En concert jeudi soir, Benjamin gâte


Rédigé par Cyrille GUERIN - Angers, le Vendredi 25 Octobre 2013 à 13:32


Jeudi soir, à 19h pétantes et quelques heures après la sortie de son album, Benjamin Piat livrait au Chabada sa première prestation délesté de Bénouzz, la formation qui l'a fait connaître. L'impatience était double : dans la fosse et sur la scène où a évolué pendant une heure quinze un garçon qui a su séduire un large public. Pas forcément d'avance acquis.



"En une heure quinze, rappel compris, l'interprète, épaulé par un line-up d'excellente facture, a su fendre l'armure, doucement casser les cloisons séparant studio d'enregistrement et scène".
"En une heure quinze, rappel compris, l'interprète, épaulé par un line-up d'excellente facture, a su fendre l'armure, doucement casser les cloisons séparant studio d'enregistrement et scène".
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Ce jeudi 24 octobre fut, pour les fans hardcore de tous types de musiques, une journée de deuil. A peine la cafetière enclenchée, la clope du matin méticuleusement confectionnée, la chronique world de tonton Guetta avalée et comme souvent pas complètement digérée, à peine une clémentine épluchée que l'on apprenait, incrédule, la disparition de l'estimable Bernard Chérèze, le big boss de la musique de France Inter entre 99 et 2012.

Chérèze, c'était un défricheur, un spéléologue, un passeur. Mais aussi une putain de voix. Remember ses interventions mixant sobriété et incandescence pendant les festivals estivaux diffusés sur la chaîne publique. Où qu'il fut ce jeudi soir, il a forcément laissé traîner une oreille boulevard du Doyenné et a dû, c'est évident, kiffer le premier concert solo de Benjamin Piat au Chabada. Car dans ce monde instable, incertain, il est encore quelques certitudes. C'est sur scène que se mesure la motivation d'un artiste, sa capacité à se dépasser, à ne faire qu'un avec une salle, à achever de convaincre celle-ci.

Ce rite de passage, le môme Piat du pays l'a réussi "finger in the noze" l'autre soir. Dans la journée, on avait écouté tranquillou l'album de saison du gonze, "La Boîte à musique". On fut immédiatement séduit par une prod plutôt léchée et des arrangements pertinents. En 2001, l'appréciation fut identique lorsque l'on découvrit, ébahi, le premier Biolay. On fut par la suite saisi par la dimension ultra extravertie que déployait en concert celui qui allait devenir le producteur de Vanessa Paradis. Et de la nettement moins glam Isabelle Boulay- et ouais, ça coûte un bras de nos jours les Gitanes sans filtre !

Ce jeudi, Benjamin Piat a su à sa manière sortir de cette réserve inhérente au travail sur pistes, d'intérieur, coupé du monde. Certes, l'Angevin n'a pas foutu le feu à la salle qui l'accueillait façon Shaka Ponk ou Skip the Use. Il ne joue de toute façon pas dans la même catégorie que ces gadgets taillés pour les playlists de stations-eau-précieuse. En une heure quinze, rappel compris, l'interprète, épaulé par un line-up d'excellente facture, a su fendre l'armure, doucement casser les cloisons séparant studio d'enregistrement et scène, marchant ici dans les pas d'un Dutronc Junior, rappelant là un Sanseverino dont les compos seraient passées par la salle de muscu ou un Bénabar, les considérations sur le mode de cuisson des pizzas au cheval en moins.

"Cerise" : on n'était plus à Angers

Pour ce faire, l'ont rejoint pendant ce set inaugural des guests de marque dont deux membres de la Ruda et Seb Martel, un intime du fils Chedid. De quoi chauffer un auditoire que le ramdam entourant la parution de "La Boîte à musique" avait fait venir en nombre. En reprenant "Chanson populaire" de Bénouzz, Piat a en outre montré, c'est important, qu'il n'avait pas oublié d'où il venait, faisant ainsi un clin d’œil à ses anciens potes de jeu.

Puis avant un final bodybuildé, débarque "Cerise". Un titre hommage au Paname des années 20-30 qui, il le reconnaît lui même, inspire beaucoup Benjamin Piat. Autrement dit et en l’espèce bien plus qu'une allusion à la place du Tertre- un lieu charismatique du vieux Paris ici fantasmé et saturé de chromos. Bref, une déclaration. Et là, à cet instant de la soirée, c'est bien simple on n'était plus à Angers. Encore moins à Montmartre. Mais quai de Jemmapes, dans le 19ème parisien, chez Prune, mouge à la déco pseudo-années folles où convergent tous les bobos socio-démocrates du coin qui crachent, à raison, sur Finkielkraut et ses thèses nauséeuses d'un autre temps mais qui, sauf quelques rares exceptions, ont du mal à envisager l'avenir.

Question : le retour a-t'il raisonnablement un avenir ?

En d'autres termes, "Cerise" n'a-t'elle pas déjà fait son temps ? Si, au même titre que Lescop ou Gaêtan Roussel, Benjamin Piat, que l'on ne se permettrait évidemment pas de soupçonner d'être un lecteur de Valeurs actuelles, a su avec dextérité, mais également et c'est logique avec quelques maladresses, s'affranchir sur disque comme sur scène de ses acolytes, il lui reste maintenant à relever un défi majeur: instiller à ses titres actuels par ailleurs convaincants, et à ses concerts à venir une touche de modernité. Ce qui vaut pour les trois quarts de la scène tricolore actuelle. Puis à, tel Dominique A ou Florent Marchet, imprimer, imposer sa patte, son identité. Conseil qu'un Bernard Chérèze lui aurait à n'en pas douter, et en toute modestie, suggéré ce jeudi soir.

Parmi les invités de Benjamin Piat, jeudi soir, le public a retrouvé le guitariste saumurois Seb Martel.
Parmi les invités de Benjamin Piat, jeudi soir, le public a retrouvé le guitariste saumurois Seb Martel.











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