Fibres49 vise les déchets des petites entreprises

LE RENDEZ-VOUS DE L'ECONOMIE SOCIALE ET SOLIDAIRE (ESS) #8


Rédigé par - Angers, le 11/05/2017 - 07:30 / modifié le 15/05/2017 - 12:47


Collecter les déchets des entreprises de moins de 20 salariés de Maine-et-Loire pour créer et consolider des emplois locaux. C'est le projet que porte Fibres49, un réseau de 13 structures issues de l'Economie sociale et solidaire du département. Ambitieux et ingénieux.



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L'idée est en gestation depuis quatre ans. Précisément depuis que le député d'Angers-Mauges, Serge Bardy, s'est emparé de la question du recyclage dans la filière papier, à la demande du Premier ministre de l'époque Jean-Marc Ayrault. "Nous lui avions glissé que nous étions convaincus que tout n'était pas collecté comme il le fallait" glisse Bernard Lubert, le vice-président de l'association d'insertion Alise, basée à La Pommeraye (Mauges-sur-Loire), dont une grande partie de l'activité repose sur la collecte et le tri de déchets recyclables. 

Dans ce secteur, d'autres structures issues de l'économie sociale et solidaire travaillant en Maine-et-Loire partagent le même constat. Et la législation les encourage à agir. Issu de la loi sur la transition énergétique, le décret du 10 mars 2016 impose aux PME/PMI de trier et recycler à la source leurs cinq catégories principales de déchets : papier, métal, plastique, verre, bois. Ce décret dit "5 flux" prévoit une mise en oeuvre progressive selon la taille des implantations de ces entreprises : depuis juillet 2016 pour celles de plus de 100 salariés, depuis janvier 2017 pour les plus de 50 salariés et en janvier 2018 pour les plus de 20 salariés.

Proposer une offre de collecte commune

"On sait très bien que les grands acteurs privés vont s'accaparer l'essentiel de ce marché. Mais nous sommes persuadés qu'il y a une place à prendre, localement, auprès des petites entreprises de moins de 20 salariés" prolonge Bernard Lubert. Sur le seul secteur du Sirdomdi, le syndicat de traitement de déchets des Mauges, une étude a permis d'estimer de 10 à 12 tonnes le gisement de papier à traiter pour ces petites entreprises. D'où l'idée de 13 structures de Maine-et-Loire, pour une question d'échelle et de pertinence d'approche, de s'associer pour proposer une offre commune de collecte de déchets. 

Si plusieurs d'entre elles ont déjà l'expérience de la collecte du papier, tels l'ESAT La Gibaudière à Bouchemaine et AlternaTri à Angers, l'idée est d'étendre le service à d'autres déchets de bureau comme les cartouches, les crayons, les piles, les petits déchets, via des collecteurs adaptés. Et de contractualiser avec un ou des transformateurs locaux, pour pousser au bout les principes de l'économie circulaire.

La réflexion avance. Avec les collectivités locales et le Département de Maine-et-Loire, les syndicats de traitement et l'Association pour le développement de l'économie circulaire. "Le projet séduit parce qu'il est bien question d'économie locale, insiste Bernard Lubert, Pour le moment, nous ne sommes qu'un collectif, sans structure juridique propre. Mais ce sera nécessaire de même que l'harmonisation de nos tarifs." Le nombre d'emplois en jeu est important. A elle seule, Alise pèse 60 salariés dont l'essentiel en contrat d'insertion. 




Journaliste, rédacteur en Chef d'Angers Mag En savoir plus sur cet auteur








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