Emily Loizeau : "Créer, c'est un geste d'espoir absolu"


Rédigé par - Angers, le Jeudi 22 Septembre 2016 à 07:55


Pour sa rentrée, Le Chabada accueille la chanteuse Emily Loizeau, mardi 27 septembre, qui se produira avec ses cinq musiciens après un travail de résidence au sein de la salle de musiques actuelles. Nous l'avons interrogée sur "Mona", un album sensible et plus personnel qu'aucun autre.



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Pouvez-vous nous présenter « Mona », le personnage qui donne son nom à votre dernier album ?
 
« Mona, c’est une histoire que j’avais racontée sous forme de nouvelles, de petit roman, puis rangée dans un tiroir. Elle a finalement été adaptée à la scène pour ce qui n’est ni une pièce de théâtre, ni une comédie musicale, mais une forme hybride de pièce musicale.
C’est l’histoire d’une femme qui enfante un bébé de 73 ans et qui raconte dans un journal ses psychoses, les valses terribles du périple déshumanisant qu’elle vit. Le fait d’en faire une fable absurde me permet d’aller explorer l’intime. »
 
C’est une histoire qui résonne en vous de manière très personnelle ?
 
« Ma mère a souffert une grande partie de sa vie de ces psychoses, mais c’était compliqué de parler de ça, de révéler les clés de ce qu’elle était avant qu’elle disparaisse, en début d’année dernière. Mona, c’est aussi un hommage à sa vie, à ce que l’on a traversé ensemble. Au-delà de cette histoire familiale, je voulais parler de la folie, du grand désarroi qu’elle cause dans les familles. C’est aussi une manière de briser un tabou : quelle place est réservée au fou au sein de notre société, à tous ces gens qui naviguent entre autonomie et non autonomie ? »
 
Vous mettez en parallèle l’histoire de Mona avec celle d’un marin de la Navy ?
 
« Oui, parce que quelque part en moi, il y a toujours une forme de métaphore entre le naufrage intérieur de Mona et celui, réel, du marin. Et la lecture de ses lettres imaginées mais très inspirées m’a aussi permis de parler de conflits, de guerres, de soif de liberté. Un peu comme un geste d’espoir absolu, dans un moment abject, tant au niveau humain que climatique. Si on n’a pas l’espoir, l’idée que quelque chose d’autre est possible, on est fichu. »
"Avec "Mona", je voulais renouveler le sang, l’oxygène de la scène en explorant d’autres espaces, d’autres temporalités"

Le contexte dont vous parlez influe-t-il sur votre travail ?
 
« Il pèse de plus en plus car l’actualité nous saute de plus en plus à la figure : j’ai l’impression que plus rien n’est dissociable. Je réfléchis chaque jour à la manière d’amener ma petite pierre à une prise de conscience générale, parce qu’on ne peut plus continuer comme ça : qu’est-ce qu’on laisse à nos enfants ? On parle trop peu de cela, et trop de lieux communs nauséabonds. »
 
Revenons à votre spectacle et à « Mona ». Qu’est-ce qui vous a donné envie d’explorer la forme théâtrale ?
 
« Le fait que je viens de là. Je viens du piano classique et du théâtre et je voulais renouer avec cette forme. Nous avions déjà entrouvert une porte avec l’hommage à Lou Reed puis sommes allés au bout de cette envie avec « Mona », avec une manière différente de nourrir une histoire, un peu comme si l’on créait de la musique pour une BO. Ça permet aussi de renouveler le sang, l’oxygène de la scène en explorant d’autres espaces, d’autres temporalités. »
 
Cela correspond-il à une nouvelle orientation dans votre carrière ?
 
« Sans doute. J’ai envie d’explorer d’autres médias, une certaine transversalité dans le langage artistique. Oui, je crois que c’est comme ça que j’ai envie de vivre mon métier. J’adore les concerts et la mise en jeu qu’ils portent. J’ai besoin de continuer cela mais en menant aussi d’autres projets, différents. »

On retrouve sur cet album votre cercle de fidèles, mais également de « nouvelles têtes », notamment le producteur Renaud Létang. Comment vous entourez-vous ?
 
« Concernant Olivier Koundouno et Casaba Palotaï, c’est une évidence : ce sont deux partenaires avec lesquels on se complète, nous avons un langage commun et on n’est pas prêts de se lâcher, comme c’est le cas aussi avec d’autres musiciens (cinq sur scène en plus d’Emily Loizeau NDLR). Je suis quelqu’un d’assez fidèle, même si j’adore découvrir de nouvelles têtes… comme Renaud Létang. J’avais vraiment envie de vivre l’enregistrement d’un album autrement et d’apprendre en me confrontant avec une autre forte personnalité. Ce qui me plaît sur « Mona », c’est qu’il s’agit d’une vraie collaboration : les chansons et les arrangements correspondent vraiment à la rencontre de deux univers. Il ne s’agit pas juste de balancer les maquettes à un producteur qui s’occupe du reste. »
 
A quoi va vous servir le travail de résidence au Chabada, à Angers ?
 
"L’utilité des résidences dépend d’où on en est dans la tournée. Là, ça fait déjà quelques mois que le spectacle tourne, et j’ai envie de reprendre le concert, en lui donnant une forme qui me convient mieux. On va donc travailler en quelque sorte sur une autre création. Et ce sont des conditions optimales : c’est très agréable de pouvoir offrir un concert au public dans le lieu où on l’a (re)créé. »

Concert le mardi 27 septembre au Chabada. La première partie sera assurée par Angry Beards. Plus de renseignements, iciEn show-case également ce samedi 24 septembre à la FNAC d'Angers à 18h. 





Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur




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