Foyer David d'Angers : une vidéo pour aborder les relations sexuelles


Rédigé par - Angers, le 13/12/2012 - 16:17 / modifié le 13/12/2012 - 23:58


Ça bouge au Foyer des jeunes Travailleurs David d’Angers, une résidence située en centre-ville qui héberge et aide les jeunes à s’insérer dans la vie active. S’interrogeant sur leur santé et les rapports avec les autres, les jeunes résidents ont réalisé une vidéo dans laquelle ils abordent, sans tabou, la sexualité.



Les jeunes du FJT lors du tournage
Les jeunes du FJT lors du tournage
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Le foyer des jeunes travailleurs c’est un véritable tremplin vers l’indépendance des jeunes », déclare Jean Luc Morin, le directeur. « Nous leur proposons un hébergement moderne et convivial, mais pas seulement. Notre objectif c’est de faciliter l'entrée dans la vie active, en leur permettant une véritable reconnaissance sociale ».

Si le foyer constitue un premier départ dans la vie active, pour des jeunes de moins de 20 ans, c’est là qu’ils vont apprendre à se sociabiliser. « Nous leur proposons des activités qui leur permettent d’échanger et de prendre des initiatives », ajoute le directeur, lequel se fait assister d’un animateur et de conseillères en Economie Sociale et Familiale.

« En janvier nous avions lancé, en liaison avec l’UNHAJ (Union Nationale pour l'Habitat des Jeunes), un questionnaire dans laquelle nous avions pu constater que la santé (NDLR : celle liée aux relations sexuelles) apparaissait comme l’une des principales préoccupation des jeunes actifs », commente Estelle Cesaire, conseillère ESF. Mais comment aborder facilement le sujet, sachant que la sexualité peut constituer un frein pour certains.

« Nous avons eu l’idée, outre l’organisation d’une séance de dépistage du Sida, au sein de l’établissement, de réaliser une vidéo mettant en scène la façon dont ils perçoivent leurs problèmes, notamment en matière de relations intimes ».

La télévision fascine les plus jeunes et la réalisation d’une vidéo permet d’aborder le sujet, de manière ludique, sans heurter les esprits. Pour mener à bien le projet, et produire un film de bonne facture l’établissement a fait appel au collectif angevin « Platok », lequel regroupe des artistes, comédiens, metteurs en scène, scénographe et vidéastes.

38 résidents, soit la moitié des jeunes hébergés, se sont prêtés au jeu, sous la conduite d'Alice une jeune comédienne de Platok. « Nous leur avons donné des outils pour comprendre le langage des images et nous avons travaillé le scénario ensemble. J’ai une formation de psychologue, ça m’a donc permis de comprendre leurs attentes ».

" Des scènes pas toujours faciles à jouer "

Après plusieurs séances de tournage au foyer et dans les rues d’Angers, de choix des musiques et de montage, les jeunes sont plutôt satisfaits du résultat présenté en séance publique cette semaine dans la cafétéria du FJT. Les responsables du foyer aussi. « L’originalité du projet repose sur le fait que les jeunes aient pu aussi facilement parler de leur intimité en se servant de la vidéo comme support », ajoute le directeur.

Intitulé « En fait … », le court-métrage raconte l’histoire de deux amis. L’un collectionne les expériences amoureuses, avec des filles de races et de nationalités différentes, rencontrées au foyer. L’autre écoute les ébats à la porte, et les consigne dans un véritable livre des records. On y aborde avec une panoplie de clichés, les MST, la grossesse non désirée, la polygamie et même le mariage entre personnes du même sexe.

Pour les jeunes, qui présentaient leur film en public cette semaine, au FJT, même si ce n’est pas encore Cannes ou Premiers Plans, c’est fut tout de même la consécration. Émus, ils avaient quelques difficultés à parler de cette expérience unique. « Ça m’intéressait de savoir comment on tourne un film, j’ai pu apprendre à tenir une caméra, les éclairages, le son, c’est passionnant », lâche un jeune apprenti dans la grande distribution. « Certaines scènes étaient parfois difficiles à jouer, notamment dans le lit », reprend une jeune comédienne.

« Il a fallu leur apprendre à prendre de la distance avec le sujet. Dans un film vous jouez un rôle, ça ne veut pas dire que vous êtes d’accord avec la situation », précisait la comédienne professionnelle de Platok.

Globalement le sujet a été apprécié des jeunes invités lors de la première, mais aussi du public. Même si le trait est souvent exagéré et si les jeunes ont tourné en dérision certains sujets, c’est aussi la perception des auteurs, cette fiction pourrait « servir de base aux nombreux débats organisés sur la sexualité des jeunes », comme le soulignaient les professionnels de santé présents dans la salle.




Yannick Sourisseau
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