Festival d’Anjou : Marie Gillain en Vénus, une performance saluée par le public


Rédigé par - Angers, le Jeudi 25 Juin 2015 à 17:22


La « Vénus à la fourrure » a été l’un des spectacles littéralement pris d’assaut dès l’ouverture de la billetterie du festival d’Anjou. Cette comédie de David Ives, mise en scène par Jérémie Lippmann, a remporté deux Molières cette année, ceux de la meilleure pièce du théâtre privé et de la meilleure comédienne. Deux récompenses amplement méritées.



Nicolas Briançon - Marie Gillain, un tête à tête tourbillonnant
Nicolas Briançon - Marie Gillain, un tête à tête tourbillonnant
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Voir l’actrice Marie Gillain, en guêpière et talons aiguilles, tenir la dragée haute au directeur artistique du Festival d'Anjou -et comédien d'un soir- Nicolas Briançon, n’est pas dénué d’intérêt, d’autant qu’elle intervient dans un registre d’ingénue insolente, vulgaire, multipliant les « putain merde », femme fatale, auquel elle ne nous a pas habitué jusqu’alors. Pas étonnant donc qu’elle ait reçu le Molière de meilleure comédienne, pour sa performance tout à fait inattendue dans la "Vénus à la Fourrure".
 
« Cette pièce diabolique dans sa structure et redoutable dans ses rapports de force entre un homme et une femme, drôle, très drôle même », comme le soulignait le metteur en scène lors d’une interview, commence par l’arrivée, dans un décor fait d’un rideau en lambeau, d’un  canapé et quelques éclairages, du metteur en scène newyorkais Thomas Novachek (Nicolas Briançon). Ce dernier vient d’adapter « La Vénus à la fourrure », tirée du livre de Sacher-Masoch.
 
Alors qu’il s’apprête à quitter son théâtre après une journée à la recherche d’une comédienne, voici que débarque Vanda, une ancienne prostituée titulaire du « Théâtre de l’Urinoir … » qui cherche à se faire une place. Haute perchée, mini-jupe en cuir, les cheveux ébouriffés, collier de chien autour du cou, lourdement maquillée, mâchant un chewing-gum, elle insiste pour que Thomas lui fasse passer un casting.
 
Mais le metteur en scène doit rejoindre sa petite amie et n’a pas bien envie d’écouter cette jeune femme délurée que rien ne semble vouloir arrêter. Il en faudrait plus pour la décourager. Alors il se laisse convaincre et demande à Vanda de jouer quelques passages.
 
S’en suivent alors quelques joutes verbales et des mots de la rue qui ont dû faire pâlir les personnes de bonne morale. Car la belle Vanda n’a pas froid aux yeux. Elle tente le tout pour le tout pour attirer l’attention, se jetant à moitié nue sur lui, en mimant des situations érotiques.

Un jeu de scène magistral, étourdissant même …

Marie Gillain dans un régistre inhabituel qui lui sied bien
Marie Gillain dans un régistre inhabituel qui lui sied bien
S’en suit un jeu de séduction et de domination entre l'homme et la femme, le metteur en scène et la comédienne. « De toute façon, vous n'avez rien à m'apprendre sur le sadomasochisme, je fais du théâtre », lui assène Vanda, beaucoup moins gourde et vulgaire à mesure que progresse la pièce.  Manipulatrice, elle réussit même à inverser les rôles, devenant à son tour metteur en scène, dominant Thomas Novachek, au point de lui  passer à son tour le collier de chien. Celui-ci résiste un peu : «Comment vous pouvez le jouer aussi bien et être aussi conne ? », lui répond-il en rampant à ses pieds.
 
Mais que cherche vraiment Vanda ? Veut-elle régler un compte avec la société, avec les hommes plus particulièrement ? On ne sait pas vraiment, mais le jeu de scène entre les deux comédiens est magistral, étourdissant même. Et c’est ce qui sauve cette pièce. Quant à Marie Gillain, à la gouaille inépuisable et sexy à la fois, elle semble très à l’aise dans sa guêpière, tout en laissant planer le doute. Le public s’amuse des mimiques et de la répartie de de la comédienne -laquelle mérite amplement son Molière- mais aussi le côté intellectuel bourgeois de Nicolas Briançon qui se transforme en valet au service de la belle pour mieux exacerber son fantasme de metteur en scène.
 
 « La Vénus à la fourrure » avait intéressé Roman Polanski, qui en fit un film avec Emmanuelle Seigner et Mathieu Amalric. La critique n’avait pas particulièrement salué. L’adaptation théâtrale de Anne-Elisabeth Blateau, mise en scène par Jérémie Lippmann, amusante et grinçante, reste un bon divertissement qui fait rire et qui n’est pas passé inaperçu sur la scène parisienne du Théâtre Tristan-Bernard. La preuve : elle a obtenu deux Molière...
 




Yannick Sourisseau
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