Festival d’Anjou : Brasseur et Chesnais en maitres de la tartufferie


Rédigé par - Angers, le 22/06/2012 - 09:53 / modifié le 22/06/2012 - 09:53


Clôturant la semaine Molière au Plessis-Macé (Angers), la réussite du Tartuffe mis en scène par Marion Bierry, tient pour beaucoup à la présence de comédiens de talents tels que Claude Brasseur, Patrick Chesnais et Chantal Neuwirth, véritables enfants de Molière. Satire de l’hypocrisie, Tartuffe, comédie que Louis XIV avait fait interdire, est plus que jamais d’actualité.



Claude Brasseur et Patrick Chesnais, hier soir sur la scène du Plessis-Macé
Claude Brasseur et Patrick Chesnais, hier soir sur la scène du Plessis-Macé
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Le Tartuffe ou l’Imposteur est une comédie en cinq actes présentée au Roi, à Versailles, le 12 mai 1664 dans le cadre des quatre jours de jeux et de spectacles. Après l’école de femmes, une satire du mariage catholique, Molière s’est attaqué aux dévots, très présents à la cour, lesquels critiquaient le libertinage des mœurs et notamment les amours adultères du roi, le luxe, la fête permanente et même la politique du royaume.

Si cette comédie avait fait sourire Louis XIV il dut, à la demande de l'archevêque de Paris, interdire à Molière d'en donner des représentations publiques.

Mais, qui ne souffre pas de l’hypocrisie de tous ceux qui nous entourent, ceux qui se disent amis et n’ont de cesse de nous trahir ? N’agissant pas en bien-pensant ou moraliste, dans Tartuffe, Molière combat l’imposture en faisant rire le public des bassesses de l’humanité.

Étudié en classe par chacun de nous, Tartuffe a fait l'objet de nombreuses adaptations théâtrales au fil de siècles. Entre passions, rebondissements et rires, cette comédie sur laquelle le temps n'a aucune prise, se révèle finalement très divertissante.

« Le Tartuffe est l’une des plus brillantes comédies de Molière. Rien n'est plus drôle que le tragique surmonté. Pour se faire entendre, la pièce doit être servie par une fantaisie, une morgue, une liberté dans le jeu, le mouvement et l'esthétique. Molière a ouvert la voie de la modernité, celle qui ne saurait s'assujettir à aucune mode, à aucun dogme, surtout pas ceux de la morosité », écrit Marion Bierry, celle qui l’a mise en scène, dans sa note d’intention.

Pour donner de la consistance à sa pièce elle a fait appel à des comédiens de talent, dont Patrick Chesnais qui, à 65 ans, endosse le costume d’un Tartuffe plus trompeur que jamais. Malin, facétieux, on lui donnerait le bon dieu sans confession. « Ah ! Pour être dévot, je n'en suis pas moins homme », s’exclame Tartuffe qui, après avoir trompé Orgon (Claude Brasseur) et sa famille sur le plan successoral, fait des avances insistantes à sa femme. Patrick Chesnais se retrouve donc face à un autre monstre sacré, des planches, du grand et du petit écran et ces deux-là ont un tel palmarès qu’ils ne peuvent que convaincre le public.

« Les petits enfants de Molière », comme les appelle Marion Bierry, forment un duo de comédiens exceptionnels qui n’ont pas failli hier soir sur la scène du Plessis-Macé, avec de belles envolées comme on les aime, de la tromperie servie à la petite cuillère et des personnages attachants, comme Dorine (Chantal Neuwirth), la servante au franc parler, pleine de bon sens.

La pièce se termine dans la joie, car sur ordre Royal, l’acte de donation à Tartuffe est annulé. Orgon donne la main de sa fille Mariane (Emilie Chesnais, fille de Patrick Chesnais), à Valère (Guillaume Bienvenu), son amant. Au début, tombé sous le charme de Tartuffe, il envisageait de lui confier sa fille.




Yannick Sourisseau
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1.Posté par Anthony le 25/06/2012 12:54 | Alerter
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De bien beaux acteurs s'il en est pour un festival qui se déroule dans de magnifiques lieux, mais qui hélas est trop peu médiatisé par rapport à Avignon ou Ramatuelle.















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