Eric Groud : "J'en appelle au faire ensemble !"


Rédigé par - Angers, le 21/01/2014 - 20:30 / modifié le 22/01/2014 - 11:45


Contexte électoral aidant, le président de la Chambre de commerce et d'industrie de Maine-et-Loire n'a pas emprunté de détour pour s'adresser directement aux responsables politiques locaux lundi soir, lors des vœux des trois chambres consulaires du département. En les appelant à mettre leurs différends de côté pour servir le territoire.



Eric Groud (commerce et industrie), François Beaupère (agriculture) et Gérard Aubry (artisanat) ont défendu l'idée d'un territoire plus uni encore face aux difficultés.
Eric Groud (commerce et industrie), François Beaupère (agriculture) et Gérard Aubry (artisanat) ont défendu l'idée d'un territoire plus uni encore face aux difficultés.
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Un pour tous, tous pour un. Depuis l'an passé, les présidents des trois chambres consulaires de Maine-et-Loire - Métiers, Agriculture, Commerce et industrie - ont fait leur la célèbre devise des mousquetaires d'Alexandre Dumas (qui est aussi celle plus ou moins reconnue de la Suisse). Pas pour faire bien dans les journaux. Mais, par l'exemple et le symbole, pour affirmer concrètement auprès des Angevins la conviction que le développement du territoire passait par l'union de ses acteurs. Plus encore, en période de mutation économique.

Après l'espace Cointreau de la Chambre de commerce en janvier 2013, c'est sous l'impressionnante charpente des Greniers Saint-Jean, dans la Doutre, qu'ils ont renouvelé l'exercice lundi soir à Angers. Enfonçant le clou devant un parterre de responsables économiques et politiques - préfet, maire et président de l'agglo d'Angers, sénateurs... - où l'absence de Christophe Béchu, président du Conseil Général et candidat à la mairie d'Angers, fut inévitablement remarquée. Et où, reconnaissons-le, une certaine inquiétude pour ne pas dire une tension - inévitable elle aussi sans doute - semblait comme flotter entre les murs du monument.

Le discours d'ouverture de Gérard Aubry, le président de la Chambre des métiers, nous en a rapidement livré l'une des raisons : "La situation économique du pays est catastrophique et les signes de reprise tant annoncés ne se traduisent ni dans les faits, ni dans les chiffres, ni dans les carnets de commandes, a posé d'entrée l'artisan, Pour nombre d'entreprises, de toute taille, de tout secteur, l'année 2013 a été très difficile et laisse penser que 2014 suivra non seulement la même tendance mais que le gros de la vague est devant nous." Ambiance !

Source de préoccupation supplémentaire pour Gérard Aubry, le fait que les entreprises artisanales "qui jusqu'à lors résistaient plutôt mieux, car plus petites, sont désormais aussi atteintes". Mais le chef d'entreprise, soucieux de ne pas plomber la soirée, d'appeler aussitôt à "regarder devant". Et de solliciter le soutien des élus pour préserver l'économie de proximité et soutenir la confiance des entrepreneurs : "Loin des incantations, nous devons avancer sur la question du coût du travail, sur la fiscalité des entreprises, sur les normes et les procédures…"

Pour ses premiers vœux depuis son accession à la présidence de la Chambre d'agriculture de Maine-et-Loire, François Beaupère a mis en avant lui aussi les notions de "proximité" et de "qualité" pour border les enjeux qui se posent aujourd'hui aux agriculteurs du département. Proximité des échanges et du commerce, qualité de l'alimentation, qualité de l'environnement aussi.

Les mots sont choisis : à l'agroécologie, reprise à son compte récemment par Stéphane Le Foll, le ministre de l'agriculture, François Beaupère préfère manifestement celui d'Agriculture Ecologiquement Intensive (AEI), né en Anjou et "qui doit allier performance économique et écologique". Il évoque "plus de 15 initiatives" agricoles en cours aujourd'hui sur le département, pour fournir "soit de la chaleur aux collectivités, soit du gaz au réseau", via la valorisation du bois énergie et de la méthanisation, pour contribuer à la transition énergétique.

Et François Beaupère, comme son prédécesseur, d'appeler lui aussi à une vraie simplification administrative, pour porter l'esprit d'entreprendre de l'agriculture angevine.

"Rationaliser" les structures

Dernier à prendre la parole, Eric Groud s'est montré solennel, plus que de coutume peut-être encore, remerciant tous les acteurs du territoire, pour mieux défendre ensuite ses doléances et vœux pour l'année qui s'ouvre : "Quand tous nos schémas de pensée et d'habitude sont ainsi bouleversés, il nous faut avoir la lucidité, la détermination et le recul nécessaire pour mieux avancer."

Le Pacte de Responsabilité ? Eric Groud veut croire qu'il amorcera "des mesures plus prometteuses pour les entreprises, un baisse du coût du travail, et des démarches de simplification"... Mais aussi "une baisse de la dépense publique". La recomposition territoriale ? "Ce choix ne devra pas être dicté par des contingences purement administratives, mais bien être la résultante d'un vrai projet économique de territoire."

La solidarité, le président de la Chambre de commerce la souhaite avant tout à l'échelle du département, appelant dès le lendemain des élections municipales, "à une meilleur collaboration voir une rationalisation des structures, et particulièrement celles qui œuvrent dans les domaines de l'économie, du tourisme, de l'aménagement du territoire et de l'orientation des jeunes."

"Ce combat ne peut pas être mené qu'à Paris, a soutenu Eric Groud, Il nous concerne tous et nous tous à en prendre part."




Journaliste, rédacteur en Chef d'Angers Mag En savoir plus sur cet auteur















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