Festival International du Tourisme : « Un lien entre chercheurs et société civile »


Rédigé par Tiphaine CRÉZÉ - Angers, le 03/06/2017 - 08:05 / modifié le 07/06/2017 - 09:20


Rendre les travaux de recherche en tourisme visibles et intelligibles pour le grand public. Telle est l’ambition du premier Festival international du Tourisme d’Angers (15 au 17 juin), porté par l’Esthua - premier pôle de formation en tourisme d’Europe - et Angers TourismeLab. - laboratoire régional créé en 2015 qui vise à développer la recherche, la formation et l’innovation dans le secteur du tourisme. Philippe Duhamel, professeur de géographie à l’Université d’Angers, s’est vu confier sa coordination et explique les enjeux d’un tel événement.



Philippe Duhamel, professeur de géographie à l’Université d’Angers, et coordinateur de l’événement : « Je crois en la vertu du fun pour parler de quelque chose de sérieux. »
Philippe Duhamel, professeur de géographie à l’Université d’Angers, et coordinateur de l’événement : « Je crois en la vertu du fun pour parler de quelque chose de sérieux. »
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Comment est née l’idée d’un Festival international du Tourisme (FIT) à Angers ?
 
"C’est une idée ancienne, que j’ai en tête depuis quelques années et qui fait partie, dès l’origine, des actions prévues dans la volet Recherche-Formation-Innovation de l’Esthua. En tant que jeune doctorant, j’avais participé à la mise en place du Festival de Géographie de Saint-Dié-des-Vosges qui est désormais un événement essentiel à la communauté. En tant que géographe, il y a dans le Festival international du Tourisme d’Angers une filiation revendiquée avec celui de Saint-Dié."
 
Quelle importance revêt le Festival dans les actions menées par l’UFR Esthua, Tourisme et culture ?
 
"Aujourd’hui, il apparaît comme un outil de communication pour présenter nos actions : sortir du côté académique et reverser dans le côté « grand public ». Il y aura par exemple un colloque scientifique ouvert à tous afin que les gens puissent vivre l’expérience d’un colloque international en parallèle des conférences grand public. Cela oblige les académiques à savoir parler à tout le monde : le festival montre que les chercheurs sont en lien avec la société civile et ce lien entre l’académique et le grand public est quelque chose qui me tient à coeur. Mon objectif est que, dans 20 ans, le FIT devienne un événement. C’est une pierre dans la stratégie globale."
« Nous souhaitons apporter un avis éclairé et sortir des formules toutes faites, laisser le temps à la parole et développer la réflexion » 

L’Organisation mondiale du tourisme a fait de l’année 2017 celle du Développement durable. C’est également la thématique de votre première édition...
 
"Le développement durable est présent partout, c’est la clé de voûte pour développer et aménager le territoire. Ce thème nourrit toute une filière du touristique : le tourisme alternatif, responsable, équitable… Mais il produit aussi des contre-exemples : Dubaï en est un, même si les Dubaïotes disent qu’ils font du développement durable.
Ce thème est déjà très présent dans les enseignements de l’Esthua et nous ouvrons à la rentrée prochaine un Master avec une spécialisation dans le développement durable : c’est la plus grosse inscription aujourd’hui !
Pendant le Festival, nous voulons y apporter un regard critique autour de deux cycles de conférences : « Développement durable et tourisme » et « Tourisme, développement durable et pays du Sud ». Nous souhaitons apporter un avis éclairé et sortir des formules toutes faites, laisser le temps à la parole et développer la réflexion, dans un objectif qui est aussi citoyen."
 
L’Indonésie est le pays invité du FIT, pour quelles raisons ?
 
"C’est un partenaire fort de l’Esthua depuis longtemps. Nous avons un soutien important de l’ambassade. Autour de l’Indonésie, nous allons mener des actions périscolaires, inviter des danseurs et des artistes et organiser un cycle de conférences.
Il était important de croiser un thème, le développement durable, avec un lieu, l’Indonésie : le pays est la couleur du festival. Je crois en la vertu du fun pour parler de quelque chose de sérieux."

Trois temps forts du Festival international du tourisme
1 - La projection de « Mange, Prie, Aime » de Ryan Murphy en partenariat avec les 400 Coups.
« Il y a dans ce film, qui se déroule en Italie, en Inde et en Indonésie, un certain nombre d’images et d’idées reçues sur ces pays. L’idée est de les pointer, les déconstruire et les mettre en perspective. J’aimerais qu’il y ait encore plus de films projetés l’année prochaine. On pourrait par exemple croiser la trilogie des « Camping » avec « La Distinction » de Pierre Bourdieu… »

Au cinéma Les 400 coups, jeudi 15 juin, 19 h 45. Entrée payante, au tarif d’une place de cinéma.  
 
2 - Les cafés-touristiques.
« Des auteurs vont présenter leurs ouvrages, en lien avec le tourisme, dans différents cafés de la ville. C’est une prise de risque pour l’auteur de se trouver très proche de son public et c’est à nouveau une manière de créer du lien. Cette idée est née du fait que je souhaitais que le FIT soit dans la ville, irrigue le territoire. »

Emmanuelle Peyvel : L’invitation au voyage, Géographie postcoloniale du tourisme au Việt Nam. Café Same Same, samedi 17 juin, 15 h.
Michel Picard Kebalian. La construction dialogique de l’identité balinaise. Café Same Same, samedi 17 juin, 16 h.
Bernard Toulier. Le balnéaire, de la Manche au Monde. Café des Orfèvres, samedi 17 juin 15 h.

 
3 - Le Salon du livre et des guides. 
« Mon ambition est que ce soit le lieu où tout le monde se croise : éditeurs académiques, grand public et professionnels autour d’ouvrages reprenant les thèmes du tourisme, du voyage et du développement durable. »

Centre des congrès, vendredi 16 et samedi 17 juin, 9 h 30-19 h
 
Programme complet du Festival international du Tourisme sur le blog dédié .












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