Fernand Pouillon : mais qui-est ce ?


Rédigé par Sabine Tardif - Angers, le Jeudi 20 Mai 2010 à 09:27


La Maison de l’Architecture des Territoires et du Paysage située à Avrillé, près d’Angers, propose en ce moment une exposition sur Fernand Pouillon. Une conférence a eu lieu le 20 mai. Un colloque portant essentiellement sur cet architecte peu connu du grand public, son activité d’éditeur et de grand amateur de livres, dans la tradition d’artiste des architectes, est prévu le 21 mai.



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Pourquoi faire un évènement sur ce personnage qui a défrayé la chronique à son époque et en même temps passionne ses admirateurs ? En effet, Pouillon a été rendu célèbre surtout par le fait qu’il a été victime d’une faillite retentissante pour son opération « le point du jour » à Boulogne. Il a même été emprisonné dans cette affaire après une courte cavale.

Ce n’est pas cet aspect du personnage à plusieurs facettes qui intéresse bien entendu Monsieur Lucan, auteur de cette conférence et commissaire de l’exposition.

Son intervention érudite pour un néophyte éclaire l’exposition et rappelle la clé de lecture qu’il faut retenir lorsqu’on parle de Pouillon : ce n’est pas un architecte moderne de plus, il est précisément un homme à contre-courant.

Il a soigneusement ignoré le courant moderne, représenté par le célèbre architecte Le Corbusier.
Pour Monsieur Lucan, Fernand Pouillon est « le dernier architecte du 19e siecle », dans la lignée d’un Violet le Duc par exemple, alors qu’il est né en 1912 et est mort en 1986, il est en quelque sorte anachronique pour ses détracteurs. Il refuse notamment le plan libre, inventé par les modernes, pour défendre la notion ancestrale de la « pièce » : élément d’architecture fermé entre quatre murs. Notion on ne peut plus classique, qui a été dépassée par les modernes dans le plan des logements, où on peut avoir plusieurs fonctions dans une seule pièce, dans les « open spaces » de bureaux, ou même encore aujourd’hui dans la décoration intérieure où « on joue avec les espaces ».

Pouillon est un adepte de l’espace fermé aussi dans les lieux publics, et ses bâtiments constituent toujours autant que possible des places ou des squares, et non des éléments isolés dans un lieu ouvert.

Que nous apprend ce personnage ? Il rend peut-être plus accessible l’idée de « grands ensembles », ces constructions de l’après-guerre destinées à loger le plus grand nombre dans l’urgence des destructions en les rendant moins révolutionnaires. Ses barres et ses tours construites en pierre et selon un urbanisme plus familier de nos références culturelles peuvent peut-être réconcilier le grand public avec ce qu’on appelle les grands ensembles. Son opération « le Point du jour » à Boulogne est aujourd’hui un quartier prisé ; ce qui ne tient pas seulement à la qualité de l’architecture mais aussi au standing et à la situation de proche banlieue parisienne.

L’exposition est toujours visible jusqu’au 13 juin 2010, l’entrée est libre.











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