Etudiants pauvres, une autre réalité

LA PRÉCARITÉ, UNE RÉALITÉ ANGEVINE 2/6


Rédigé par - Angers, le 28/02/2017 - 07:30 / modifié le 27/02/2017 - 19:05


A leur tour, les Restos du Cœur d’Angers ont ouvert en janvier un créneau destiné aux étudiants dans le besoin. Une réalité sociale méconnue, elle-aussi en progression sur la région angevine.



Le bar des Restos du Coeur. Un moyen pour les bénévoles pour nouer les échanges avec les bénéficiaires.
Le bar des Restos du Coeur. Un moyen pour les bénévoles pour nouer les échanges avec les bénéficiaires.
Mercredi 25 janvier, 17h45, 11 rue du Mail. La voix d’une bénévole perce le silence de la salle d’attente des Restos du Cœur d’Angers : « Et bah ! Il y a beaucoup de monde ce soir ! » Et se rattrape aussitôt : « Mais rassurez-vous, vous êtes les bienvenus ici. » Dans la pièce, une demi-douzaine d’étudiants. Têtes basses, à commencer par ce jeune homme, proprement tétanisé depuis qu’il a appris l’objet réel de notre présence. « Désolé, je n’aime pas du tout parler » a t-il poliment décliné notre proposition d’échange.

Au libre-service un peu plus loin, les premiers arrivés terminent de remplir leurs cabas, aiguillés dans les rayons par des bénévoles, pour la plupart étudiants eux-aussi. Pas un hasard. « On a constitué une équipe d’une douzaine de jeunes, quasi exclusivement des nouveaux pour créer une dynamique et de l’échange. On aime bien ça aux Restos » explique Louis, le responsable (retraité) de ce service, lancé au début du mois de janvier, à la suite d’une concertation avec le Crous (Centre régional des œuvres universitaires), les deux universités et les deux autres associations angevines déjà impliquées au soutien alimentaire du public étudiant : le Secours Populaire et Croqu’Etudiant. « On s’était aperçu que de plus en plus d’étudiants se présentaient lors des créneaux d’ouvertures habituels, en mordant probablement sur leurs cours pour pouvoir être là » prolonge-t-il. « Il y a 4 ou 5 ans, on n’en voyait pas du tout, prolonge Estelle, l’une des rares anciennes de l’équipe, Et depuis quelques années, ils sont là parmi des bénéficiaires de plus en plus jeunes. »
 
"​J’en vois qui ne sont pas bien parce qu’ils n’ont pas mangé ou parce qu’ils sont parfois perdus avec leur droits et leur budget. Il y a ceux aussi qui n’ont pas de quoi payer une consultation." Nathalie Bechet, infirmière à l'UCO
« Ça correspond bien à un besoin d’une partie de nos étudiants pour qui même le restaurant universitaire à 3,5€, ça finit par revenir cher sur une semaine, confirme Anne-Sophie Hocquet, vice-présidente de l’Université d’Angers, en charge de la politique sociale, D’abord nos effectifs augmentent de façon générale et sur 80% d’une classe d’âge, il y a forcément des jeunes dans le besoin. Ensuite, parce on sait que le nombre d’étudiants étrangers en grande précarité est en progression. »

Confirmation ce mercredi, rue du Mail, où les étudiants africains sont en majorité parmi la vingtaine de bénéficiaires accueillis. Parmi eux, Christian, 21 ans, originaire du Congo Kinshasa et en 3e année de licence économie et gestion à l’Université catholique de l’Ouest. Victime il y a quelques jours d’une arnaque sur un site de recrutement, il a perdu l’essentiel de ses économies là où il pensait décrocher un job d’homme de maison pour payer son loyer. « C’est un peu dur à avaler. J’avais décidé cette année d’abandonner le petit studio que j’occupais l’an passé pour quelque-chose d’un peu plus confortable, en bossant à côté, confie Christian, Mes parents m’ont déjà aidé pour les frais de scolarité, j’ai porté plainte et en attendant, il faut bien vivre. » Avec l’espoir pour Christian, ne devoir faire appel aux Restos que provisoirement.

Infirmière depuis neuf ans à l’Université catholique de l’Ouest, Nathalie Bechet, estime elle-aussi, vu de sa fenêtre, que la précarité a progressé parmi les étudiants. « Oui, on ressent cette évolution, souvent accentué par des ruptures familiales. J’en vois qui ne sont pas bien parce qu’ils n’ont pas mangé ou parce qu’ils sont parfois perdus avec leur droits et leur budget. Il y a ceux aussi qui n’ont pas de quoi payer une consultation. On essaye de les orienter aux mieux. » A son niveau, en plus des services mentionnés ci-dessus, elle n’hésite pas « à faire la promo des filets solidaires (proposés par le CCAS, via les Jardins de Cocagne), parce qu’au moins ils y trouveront des fruits et des légumes qui les changeront des pâtes. ». Tous services connus, ils seraient près d’une centaine d’étudiants à fréquenter les différentes distributions alimentaires qui leurs sont dédiées sur Angers. 



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