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On en cause ...
Faut-il que jeunesse se passe ?Rédigé par Yannick Sourisseau - le 11 Novembre 2009 à 10:11
La rue Bressigny à Angers va-t-elle devenir la « rue de la soif », c'est-à-dire un lieu où l’on peut déambuler de bar en bar, jusqu'à sombrer dans l’alcoolémie la plus sévère ? Chaque soir des hordes de jeunes envahissent les bars situés à proximité du boulevard Foch, passant de l’un à l’autre, la pinte de bière à la main, hurlant, se bagarrant et injuriant ceux qui passent à proximité.
C’est désormais devenu une habitude, les deux bars situés au début de la rue Bressigny, coté centre ville, sont envahis dès la fin de l’après midi par des jeunes, étudiants pour la grande majorité, qui s’adonnent à la boisson alcoolisée. « Avant c’était le samedi soir, désormais c’est tous les soirs et ça dure une partie de la nuit, sans que la Police intervienne » disait une habitante du quartier visiblement remontée.
Avant il y avait le Falstaff, un bar où l’on pouvait boire un verre entre amis, dans une ambiance musicale un peu enlevée, jusqu’à 2 h du matin. Ancien restaurant, le Soft Bar situé en face organise des soirées étudiantes et des « happy hours », littéralement des « heures joyeuses » où à partir de 18h on peut passer de bons moments entre amis, à boire, justement. D’ailleurs les étudiants de l’ESSCA (École Supérieure des Sciences Commerciales d'Angers) s’en sont même fait une spécialité en donnant ce nom au BDE (bureau des étudiants) de leur école . Ces derniers ont fait la une des journaux locaux pour des soirées un peu trop arrosées. C’est le prix relativement bas de la boisson, de la bière pression en pinte, soit un demi-litre, qui fait le succès de ces bars. Pour à peine un Euro le verre, les jeunes clients peuvent boire toute la soirée sans faire une grosse entorse à leur porte monnaie. S’ajoute à cela quelques verres d’alcool fort, vodka, tequila, un ou deux joints de cannabis, et « c’est parti pour une véritable soirée de défonce » disent les plus accros à ce type de soirée. Bien sûr, si l’on peut regretter ce genre d’abus, certainement préjudiciable à ces jeunes adultes, ils se déroulaient auparavant dans des endroits clos, loin de la vue de tout le monde. Mais depuis la loi interdisant de fumer dans les lieux publics, ces mêmes jeunes campent désormais sur les trottoirs, pour fumer, mais aussi pour boire. Effet recherché ou pas, les différents produits absorbés au cours de la soirée ne font pas bon ménage. Ces soirées de beuveries à répétition se terminent le plus souvent par des bagarres entre garçons et même entre filles quand ce ne sont pas les injures et le manque de respect aux personnes qui souhaitent se frayer un chemin au milieu de cette foule alcoolisée. Récemment c’est un homme qui partait au travail à vélo qui en a fait les frais. Parce qu’il n’avait pas de cigarettes à offrir, il été roué de coups par des jeunes fortement éméchés. L’affrontement a été si violent qu’il a failli y perdre un œil. La ligne rouge est désormais franchie. « Leur attitude laisse prévoir quels genres de cadres ils deviendront. Dans cette société qui nie les valeurs de respect et de solidarité, ces jeunes s’en donnent à cœur joie. Ne soyons pas surpris de la souffrance actuelle des salariés des grandes entreprises qui subissent la pression de jeunes cadres formés à la culture du résultat plus qu’au respect des êtres humains » dénonçait une dame dans les colonnes du Courrier de l’Ouest (vous avez la parole), a propos des étudiants de l’ESSCA. Les plus tolérants diront : « Il faut que jeunesse se passe … ». Mais à quel prix ? Dans la même rubrique :
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