"Face aux attentats, une réponse citoyenne s'impose, pas un "tout sécuritaire"

LA TRIBUNE DU LUNDI - #TRIBUNE DU LUNDI


Rédigé par Collectif « Nous ne céderons pas 49 » - Angers, le 04/04/2016 - 08:09 / modifié le 11/04/2016 - 13:30


A Angers, le collectif « Nous ne céderons pas 49 » s'est créé il y a un mois et demi suite à un appel national pour réagir face à l'état d'urgence et la déchéance de nationalité. Ce collectif organise sur tout le territoire angevin des rassemblements, des débats et va à la rencontre des citoyen-ne-s. Il signe [La Tribune du Lundi].



"Les violences auprès de lycéens et étudiants sont particulièrement récurrentes depuis notre entrée dans l’État d'urgence. Ces derniers n'affirmant pourtant que leur droit à la grève", estime le collectif angevin.
"Les violences auprès de lycéens et étudiants sont particulièrement récurrentes depuis notre entrée dans l’État d'urgence. Ces derniers n'affirmant pourtant que leur droit à la grève", estime le collectif angevin.
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Derrière l'état d'urgence et la montée d'un climat sécuritaire au mépris des libertés, ce sont des choix de société qui s'opposent. Nous devons réfléchir aux causes et aux réponses que notre société doit apporter aux attentats de Paris, Saint Denis et ailleurs mais la réponse gouvernementale est dangereuse.

Les attentats abjects de Bruxelles le montrent : face au terrorisme qui joue des peurs, attise les haines et cherche la guerre civile, c'est une réponse citoyenne qui s'impose, pas  un refuge dans un "tout sécuritaire" illusoire et dangereux pour les libertés. La réponse apportée, par l'escalade militaire et le tout sécuritaire, met à mal la démocratie. Plus qu'inutile, cette évolution est dangereuse.
 
  • Pour les libertés individuelles :
 
La réponse gouvernementale au risque d'attentat se fait par une escalade sécuritaire qui n'est pas synonyme de sécurité mais d'une concentration dangereuse du pouvoir du côté de l'exécutif, remettant en cause le principe fondamental de la séparation des pouvoirs.

L'état d'urgence supprime le contrôle judiciaire et autorise des perquisitions administratives abusives. Ceci s’ajoute à l’attirail de mesures juridiques qui se sont accumulées depuis 10 ans et ont provoqué la concentration des pouvoirs.
La réduction des libertés publiques qui en découle ne réduira malheureusement en rien la menace terroriste.
 

Pascal Bouvier, secrétaire départemental de la CGT, Françoise Dumont, Présidente nationale de la ligue des droits de l'homme, Catherine Jamil, Norine Idir, Secrétaire national du mouvement des jeunes communistes, et William Martinet, Président national de l'UNEF, lors de la soirée publique du 10 mars à la bourse du travail d'Angers.
Pascal Bouvier, secrétaire départemental de la CGT, Françoise Dumont, Présidente nationale de la ligue des droits de l'homme, Catherine Jamil, Norine Idir, Secrétaire national du mouvement des jeunes communistes, et William Martinet, Président national de l'UNEF, lors de la soirée publique du 10 mars à la bourse du travail d'Angers.
Après plus de 4 mois d’État d'urgence (3396 perquisitions, 406 assignations à résidence, 382 interpellations, 332 garde à vue...pour seulement 5 procédures pour terrorisme (voir ici et ), le bilan est lourd en termes d'atteintes aux droits fondamentaux, à la liberté de manifestation et d'expression des mouvements sociaux. C'est dans ce climat d'atteinte aux libertés que les syndicalistes de Goodyear ont été condamnés comme de vulgaires criminels.
 
Le climat de répression suite à l’État d'urgence est également palpable depuis le début des manifestations contre la loi travail présentée par la ministre El Khomri. Ce sont aujourd'hui les jeunes, s’organisant en Assemblée générale étudiante ou participant aux manifestations, qui en sont les premières victimes.

