Festival d’Anjou : un Cocteau enthousiaste


Rédigé par Yannick Sourisseau - Angers, le 18/06/2010 - 14:43 / modifié le 26/06/2010 - 10:39


La 61ème édition du Festival d’Anjou a démarré hier soir au Plessis-Macé, non loin d’Angers, sous un ciel menaçant. La rose déposée devant la scène par le président Béchu, aura permis d’éloigner les nuages et garantir le bon déroulement d'un « Cocteau /Marais » qui a littéralement emballé, grâce à un Jacques Sereys très en verve, les invités de cette soirée inaugurale.



Jacques Sereys dans Cocteau / Marais sur la scène du Plessis-Macé
Jacques Sereys dans Cocteau / Marais sur la scène du Plessis-Macé
la rédaction vous conseille
Pour la première fois, le Festival d’Anjou, 61ème du nom, a été ouvert sans son Directeur Artistique. Nicolas Briançon parti défendre « La Nuit des Rois », la création angevine, au printemps des comédiens à Montpellier, sera de retour dès ce soir. La Nuit des Rois sera d’ailleurs présentée de nouveau cette année, le 21 Juin. Christophe BECHU, le Président du Conseil Général de Maine et Loire et de l’EPPC Anjou-Théâtre, structure organisatrice du festival, a présenté seul cette nouvelle édition.

« Je voudrais vous remercier d’avoir choisi le calme du Plessis-Macé, plutôt que le bruit des vuvuzelas », disait le Président faisant ainsi allusion au match France-Mexique qui se déroulait à la même heure. Toutefois le spectacle n'a pas vraiment souffert de cette concurrence puisqu’il s’est joué à guichets fermés. Avec une pensée toute particulière pour François Chanteux, figure importante du Festival d’Anjou, décédé en début d’année, le Président a souligné l’intérêt du public angevin pour cet événement qui, une fois de plus est bien parti pour faire le plein.

« Ce festival est le premier organisé par l’EPCC Anjou - Théâtre, structure qui allie le patrimoine et la magie du verbe, et surtout qui fera du Plessis Macé un des éléments forts de la politique théâtrale du département », a poursuivi le Président, en précisant que le lieu permettra désormais d’accueillir des compagnies en résidence, afin de faire de rayonner le théâtre « dans un des tous premiers départements en terme de culture théâtrale ». Un label « Anjou-Théâtre » sera même créé.

Après avoir excusé le Directeur Artistique, le Président Béchu à laissé la place au truculent Jacques SEREYS, sociétaire honoraire de la Comédie Française, pour l’interprétation d’un Cocteau plein d’humour et de tendresse. Seul en scène, Jacques Sereys a réalisé hier soir, une véritable performance d’artiste, rendant le personnage de Cocteau presque attachant. Et toute la vie du poète a défilé comme dans un film, avec les joies, les peines, les amours, les moments de folie, d’un artiste qui n’a pas cessé de s’exposer à tous les risques d’une création novatrice…

Certains spectateurs pensaient peut-être s’ennuyer. Que nenni, pendant 90 minutes Jacques Sereys a su captiver son public, le prenant à partie, le faisant même complice de sa magistrale interprétation. Même si la vie tumultueuse de Jean Cocteau ne fut pas toujours des plus souriantes, le public s’est beaucoup amusé des facéties du comédien. Un vrai moment de bonheur que seul le Festival d’Anjou peut procurer.

Jean Marais premier interprète de ce spectacle, souhaitait qu’il puisse lui survivre, tout comme Jean Cocteau. « J’étais le véhicule d’une force qui veut vivre à ma place. Qu’elle vive ! Elle verra ce que c’est », disait Cocteau peux de temps avant sa mort. Au firmament des artistes les deux Jean, Cocteau et Marais qui ont du se retrouver pour évoquer leur vie, ne doivent pas être déçu de la prestation de Sereys, ce dernier donnant une autre dimension au spectacle, révélant même certaines facettes de la vie de Cocteau.




Yannick Sourisseau
Yannick Sourisseau
Web Journaliste suivant plus particulièrement les technologies digitales Formateur technologies de... En savoir plus sur cet auteur















Angers Mag