Festival d’Anjou : Edouard Baer sauve la France


Rédigé par - Angers, le 29/06/2012 - 14:59 / modifié le 29/06/2012 - 15:25


Après Nîmes où il avait monté son nouveau spectacle au pouvoir décapant dont il détient le secret, Edouard Baer est de retour au Festival d’Anjou pour trois soirées, aux Arènes de Doué la Fontaine (49) avec « C'est beau, c'est grand, c'est généreux... la France », ou plutôt « A la française », le titre ayant changé entre temps. Il est comme ça Edouard Baer, ses spectacles sont toujours en perpétuel mouvement, comme lui.



Atmen Kelif , Edouard Baer, Papinou et Leila Bekhti sur la scène des arènes de Doué la Fontaine
Atmen Kelif , Edouard Baer, Papinou et Leila Bekhti sur la scène des arènes de Doué la Fontaine
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Après « Miam Miam », présenté il a deux ans au Festival d’Anjou, Edouard Baer est de retour pour trois jours sur la même scène des arènes de Doué la Fontaine, avec « A la française », un spectacle toujours aussi délirant, sur un sujet qui aurait fait fureur en pleine campagne présidentielle. Ces dernières ne sont pas si éloignées alors ça marche encore.

Ce qui est bien avec Baer, c’est qu’on ne sait jamais si c’est du lard ou du cochon, tellement ce doux dingue, avec sa verve prodigieuse et son humour communicatif est capable de tourner en dérision tout ce qui l’entoure, même les choses les plus graves.

Accompagné de sa célèbre marionnette « Papinou », son jambon à pattes comme il l’appelle, ce phénomène qui passe des plateaux de télévision aux planches avec la même décontraction, monte ses spectacles comiques un certain recul sur les événements, en toute indépendance, loin de l’ordre établi.

Edouard Baer s’amuse, le reste de la troupe aussi, avec un spectacle dont on se demande encore s’il a couché le moindre texte sur le papier tant il donne l’impression d’improviser à chaque fois, en fonction de ses humeurs, de l’environnement et de l’attitude des comédiens. Un mot, un bruit, un événement et voilà Edouard Baer parti dans des délires satiriques qui n’épargnent personne, pas même les spectateurs.

Avec « A la française » qui s’appelait initialement « C'est beau, c'est grand, c'est généreux... la France », Edouard Baer alias « Luigi », comme dans « Miam Miam », a trouvé son terrain de prédilection. La France avec ses villes, ses banlieues, ses campagnes, la sécurité sociale, ses bistrots, ses manifs, ses kebabs et ses pizzérias, la France, cette mal aimé, pays de richesses gastronomiques toujours arrosées de sauce et de bon vin, a besoin que l’on se penche sur son chevet. Et le sauveur désigné, à l’instar de Jeanne d’Arc, c’est justement Luigi. Dès lors on peut craindre le pire. Et le pire viendra.

Luigi va donc devoir inventer un spectacle avec son équipe de « bras cassés », tous aussi déjantés que lui. Pendant près de deux heures il va pleuvoir des hallebardes de mots bien frappés sur un pays que même ses habitants ont parfois du mal à aimer.

Entouré de ses fidèles compagnons : Lionel Abelanski (Rambert), Alka Balbir (Emilie), Patrick Boshart (Pat), Jean-Philippe Heurteaut (Pianiste), Atmen Kelif (Arouel), Guilaine Londez (Guilaine), mais aussi de Leila Bekhti (Lilouche) et Vincent Lacoste (Jean-Pierre), deux petits nouveaux dans cet univers vitriolé, Edouard Baer va se payer une bonne tranche… de jambon, quelques chansons grivoises, des verres de lait et de vin rouge, des clichés, des gags et quelques pieds de nez à la République pour le plus grand plaisir d’un public qui n'en finit pas de rire des ses jeux de mots.

Dans une mise en scène dynamique et des tableaux très colorés, aucun paysage, aucune catégorie sociale, aucune religion, aucune couleur, n’a échappé à la moulinette d’un Baer qui s’en donne à cœur joie pour faire rejaillir les petits détails qui tuent, sans jamais se prendre sérieux. Edouard Baer rie de tout, sans retenue, et chacun passe un merveilleux moment, ravi de retourner chez lui après avoir enfin osé regarder la douce France en face.




Yannick Sourisseau
Web Journaliste suivant plus particulièrement les technologies digitales Formateur technologies de... En savoir plus sur cet auteur















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