En l'espace de quelques semaines, de nombreuses intimidations et violences policières ont eu lieu devant les lycées et campus. C'est le cas notamment à Strasbourg et Paris 1. Dans de nombreuses villes, la réponse à la contestation massive des jeunes se traduit par l'envoi de CRS jusque sur les lieux d'enseignements. Les violences auprès de lycéens et étudiants sont particulièrement récurrentes depuis notre entrée dans l’État d'urgence. Ces derniers n'affirmant pourtant que leur droit à la grève.
 
C'est aussi dans ce climat que les citoyens opposés à la politique de colonisation de l'Etat d'Israël, militants pour une paix juste et durable ont été condamnés pour avoir appelé au boycott d'Israël. Le premier ministre amalgame de façon honteuse l'antisémitisme, qui doit être combattu, avec la critique politique de l'Etat d'Israël menée par les citoyens et a annoncé de nouvelles dispositions législatives permettant de la réprimer. Ces mesures liberticides ne peuvent qu'aggraver les fractures dangereuses de notre société.
Les tas d'urgences actuelles sont les urgences démocratiques, sociales et écologiques ! 

Aller jusqu'à inscrire l'état d'urgence et la déchéance de nationalité dans la constitution, cela révélait une  tentative de modifier la Constitution en adoptant une thématique d’extrême droite et en y introduisant un régime d’exception de plus qui divise, tandis que des franges de plus en plus larges de la population aspirent à un vrai changement et à exprimer leurs attentes en termes de droits et d'alternatives ! Nous déplorons que le gouvernement, sa majorité et l’opposition poursuivent leurs efforts pour limiter un peu plus nos libertés au travers du projet de loi sur la réforme de la procédure pénale.

 
  • Pour les libertés collectives
 
A Angers, pendant la COP 21, trois marches pour la justice climatique furent interdites. L’État d'urgence fut l'un des motifs de cette interdiction. Tandis que le marché de Noël battait à plein, ces mesures visaient non pas à garantir plus de sécurité mais à bâillonner l'expression des mouvements sociaux.
 
Si ces nouveaux pouvoirs donnés à l'exécutif ont permis de bâillonner les aspirations populaires pendant la COP21, ils pourront être utilisés pour tenter de contrer la montée des mouvements sociaux et seront une arme redoutable entre les mains d'un pouvoir autoritaire. 

A ce climat sécuritaire s'ajoute la montée des racismes et des stigmatisations dans la société, stigmatisations faites d'amalgames qui ont été  renforcées et même institutionnalisées avec la volonté de déchéance de nationalité. Ni la version de l’Assemblée Nationale, ni la version du Sénat n'étaient acceptables. Notre collectif appelle les citoyen-nes et les élu-e-s, suite à l'abandon de la constitutionnalisation de l'état d'urgence et de la déchéance de nationalité, à s'opposer aux reconduites de l'état d'urgence.
 
Le collectif a constitué un observatoire des dérives liées à l’état d’urgence. Il invite les citoyen-nes à lui communiquer les faits avérés d’atteinte aux libertés sur l’adresse : nousnecederonspas49@gmail.com .
Les tas d'urgences actuelles sont les urgences démocratiques, sociales et écologiques !

Le collectif « Nous ne Céderons pas » du Maine et Loire est composé de l'association des Anciens Appelés en Algérie et leurs Amis Contre la Guerre, l'association France-Palestine Solidarité, le Syndicat des Avocats de France, ATTAC, la CGT, la Cimade , Espaces Marx Anjou, Europe Ecologie Les Verts, la FSU, l'association des amis angevins du Front de Gauche, la Ligue des Droits de l'Homme, Le Mouvement de la paix, le MJCF, le MJS, Nouvelle Donne, le NPA, le PCF, le PG, le planning familial, Survie, l'UNEF, l'UNL ainsi que de citoyennes et citoyens.












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