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Jeudi 2 Octobre 2014







Festival d’Anjou : une version très « mâle » de Roméo et Juliette


Rédigé par - Le 04/07/2012 - 15:01 / modifié le 04/07/2012 - 15:02


L’œuvre de Shakespeare ne prend pas une ride, mieux elle s’adapte sans difficulté au monde contemporain. Pour preuve l’interprétation de la troupe Magnus Casalibus présentée hier soir sur les planches du Plessis-Macé. Une version très punk rock, bestiale, et surtout un retour aux sources puisque cette version est entièrement jouée par des hommes.



Roméo et Juliet version rock de la troupe Magnus Casalibus
Roméo et Juliet version rock de la troupe Magnus Casalibus
Les observateurs l’auront remarqué, Juliet s’écrit au masculin », déclarait hier soir Nicolas Briançon en présentant l’interprétation de la troupe Magnus Casalibus de Roméo et Juliet. Entièrement jouée par des jeunes hommes au physique androgyne cette pièce n’est pas une ode à l’homosexualité, mais un retour aux sources du théâtre Élisabéthain où le rôle des femmes était tenu par des hommes.

Roméo et Juliet, version Magnus Casalibus, c’est presque un opéra rock et autant le dire tout de suite ça décoiffe, tant dans la bande son dans laquelle on retrouve beaucoup musiques de groupes anglais des années 70, à l’exemple de Pink Floyd, mais aussi des comédiens, danseurs et chanteurs qui n’hésitent pas à se déplacer dans la foule, pour interpeller directement les spectateurs.

Roméo et Juliet, ça ne se regarde pas, ça se vit et ça s’écoute, tantôt tragique, tantôt burlesque avec quelques phrases à deux balles sorties tout droit de la chanson populaire. « Donne-moi ta main », dit un comédien, « et prend la mienne », lui répond l’autre. Ça fait rire dans les gradins et ça détend l’atmosphère.

Pour le reste, même si l’interprétation reste assez libre et si les personnages viennent tout droit du registre du mouvement contestataire britannique « punk », l’histoire est la même que dans la version d’origine. Roméo et Juliet vont lutter, contre leur famille respective, pour avoir le droit de s’aimer, mais cette fois aux delà des sexes et des conventions sociales, avant de mourir et de se retrouver dans l’au-delà, pour l’éternité.

Pour donner encore plus de bestialité à cette pièce, très « mâle », où tout se joue dans l’expression corporelle, les décors sont inexistants. De fly-case à roulettes et de portes cintres sur lesquels sont disposés les vêtements des comédiens permettent d’embarquer le spectateur jusque dans les coulisses. On s’habille et on s’exhibe sur scène en totale liberté, dans une partition totalement ouverte, les acteurs jouant sur scène comme ils pourraient le faire sur le trottoir d’un quartier populaire de Londres ou d’ailleurs.

Les costumes, les masques et les lumières révèlent progressivement le caractère et la force des différents personnages, jusqu’au crépuscule décisif lorsque les deux principaux protagonistes, meurent dans un amas de caisse et de ferraille que vient coiffée une guirlande lumineuse.

L’atmosphère est parfois sordide, mais ne dénature pas cette œuvre shakespearienne, bien au contraire. Bien dans son époque cette jeune troupe totalement débridée se donne sans compter, osant les artifices les plus déroutants et quelques pirouettes acrobatiques assorties de belles tirades burlesques.




Yannick Sourisseau
Directeur publication Angers Mag et Angers Mag Info Journaliste web suivant plus particulièrement... En savoir plus sur cet auteur












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