Et la première maison partagée d'Angers est devenue réalité


Rédigé par - Angers, le 19/09/2015 - 08:26 / modifié le 22/09/2015 - 09:36


Depuis juin dernier, six personnes lourdement handicapées et des assistants valides vivent ensemble dans une maison partagée, rue Volney. Le fruit, inédit à Angers, d'un projet de sept ans porté par l'association Simon de Cyrène. Son président d'honneur, un certain Philippe Pozzo di Borgo, était là jeudi soir pour l'inauguration.



Philippe Pozzo di Borgo (au centre) pose en compagnie des résidents de la première maison partagée Simon de Cyrène d'Angers.
Philippe Pozzo di Borgo (au centre) pose en compagnie des résidents de la première maison partagée Simon de Cyrène d'Angers.
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S'il est difficile d'oublier la performance du comédien François Cluzet dans le film Intouchables, que dire du charisme de l'homme qu'il incarne ! Ceux qui ont assisté à l'inauguration de la maison partagée Simon de Cyrène jeudi soir à Angers peuvent en témoigner, on ne reste pas insensible à la présence de Philippe Pozzo di Borgo.

A l'heure des discours, l'homme d'affaires, devenu tétraplégique à la suite d'un accident  de parapente en 1993, n'a pas beaucoup parlé. Mais ses mots ont sonné particulièrement juste pour saluer les (nombreux) acteurs de ce projet d'habitat, inédit à Angers, qui voit depuis juin dernier cohabiter au quotidien personnes lourdement handicapées et valides.

"Ce qui m'a beaucoup frappé en vous rencontrant, c'est qu'instantanément la relation s'est installée. Cette évidence de le relation vraie est le fruit d'une fragilité partagée, s'est adressé à eux Philippe Pozzo di Borgo, Mais je crains que ça ne veuille dire que vous avez aujourd'hui une responsabilité." Pour le président d'honneur de l'association Simon de Cyrène, cette responsabilité se situe à un niveau sociétal au croisement de l'intime et du collectif, là où la différence, liée au handicap quel qu'il soit, constitue encore trop souvent, selon lui, une barrière  : "Nous devons tous guérir notre société valide pour qu'elle se reconnecte avec sa part de fragilité."

Impact garanti dans l'assistance où avaient pris place tous les proches des résidents, mais aussi les partenaires publics et privés de ce projet initié il y a sept ans par quatre familles angevines touchées, de près ou de loin, par le handicap. Depuis la première réunion à l'Ircom (1) aux Ponts-de-Cé jusqu'à l'ouverture en juin de la maison partagée, François de Montferrand, le président de Simon de Cyrène Anjou, a retracé le long cheminement de ce projet fondé sur un véritable esprit de communauté au coeur même de la ville.
"Les personnes handicapées ne cherchent pas à avoir que des bâtiments accessibles" Benoît, assistant volontaire.

Au 47 rue Volney donc, sur un terrain cédé par le diocèse d'Angers, vivent depuis plusieurs mois six personnes lourdement handicapées et des assistants valides dont un responsable de maison, salariés ou volontaires en service civique. Chacun dispose de studios individuels mais tous partagent leur quotidien dans des locaux communs : grand salon/salle à manger/cuisine, jardin, terrasse, bureau... Leur co-existence ne s'arrête pas à l'hébergement. Elle se prolonge dans toutes les activités de socialisation des résidents à l'intérieur comme à l'extérieur.

Comme une troisième voie entre l'institution et la vie, seul à domicile, ce nouveau modèle d'habitat repose sur un engagement fort de tous ses acteurs. Son moteur : la fraternité. "Comment on arrive, par le simple fait de vivre ensemble, à s'enrichir. Les personnes handicapées ne cherchent pas à avoir que des bâtiments accessibles" s'enthousiasme Benoît Rouillard, volontaire en service civique. "On n'est pas dans une institution spécialisée, on est chez nous" lui répondent comme en écho Irène, Pascale, Josué et les autres résidents handicapés.

Soutenu par l'Etat, le Conseil Départemental et la Ville, cette maison partagée Simon de Cyrène est une première à Angers, mais pas la dernière. Une autre ouvrira l'été prochain dans le quartier d'Orgemont. Et deux autres sont en projet sur le plateau des Capucins à l'horizon 2018. C'est aussi une première en province pour cette association qui a d'abord expérimenté le concept à Vanves (Hauts-de-Seine) et porte de multiples initiatives similaires aujourd'hui en France.

(1) L'Institut des relations publiques et de la communication




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