Ensemble, pour sauver Angers SCO


Rédigé par Yannick Sourisseau - Angers, le 28/02/2011 - 21:51 / modifié le 01/03/2011 - 17:52


Contre toute attente, la présentation de « l’affaire du SCO », devant le Conseil Municipal d’Angers ne s’est pas terminée en bataille rangée comme certains l’imaginaient. Même s’ils ne sont pas d’accord sur la manière de gérer l’attribution des subventions, majorité et minorité ont trouvé un terrain d’entente : celui de sauver le club angevin.



Michel Houdbine, adjoint au maire chargé des sports pendant sa présentation
Michel Houdbine, adjoint au maire chargé des sports pendant sa présentation
A la lecture des communiqués des différents groupes, au cours de la semaine passée, on pouvait s’attendre à ce que le conseil municipal de ce lundi 28 Février soit particulièrement agité. Il y a bien eu quelques flèches décochées par les uns et les autres, juste pour rappeler que dans une démocratie, chaque représentant du peuple a son mot à dire, mais pas vraiment de quoi fouetter un chat.

L’échange fut poli et courtois, tout en rondeur, à l’angevine en quelque sorte, avec un objectif : se mettre derrière les joueurs pour éviter qu’ils pâtissent du scandale qui arrose le club en ce moment. Pour une fois que les forces en présence font front commun, on ne va pas s’en plaindre.

C’est à Michel HOUDBINE, adjoint en charge des sports et des loisirs que revenait cet exercice délicat de présenter la démarche dans laquelle s’est engagée la Ville. Ce midi il avait adressé une longue lettre aux joueurs afin de leur rappeler que la Ville d’Angers ne les abandonnait pas, même si elle avait décidé de différer le paiement du reliquat de subvention.

Dans un calme olympien, sans hausser le ton, l’édile a rappelé la genèse du scandale qui éclabousse le club de football fétiche des angevins. « Nous savions que l’équilibre financier des clubs de ligue 2 est très fragile. Les subventions ont été attribuées sur la base des documents validés par le commissaire aux comptes. Le comité de suivi a bien vérifié qu’elles étaient utilisées pour des missions d’intérêt général. Que pouvions-nous faire de plus », questionne Michel Houdbine. « En se portant partie civile la Ville a pu constater que les pièces étaient falsifiées. Angers est victime, elle a subi un préjudice moral », conclut l’adjoint en souhaitant que justice soit rendue au plus vite afin d’éviter un résultat destructeur pour le club.

Une municipalité qui envisage de jouer collectif

Laurent Gerault, chef de file du groupe Angers Choisir l'Avenir
Laurent Gerault, chef de file du groupe Angers Choisir l'Avenir
« Nous n’en faisons pas une affaire de personne. Seule la justice apportera une réponse pour savoir s’il y a eu manquement ou affaire illégitime. Maintenant nous devons assumer nos responsabilités », répond Roselyne BIENVENU, élue de la minorité « Angers Choisir l’Avenir ». « Nous ne sommes pas plus malin, ni plus vigilants que les autres et nous comprenons qu’il était difficile d’apprécier les comptes, mais nous devons mettre en place des procédures, un suivi renforcé pour que cela ne se reproduise pas ».

Pour Laurent GERAULT, chef de file du groupe d’opposition, il ne s’agissait pas d’enfoncer ses adversaires, même s’il n’était pas d’accord sur quelques points de détail. « Nous voulons ce soir, comme vous je pense, affirmer une priorité : notre souci de prendre part, à vos cotés, à l’avenir du SCO, affirmer notre soutien au club, aux joueurs, aux supporters et aux salariés ».

Remerciant l’adjoint d’avoir organisé ce débat, Laurent Gérault, souhaite que la municipalité tire les conséquences pour l’avenir. « Ensemble nous devons définir les moyens d’un contrôle plus pertinent en proposant d’intégrer dans les conventions des moyens plus coercitifs permettant l’arrêt de la subvention ». Daniel RAOUL, conseiller municipal et sénateur a abondé dans ce sens en proposant que des textes encadrant le financement des sociétés sportives par les collectivités publiques puissent être soumis au Parlement.

Si Laurent Gérault ne partage pas la décision unilatérale de la majorité de bloquer la subvention, au moment de la nomination d’un administrateur provisoire, il y voit néanmoins un gage de transparence. « Nous devons coopérer avec lui et envoyer des signes positifs au club, à la DNCG et éviter que cette période trouble conduise à un désordre sportif ».

« A deux jours d’un match important, nous avons l’occasion d’apporter, tous ensemble, notre soutien indéfectible au SCO », conclut le représentant de la minorité avant de lancer un « allez SCO ! »

Michel Houdbine a du se sentir soulagé. L’orage qu’il attendait peut-être s’est soudain dissipé. Le message est passé : la minorité a compris que dans cette affaire il fallait s’entendre pour soutenir les intérêts de la collectivité, en faisant tout pour que les joueurs, si bien inspirés en cette période difficile, n’aient pas à en subir les conséquences. « Nous sommes présents au milieu du public et pas à nos places réservées. Nous voulons montrer que nous soutenons notre équipe », conclut l’adjoint aux sports, lequel rêve certainement d’une victoire en Coupe mercredi prochain.



Yannick Sourisseau
Yannick Sourisseau
Web Journaliste suivant plus particulièrement les technologies digitales Formateur technologies de... En savoir plus sur cet auteur















Angers Mag