Etat d'urgence : cinq perquisitions en Maine-et-Loire, pas de suite judiciaire


Rédigé par - Angers, le 18/11/2015 - 18:50 / modifié le 28/05/2016 - 09:35


Conséquence directe de l'état d'urgence, cinq perquisitions ont eu lieu en Maine-et-Loire la nuit dernière. Elles n'ont donné lieu à aucune suite judiciaire mais atteste, à tout le moins, que la sureté départementale est engagée pleinement dans les dispositifs de sécurité renforcée. La préfète, Béatrice Abollivier, réunira l'ensemble des maires du département vendredi pour le leur en parler.



Depuis septembre 2014, les forces de police à Angers travaillent toujours dans le cadre d'une posture Vigipirate renforcée. Mais l'état d'urgence accentue encore leur mobilisation.
Depuis septembre 2014, les forces de police à Angers travaillent toujours dans le cadre d'une posture Vigipirate renforcée. Mais l'état d'urgence accentue encore leur mobilisation.
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Ce sont nos confrères de Ouest-France Angers qui ont révélé l'information mercredi matin sur leur site web. Confirmée depuis par la préfecture de Maine-et-Loire. Cinq perquisitions administratives ont été menées la nuit dernière dans les régions d'Angers et Cholet, dans le cadre de l'état d'urgence décrété par le Président de la République après les attentats meurtriers de vendredi dernier à Paris.

Si aucune information n'a filtré sur l'objet et la localisation précise de ces perquisitions, le procureur de la République d'Angers, Yves Gambert, a indiqué mercredi soir qu'elles n'avaient donné lieu à aucune suite judiciaire. Ce qui sous-tend, à fortiori, qu'aucun élément relevant de faits ou gestes répréhensibles n'a été identifié au domicile des personnes perquisitionnées. Une certitude, ces perquisitions administratives ne seront certainement pas les dernières, a laissé entendre mercredi après-midi Sandra Guthleben, la directrice de cabinet du préfet de Maine-et-Loire.

C'est quoi une perquisition administrative ?

Par "perquisitions administratives", il faut entendre des perquisitions décidées sous l'autorité directe du préfet, contrairement aux perquisitions classiques menées sous le contrôle d'un juge. En clair, elles peuvent être réalisées au domicile de personnes non poursuivies par la justice, mais considérées comme "à risque" par les services de renseignement de la police ou de la gendarmerie. Toutefois, précise Yves Gambert, chaque perquisition se fait "en présence d'un officier de policer judiciaire". Une obligation et une précaution à la fois, pour d'éventuelles saisies "incidentelles" sans rapport avec l'objet même des perquisitions (détention de stupéfiants, d'armes sans autorisation etc...).

Autre différence notable, ces perquisitions administratives peuvent se dérouler de jour comme de nuit -ce qui n'a pas été le cas en l'occurrence en Maine-et-Loire- contrairement aux perquisitions classiques autorisées seulement à partir de 6h du matin. En France, selon le Ministère de l'Intérieur, 118 nouvelles perquisitions ont ainsi eu lieu depuis mardi soir qui ont débouché sur 25 gardes à vue et la saisie de 34 armes.
Après trois nuits, toujours selon le Ministère de l'Intérieur, ce sont 414 perquisitions qui ont été menées en France (60 gardes à vue et 75 armes saisies). 118 assignations à résidence ont également été prononcées. 
 
Radicalisation : 160 personnes sous surveillance en Maine-et-Loire
Même sans impact judiciaire, ces perquisitions menées en Maine-et-Loire rappellent à tout le moins deux choses :

1. Le phénomène de radicalisation est une réalité aussi en Maine-et-Loire, comme nous l'avions expliqué en mars dernier dans le cadre de notre dossier spécial sur l'Islam à Angers (lire notre article "Islam à Angers : prévenir la radicalisation, un vaste chantier, 12/03/2015). "Mais attention, radicalisation ne signifie pas engagement djihadiste. Il faut différencier celui qui va appliquer un mode même ultra-rigoriste de l'islam de celui qui peut soutenir des actions terroristes" insiste un policier.

2. En Maine-et-Loire, comme ailleurs, ce phénomène fait bien entendu l'objet d'une surveillance spécifique, laquelle s'est considérablement renforcée depuis les attentats de janvier.
« Là où on recevait un signalement tous les trois mois, on en est à un par semaine » nous expliquait à l'époque une source policière. Ainsi, près de 160 personnes feraient l'objet d'une surveillance aujourd'hui dans le département. Un travail colossal pour les hommes du renseignement que ce soit ceux du Renseignement territorial (ex-RG), exerçant sous tutelle de la Direction départementale de sûreté ou ceux du Renseignement intérieur (DGSI), rattachés directement au Ministère de l'Intérieur.
Car c'est à eux que revient de mesurer le degré de dangerosité potentiel des personnes suivies. D'où les manifestations réitérées de renfort, formulées régulièrement par les organisations syndicales de la police à Angers depuis de nombreux mois. "Des renforts sont attendus depuis janvier mais les postes viennent seulement de s'ouvrir. Il faudrait au moins deux personnes de plus pour chaque service" estime Philippe Boussion, le responsable du syndicat FO-Police.
 
D'autres renforts seront-ils affectés au département dans le cadre du plan de recrutement annoncé devant le Congrès par François Hollande ? Des coordinations spécifiques sont-elles à attendre localement pour améliorer la qualité du renseignement ? Voilà deux des questions qui se posent et qui devraient être évoquées vendredi par la préfète de Maine-et-Loire devant les maires du département.

Béatrice Abollivier viendra les rencontrer à l'Aréna Loire à Trélazé dans l'après-midi pour échanger autour du plan d'urgence et de ses conséquences en Anjou. Une réunion qui répond notamment au souhait d'information formulé dès lundi par la maire et président de l'agglomération d'Angers, Christophe Béchu.




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