Festival Cinémas d'Afrique : le cinéma africain vu par les lycéens de Renoir


Rédigé par Loa et Chloé - Classe de 1ere ciné Renoir à Angers - Angers, le Samedi 30 Mai 2015 à 14:10


Découvrir un autre cinéma, d’autres cultures, c’est l’occasion qu’ont saisie, vendredi dernier, les élèves de première de l’option cinéma audiovisuel du Lycée Auguste et Jean Renoir à Angers. Dans le cadre du 15e Festival Cinéma d’Afrique, ils ont pu assister à la présentation de deux films en compétition et s’entretenir avec les réalisateurs.



Aïsha Macky et Jean-Pierre Bekolo, à l'issue de la rencontre avec le public.
Aïsha Macky et Jean-Pierre Bekolo, à l'issue de la rencontre avec le public.
la rédaction vous conseille
Savoir faire le lit de la nigérienne Aïcha Macky est un documentaire. La réalisatrice y aborde l’art de la séduction et pose la question de la sexualité, sujet encore tabou dans son pays. Le titre est tiré d'une expression employée au Niger pour désigner l'art de la séduction.

À son arrivée au Sénégal, dans le cadre de ses études cinématographiques, Aïcha a été particulièrement frappée par les femmes, leur démarche, leur façon de parler. Ce film lui aura permis, une comparaison, entre son pays, le Niger et le Sénégal. Elle aura remarqué que ces deux pays, africains et musulmans, ne posent pas sur les femmes un même regard. Là où les Nigériennes ne semblent pas savoir ce que sous-entendait « savoir faire le lit », les Sénégalaises abordent librement le thème de la sexualité.

Nous avons pu alors découvrir cette « partie cachée » de la culture sénégalaise. Le port de différents pagnes selon l’heure de la journée, les rites de transmission de la mère à la fille avant qu’elle ne se marie, la signification des perles associées à la féminité… Nous avons également été surpris d’assister au rituel du massage d’un nouveau-né de sexe féminin. Ce rituel permet de sculpter le corps de la femme pour qu’elle ait des formes plus tard. On lui masse le dos, les bras, les jambes au beurre de karité, on lui masse les fesses pour lui donner des formes, les joues pour leur creuser des fossettes, on les tient par la tête pour leur agrandir le cou…

La caméra portée nous immerge dans la vie de ces femmes, leur culture. On admire le courage qu’a eu la réalisatrice d’aborder un sujet tabou dans son pays, faisant ainsi de son film un témoignage poignant d’un monde qui peut nous être inconnu.

Le second film visionné est un long-métrage engagé de Jean-Pierre Bekolo intitulé Le Président. Le réalisateur aborde la question du pouvoir en place au Cameroun dans lequel le président actuel est à la tête du pays après 33 ans au pouvoir, dans un règne monarchique. Dans le film, entre documentaire et fiction, le président du Cameroun disparaît quelques jours avant les élections. Une enquête s’ouvre alors pour tenter de découvrir la cause de cette disparition.

La forme narrative est bien singulière, sous forme de reportage, mais certains éléments peuvent parfois être difficile à assimiler. La rencontre avec le réalisateur nous a ainsi permis de résoudre certaines questions qui restaient non élucidées. Il nous informe qu’il a fait le choix de tourner son film lentement pour instaurer de la longueur, métaphore de la durée du mandat du président Camerounais et de ce qu'éprouvent les camerounais. Il nous informe également que les prisonniers que l’on peut voir dans le film sont en fait des prisonniers politiques, des ministres. Et si le président part, qu’adviendra-t-il de ces puissants prisonniers ? La question reste en suspens.

En réponse à nos questions, Jean-Pierre Bekolo nous a appris que ses acteurs sont des inconnus mélangés à de réelles « personnes » tel que le chanteur de rap camerounais Valsero, lui même engagé dans l'opposition au pouvoir. Deux chansons du rappeur rythment le film. J.P Bekolo trouve en effet intéressant de montrer que dans son film tout n’est pas fictif mais que sur place , il y a bien des gens qui luttent, mènent des actions pour dénoncer le gouvernement en place. Il dénonce une réalité, donnant du poids aux paroles des chansons, qui prennent ainsi du sens et de l’ampleur. Certains acteurs du tournage n’avaient d’ailleurs pas idées de ce que représentait ce film, de sa forme non conventionnelle et de son engagement. En effet, certains ont même appelé le réalisateur, refusant la diffusion de leur image. Il est important de préciser qu’au Cameroun, le film « Le Président » est censuré.

J-P Bekolo s’est ainsi aperçu que lorsque l’on parle du président, on parle presque d’une figure sacrée, qu’il est difficile de critiquer. Jean-Pierre Bekolo ose, dans un film qui est comme un cri, s'en prendre directement à la tête de l'Etat. Il prend à son compte les paroles de Valsero dans sa chanson « lettre au président » et défend que « quand le corps est malade, c’est que la tête ne va pas bien ».

Le festival du cinéma d’Afrique est une occasion de permettre la diffusion d’un cinéma trop peu connu, d’une culture différente de la culture occidentale. C’est un partage enrichissant, qui nous permet de découvrir d'autres cultures, d'autres situations économiques et politiques. Il est agréable de le retrouver tous les deux ans.













Angers Mag












Angers Mag : RT @LeQuai: N'oubliez pas d'aller voir #AdishatzAdieu ce soir. Vous nous remercierez demain. #Theatre #JonathanCapdevielle #Angers RESA 02…
Mardi 6 Décembre - 13:55
Angers Mag : A Angers, Montessori a pris racines: Porté par des éducateurs convaincus, les méthodes... https://t.co/bXNDdgyLpz https://t.co/nar3Qs6vye
Mardi 6 Décembre - 07:30
Angers Mag : #Angers Le directeur de Keolis Angers a été licencié pour fautes graves https://t.co/n6HJqX081U
Lundi 5 Décembre - 15:10
Angers Mag : Keolis Angers : Christophe Reineri a été licencié pour fautes graves: Trois semaines... https://t.co/d3ujV5hSiJ https://t.co/cPMN0twREP
Lundi 5 Décembre - 15:01







cookieassistant.com