sein de l’école angevine dédiée à la formation d’ingénieurs en électronique et informatique. La fringante sexagénaire compte deux départements scientifiques : l’un, spécialisé dans l’électronique et l’automatique dirigé par Alain Le Duff, et l’autre axé sur l’informatique et les systèmes, piloté par Olivier Beaudoux.

Les deux hébergent plusieurs équipes de recherche. « Dans certains travaux, on intègre aussi des étudiants en fin de cycle sur des projets de fin d’étude et bien entendu des doctorants », précise l’informaticien, qui avec ses équipes mène des recherches sur des sujets tout aussi complexes que ses collègues, pros du circuit imprimé ou de la carte mère. « Notre métier de chercheur, c’est de se positionner très fortement sur un segment relativement étroit pour en être les spécialistes mondiaux », ajoute Olivier Beaudoux. « Concrètement, aujourd’hui, on travaille sur les Big Data, le traitement des données. Par exemple, comment je peux capturer le profil d’une foule dans un lieu dédié et lui proposer un affichage publicitaire ciblé. On travaille également sur la conception de logiciels dans le but de minimiser le plus possible les « bugs ». Pour cela, on réalise des plans très précis afin que l’édifice soit le plus robuste possible… comme pour les bâtiments que dessine un architecte », indique l’enseignant-chercheur, qui, lui aussi, cultive la volonté de rendre intelligible ses travaux.

Tous les programmes de recherche ont un lien avec le monde extérieur, que ce soit un laboratoire de recherche public ou un industriel. D’autant que certaines entreprises ont de plus en plus tendance à externaliser leurs recherches. Il faut donc être en quête d’études à mener, mais uniquement en lien avec du concret. « On s’oriente sur des choses où il y a une plus-value », précise Anne-Blandine Helias, qui coordonne tous les projets de recherche au sein de l’école. « Même si le champ de la recherche est mondial, on vit dans un territoire. On a des liens avec notre environnement. On travaille donc aussi sur des thématiques régionales. On a un programme avec l’ESA, l’Ecole Supérieure d’Agriculture, ONIRIS, l’Ecole Nationale Vétérinaire, Agroalimentaire et de l’Alimentation de Nantes et la coopérative Terrena sur l’alimentation des bovins et leur déplacement sur les pâturages ; on développe aussi avec le CHU d’Angers un système de simulation d’un geste médical pour la formation des médecins ».

Au final, l’objectif est de déboucher sur des publications dans la sphère de la recherche mondiale. Des écrits qui doivent participer à l’avancée scientifique, mais aussi à la notoriété de l’école. Le coût global des programme oscille entre 30 000 et 1 M€ selon les sujets, financés par ailleurs, via des appels à projet avec des labos publics, ou par des entreprises et les collectivités territoriales (le Conseil régional et l’Agglomération d’Angers en particulier). L’Eseo fait ainsi le choix de consacrer chaque année, 1,5 M€ à ce poste. Pas une dépense. Un investissement.









1.Posté par Cousin le 05/11/2016 10:06 | Alerter
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Magnifique école !








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