En Anjou, le service civique a bien pris racine


Rédigé par - Angers, le 22/04/2015 - 06:30 / modifié le 22/04/2015 - 10:01


140 jeunes suivent aujourd’hui un service civique en Maine-et-Loire, dont une soixantaine au sein d’Unis-Cité, l’association qui l’a inventé il y a vingt ans. Et se retrouve aujourd'hui un peu victime de son succès.



En Anjou, le service civique a bien pris racine
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Sur l’île du Château aux Ponts-de-Cé, c’est l’heure du café. Lecture, smartphones et canapés pour certains, jeux de cartes pour d’autres… plusieurs dizaines de jeunes en service civique s’apprêtent à suivre un temps de formation autour de la citoyenneté dans les nouveaux locaux de l’antenne départementale d’Unis-Cité, à deux pas de la Loire. L’ambiance est à mi-chemin entre le foyer des jeunes et le hall d’université. Conviviale voire confraternelle, mais studieuse.

Originaire de la région rennaise, Sarah, 18 ans, s’est engagée en octobre avec Unis-Cité, faute « de savoir quelle orientation choisir après mon Bac S ». « Je ne savais vraiment pas du tout quoi faire. J’avais envie de me donner du temps pour réfléchir et faire une pause » raconte-t-elle. Elle effectue deux missions, partagées avec d’autres jeunes en service civique. La première autour du recueil des mémoires de résidents du foyer-logement Bellefontaine à Angers, où elle passe deux jours par semaine et prépare une exposition. La deuxième, aux Ponts-de-Cé, pour accompagner une quinzaine de familles qui ont choisi, à l’initiative de la municipalité, d’ « adopter deux poules » pour réduire leurs déchets.
"Prendre un temps « pour les autres », afin de mieux se connaître et d’avancer dans sa propre vie"

Comme Sarah, Omar Gamea, 23 ans, est venu vers le service civique pour vivre un temps de transition utile. Titulaire d’un Masters d’enseignement primaire, cet Angevin a choisi de se réorienter vers l’éducation spécialisée. D’où l’idée, en attendant de passer les concours ad-hoc, de vivre plusieurs mois au service des autres, sans s’éloigner de son projet professionnel. En lien avec l’association Autisme 49, il soutient les familles d’un collégien et d’une jeune adulte lourdement handicapés sur leurs temps libres : « Ce n’est pas simple mais ce sont de belles rencontres. J’ai découvert un public que je ne connaissais pas du tout et puis c’est une expérience évidemment profitable pour mon orientation. »

Pour Sarah comme pour Omar, l’image de la passerelle colle bien au sens du service civique que défendaient dès 1994 les quatre fondatrices de l’association Unis-Cité : Lisbeth Shepherd, une américaine de 23 ans diplômée de Yale, et trois étudiantes de l’ESSEC, Marie Trellu, Julie Chenot et Anne-Claire Pache. « Notre objectif a, dès le début, été de faire la preuve par l’action que tous les jeunes, du bac-5 au bac+5, des cités comme des beaux quartiers, peuvent aider des personnes qui en ont besoin ; que tous ont envie et besoin de prendre un temps « pour les autres », afin de mieux se connaître et d’avancer dans leur propre vie » raconte la deuxième, toujours co-présidente de l’association.
« On refuse trois demandes sur quatre aujourd’hui." Jocelyn Leclerc, délégué régional d'Unis-Cité
 
Inspirée en partie du service civil américain, leur utopie a été instituée officiellement par la loi en mars 2010, confirmant un engagement politique pris par Jacques Chirac, au lendemain des émeutes de banlieues de 2005. 35 000 jeunes de 16 à 25 ans suivent un service civique cette année en France dont 140 en Maine-et-Loire (et 64 via Unis-Cité). Au lendemain de l’attentat de Charlie Hebdo, François Hollande a rêvé d’en porter le nombre à 150 000/an soit 15% d’une classe d’âge. Réaliste ? « On refuse trois demandes sur quatre aujourd’hui, indique sceptique Jocelyn Leclerc, le délégué régional d’Unis-Cité, Les objectifs chiffrés ne doivent pas peser sur les jeunes, mais sur l’Etat. » En clair, la demande est là. Reste à trouver les moyens pour y répondre.

Le service civique en quelques mots
Indemnisé 573 euros net par mois, il peut être effectué auprès d’associations, de collectivités territoriales (mairies, départements ou régions) ou d’établissements publics (musées, collèges, lycées…) sur une période de 6 à 12 mois en France ou à l'étranger. Il repose sur une mission d’au moins 24 heures par semaine et n’est pas incompatible avec une poursuite d'études ou un emploi à temps partiel.
 
www.service-civique.gouv.fr
www.uniscite.fr




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