From Austin to the French unknown

Austin, le souffle venu de l'Ouest #2


Rédigé par Kevin CURTIN (Austin Chronicle) - Angers, le Lundi 12 Septembre 2016 à 07:45


Kevin Curtin est critique musical au sein de l'Austin Chronicle, au Texas. Il sera associé à la rédaction d'Angers Mag lors de l'Austin Week et nous livre ses attentes.



Kevin Curtin, chroniqueur musical au sein de l'Austin Chronicle, est présent à Angers durant toute l'Austin Week. Credit Todd V. Wolfson
Kevin Curtin, chroniqueur musical au sein de l'Austin Chronicle, est présent à Angers durant toute l'Austin Week. Credit Todd V. Wolfson
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Chaque mois de mars, 2000 groupes du monde entier se produisent à Austin lors du South by Southwest, le plus grand rassemblement musical de la planète. Parmi ceux-là, près de 800 viennent de pays étrangers, passeports en poche, espérant faire tourner quelques têtes aux Etats-Unis. Quelques-uns arrivent en surfant sur une tendance en vogue, portés aux nues par un blog influent, représentés par un puissant agent, ou - dans des cas de plus en plus rares - formatés par un label. Les autres se posent en parfaits inconnus : des groupes indés de contrées lointaines singeant les musiques occidentales, des relais de musiques traditionnelles venus d'obscures coins d'Azerbaïdjan ou de Brunei, des prestations de pop asiatique qui semblent tout droit descendre du cosmos. On en vient à l'essentiel : la bonne musique (une musique qui soit innovante ou qui parvient à transmettre le sentiment voulu), a peu à voir avec la popularité ou la notoriété. Les groupes qui font le buzz peuvent décevoir, et ceux de l'ombre vous bluffer.
Une bonne leçon que j'ai apprise, c'est de ne pas se fier aux effets de mode.
 
Sur les bases d'un échange culturel, Austin et Angers sont aujourd'hui des villes jumelles. Austin -dont la population est trois fois celle d'Angers- est la grande sœur. Ce qui ne signifie pas la meilleure, même si, soyons réalistes, sa notoriété est plus importante, pour le meilleur ou pour le pire.
"Au-delà de ça, la musique française demeure assez invisible aux Etats-Unis. En dehors de succès commerciaux comme Daft Punk, M83 ou Phoenix et des chouchous constants des critiques comme Serge Gainsbourg ou Manu Chao, les Américains n'ont qu'une faible perception de la manière dont les Français font de la musique - sans aller jusqu'aux artistes angevins"
 
Et notre position géographique y est pour beaucoup. D'abord, Austin est la capitale du Texas -un état avec un égo si important qu'il se considère lui-même comme une nation. Du point de vue musical également, nous portons un lourd héritage musical : les quelques 3000 groupes ou artistes de la place se tiennent dans l'ombre de géants ! Chaque type avec une guitare sèche doit lutter avec la grandeur du "Pancho and Lefty" de Townes Van Zandt ; aucun mortel ne deviendra une icône de l'ampleur de Willie Nelson ; et on ne peut seulement qu'imaginer, dans nos rêves les plus fous, ce que représente le chemin de la naissance d'un groupe jusqu'à sa plénitude, comme l'ont fait Roky Erickson et Tommy Hall lorsqu'ils ont créé the 13th Floor Elevators et inventé le rock psychédélique. Et comme si ça n'était pas encore suffisant, il faut y ajouter la fameuse histoire du blues (de Stevie Ray Vaughan à Gary Clark, en passant par The Fabulous Thunderbirds), les icônes punk (Butthole Surfers, Big Boys et Dicks), les excursions alternatives (Spoon, Fastball, Okkervil River), les stars tex-mex, latino ou tejano (Rueben Ramos, Manuel Cowboy Donley, Grupo Fantasma) ou de la pure musique texane comme celle du génial Doug Sahm. C'est une histoire à la fois inspirante... et suffocante !

Au-delà de ça, la musique française demeure assez invisible aux Etats-Unis. En dehors de succès commerciaux comme Daft Punk, M83 ou Phoenix et des chouchous constants des critiques comme Serge Gainsbourg ou Manu Chao, les Américains n'ont qu'une faible perception de la manière dont les Français font de la musique - sans aller jusqu'aux artistes angevins.
 
Dans le cadre de l'échange culturel, j'ai pourtant fait la connaissance de quelques groupes angevins. Au Hole in the Wall, mon bar favori, j'ai été surpris de voir les Skroks, une fanfare funky aux influences ska, qui ressemblait plus à une équipe de foot qu'à à un groupe de musique : c'était chouette. L'année dernière, la folk indé de Cherry Plum a aussi laissé une très belle impression, lors d'un concert au Stay Gold.
 
On m'a aussi conseillé de prêter l'oreille à Thylacine, Lo'Jo, The Blind Suns ou Eagles Gift.
Parmi ces divers groupes, beaucoup m'intéresse et très peu m'ennuient, mais soyons honnête, on ne peut pas juger la musique de l'ouest de la France en se basant sur l'écoute de deux titres sur Spotify ou en regardant des vidéos live sur YouTube.
Dans quelques jours, quand j'arriverai sur Angers pour l'Austin Week, je commencerai à appréhender l'environnement de cette musique. J'espère pouvoir découvrir quelques-uns de ces groupes en live : si je tiens un rythme de concerts assez soutenu, j'espère repartir avec une idée claire de la musique à Angers.
Quoi qu'il en soit, j'arrive avec l'esprit ouvert... en laissant de côté les phénomènes de mode.








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