Frédéric Vincent, la terre, un engagement permanent


Rédigé par Sébastien ROCHARD - Angers, le 21/04/2013 - 15:45 / modifié le 21/04/2013 - 15:51


Agriculteur sur les communes d'Avrillé et de Feneu, Frédéric Vincent est le président, depuis près d'un an, des Jeunes agriculteurs des Pays de la Loire. « Un hasard », comme il le rappelle souvent. Plutôt une évidence.



Frédéric Vincent est le président des Jeunes agriculteurs des Pays de la Loire
Frédéric Vincent est le président des Jeunes agriculteurs des Pays de la Loire
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On peut n'avoir que 34 ans et être en passe d'atteindre la limite d'âge réglementaire... Jusqu'à la veille au soir de son 35e anniversaire, Frédéric Vincent sera un Jeune agriculteur. Plus encore, il est, depuis l'été 2012, le premier d'entre eux du point de vue régional. Un mandat politique de fait, à l'heure où les régions deviennent de plus en plus centres de décisions. Un poste exposé, où il s'agit de porter haut les attentes de jeunes exploitants. En criant plus fort que le voisin ? Sans doute pas.

Chez Frédéric Vincent, l'accueil est simple, le regard franc. La barbe de trois jours, le cheveu rare... les Jeunes agriculteurs des Pays de Loire ont misé sur un homme discret pour faire entendre leur voix. à vrai dire, rien ne prédestinait le jeune éleveur laitier à l'engagement syndical. « Mes parents étaient adhérents à la FDSEA, mais peu actifs sur ce front. Tout ça s'est fait un peu par hasard, argue Frédéric. J'ai suivi mon frère Laurent à des réunions cantonales de JA, et puis en 2007, j'ai été élu représentant cantonal sur Angers ouest. Au début, j'y allais en tant que spectateur, mais je me suis rapidement pris au jeu, puis impliqué de plus en plus ».

Drôle de parcours que celui de Frédéric, pas le plus accroc des enfants Vincent au métier d'agriculteur. « Mon frère Laurent, avec qui je suis en Gaec depuis 2004, était beaucoup plus présent que moi sur l'exploitation familiale. Je n'avais pas réellement la fibre agricole. Ce qui m'intéressait, c'était le foot, à Montreuil-Juigné ». L'idée de faire sa place dans le monde paysan se construit pourtant peu à peu et Frédéric intègre l'École supérieure d'agriculture d'Angers, au lendemain du bac. Il en sortira 5 ans plus tard, bardé d'un diplôme d'ingénieur. « Il y avait la perspective du départ à la retraite de mon père et je ne m'épanouissais pas réellement dans les postes administratifs que j'ai occupés, à la Chambre d'agriculture de Seine-Maritime, puis au Centre de gestion du Maine-et-Loire ».

Pression urbaine

Depuis 10 ans, Frédéric et son frère cadet élèvent vaches laitières et taurillons sur 245 hectares, à Avrillé et Feneu. En prise directe avec « l'acte de production ». En prise directe, aussi, avec les dangers qui guettent le monde agricole : le site du Fléchet est fiché à la croisée de deux axes majeurs de communications, à la sortie d'Avrillé, cible privilégiée de la pression foncière et de l'urbanisation galopante. « Il faut se battre pour ne pas se faire manger », résume sobrement Frédéric, qui ne relie pourtant pas son engagement syndical à la situation de son exploitation.

« Ce qui construit mon engagement, c'est l'échange d'expérience, et l'enrichissement personnel et professionnel. J'ai une autre vision sur la conduite d'une exploitation, mes mandats m'ont permis une ouverture sur l'état d'esprit du consommateur et des citadins ». Frédéric Vincent n'oublie surtout pas que 800 à 1 000 hectares de terres agricoles disparaissent chaque année dans le département, sous la pression urbaine, pas plus qu'il n'oublie les difficultés rencontrées par les jeunes agriculteurs à s'installer durablement: « ces combats sont prioritaires », assure-t-il d'un ton égal mais déterminé.

Dans un an, portera-t-il encore cet engagement chez le « grand frère » de la FNSEA ? « Je n'ai pas d'ambition personnelle, ça viendra comme ça viendra », conclut Frédéric Vincent. Droit dans ses bottes.

[ BIO EXPRESS ]

Frédéric Vincent, la terre, un engagement permanent
1978. Naissance à Angers.

1980. Ses parents reprennent l'exploitation du Fléchet, à Avrillé.

1996. Bac S au Sacré-Cœur, après le collège à Saint-Charles.

2001. Sortie de l'Ecole supérieure d'agriculture d'Angers (ESA) avec un diplôme d'ingénieur agricole (bac+5).

2004. Rejoint son frère Laurent sur l'exploitation familiale et intègre le GAEC du Fléchet.

2007. Représentant cantonal (Angers ouest) auprès des Jeunes agriculteurs.

2009. Président départemental des Jeunes agriculteurs.

2012. Président régional des Jeunes agriculteurs.



















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