Fotoromanzi : le roman-photo angevin s’installe sur la toile


Rédigé par - Angers, le 08/05/2012 - 15:27 / modifié le 09/05/2012 - 07:17


Les plus vieux s’en souviennent : avant les séries diffusées à la télévision il n’y avait que le « roman-photo » diffusé dans les magazines pour se distraire et rêver d’aventure sentimentale. Deux Angevins Naz Oke, une artiste multiforme et Philippe Édouard, ex-musicien devenu réalisateur vidéo, ont dépoussiéré le bon vieux « roman-photo », pour le diffuser sur le web, en alternant images fixes et vidéo.



Le manège du Pilori à Angers servant de décor à Fotomanzi
Le manège du Pilori à Angers servant de décor à Fotomanzi
Il tire ses origines de l'Italie d'après-guerre et se situe au croisement du cinéma et de la bande dessinée. Le roman-photo que les moins de vingt ans n’ont pas connu a fait la joie de nos grands-parents, lesquels s’arrachaient des journaux tels « Nous-deux », pour se distraire et rêver d’aventure sentimentale.

Le roman-photo s'inspirait du cinéma en reprenant le côté sentimental du bonheur individuel véhiculé par les productions américaines de l'époque. Mais si les techniques de découpage et de présentation étaient plutôt proches de la bande dessinée, les dessins étant remplacés par des photos, peu de romans-photos se sont intéressés aux techniques d'expression propres à la BD.

Depuis l’avènement de la télévision et sa profusion de séries américaines, le roman-photo tel qu’on le connaissait à l’époque, avec ses photos en noir et blanc et ses bulles de texte, a pratiquement disparu, ressortant de temps à autre pour expliquer une situation.

Deux artistes angevins ont décidé de le remettre au goût du jour, en conservant son principe cinématographique, mais en utilisant les techniques d’aujourd’hui, en ajoutant un soupçon d’animation et de son pour le rendre plus dynamique, et en le diffusant sur Internet. C’est ainsi qu’est né « Fotoromanzi », un roman-photo typiquement angevin, clin d’œil à ses origines puisque Fotoromanzi est la traduction italienne de roman-photo.

« Pour rester fidèle au roman-photo traditionnel, le ton est resté à la fois désuet et kitch, drôle et léger », affirme Naz Oke, une artiste d’origine Turque, installée à Angers depuis sept ans. « Le concept est novateur, les acteurs sont angevins et nous faisons en même temps la promotion de la ville ».

Naz Oke qui se définit comme une artiste multiforme, est passée par l’école de Beaux-Arts, option design architecture d’intérieur. Elle a travaillé sur plusieurs expositions et on la croise au Festival Premiers Plans où elle assure quand le besoin s’en fait sentir la traduction des réalisateurs turcs. Pour réaliser ces miniséries, dont elle a eu l’idée, elle s’est associée à un autre artiste Angevin, Philippe ÉDOUARD de Squat de Lux, que l’on connaît notamment au travers de la série vidéo-web « Delphine à Angers » et plus récemment de « Chante pas sous la douche », entres autres productions audiovisuelles.

Si l’ensemble est plutôt bien travaillé et ose parfois la couleur, le résultat est toujours autant violons, guimauve et fleur bleue avec un peu de douceur angevine en plus comme les auteurs aiment à le dire. Les épisodes sont tournés sur les principaux sites angevins fréquentés par les jeunes : gare Saint Laud, place du Ralliement, jardin du mail, cafés, bar, et les acteurs sont des volontaires recrutés dans la rue et pas rémunérés pour leur participation, la production n’ayant pas un centime. « L’une de nos comédiennes, Allison Andriatsiresy, laquelle joue dans « une table pour deux, la première série, est partie à Paris dans une école de théâtre », commente Naz Oke. Comme quoi le roman-photo est aussi une porte d’entrée pour la comédie.

Mais l’idée fait son chemin et Naz Oke qui a travaillé en tandem pour la première et seule pour la seconde, Philippe Édouard étant pris ailleurs et notamment en Afrique, aimerait bien pouvoir le commercialiser, persuader que ce nouveau mode d’expression pourrait intéresser des médias. Même si les sujets trop tendres de nos jours n’intéressent pas forcément les plus jeunes, préférant de loin la violence, il reste une frange de la population toujours attirée par le romantisme.

Fotomanzi est avant tout un concept qui pourrait facilement se décliner et qui pourrait intéresser les publicitaires, sait-on jamais. Pour l’heure les réalisateurs cherchent des partenaires qui pourraient les aider à financer d’autres séries.

Voir la page Facebook de Fotoromanzi




Yannick Sourisseau
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