Gaétan Dirand (FN) : "Je pense qu'on peut être au dessus de 20%"


Rédigé par - Angers, le 17/03/2015 - 07:34 / modifié le 17/03/2015 - 10:44


Les élections départementales, premières du genre, se dérouleront les 22 et 29 mars prochains, pour élire les 42 conseillers appelés à siéger au sein de la future assemblée départementale. La rédaction d'Angers Mag a interrogé les six responsables des principales forces politiques présentes en Maine-et-Loire. La parole est aujourd'hui au secrétaire départemental du Front National, Gaétan Dirand.



Gaétan Dirand (FN) : "Je pense qu'on peut être au dessus de 20%"
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Dans quel état d'esprit êtes-vous à quelques jours du 1er tour de scrutin ?
"On est assez serein. Nous avons pu aligner 21 binômes de candidats dans les 21 cantons du Maine-et-Loire, c'est déjà une victoire. Ensuite, on verra ce que donnent les résultats au soir du 1er tour mais au vu des échos notamment dans les zones rurales où on fait campagne, on devrait transformer l'essai des Européennes. Notre objectif, c'est d'arriver en tête dès le soir du 22 mars."

Vous voulez dire en tête sur l'ensemble du département ?
"Oui, si on raisonne en terme de parti politique. Etant donné que nous sommes les seuls à présenter des candidats partout et qu'en face, on a la Majorité départementale qui, pour moi, n'est pas une formation politique. Je pense qu'on peut-être au dessus de 20%."

Et si on ramène votre ambition aux cantons : dans combien de ces cantons espérez-vous pouvoir être présents au deuxième tour ?
"On verra. Chaque canton à ses spécificités, certains ne présentent que trois binômes, d'autres cinq. Moi, je me fie aux chiffres des Européennes et je me dis qu'on devrait pouvoir être en mesure d'être au second tour dans une bonne moitié des cantons."

Et au soir du 2e tour ?
"Attendons le 1er tour et on verra quelles sont les configurations. C'est clair que si on se retrouve face à des candidats de la Majorité départementale, il est fort peu probable qu'on arrive à remporter la mise. Mais face au PS, ça pourrait le faire, je pense. Entre un candidat du Front National et un du Parti Socialiste, je pense qu'un électeur de droite aura plutôt tendance voter pour le premier. Mais je ne ferai pas de projection avant le soir du 22 mars."
 
"C'est fini, l'époque où on se faisait haranguer et insulter. Et puis, l'avantage, c'est qu'on a une force militante de terrain qui est relativement constante."

Candidat aux dernières élections municipales à Angers, vous vous présentez dans le nouveau canton de Longué, à l'est du département. Parce que le FN y a fait son meilleur score en 2011 ?
"Vous avez posé la question à Monsieur Gillet (ndlr : l'actuel président du Conseil général) pourquoi il se présente à Angers Centre alors qu'il l'était à Cholet la dernière fois (ndlr : il ne l'était pas à Cholet, mais dans le canton de Vihiers) ? On est candidat pour gérer les affaires du département, rien ne m'interdit de me présenter à Longué-Jumelles. Il se trouve qu'on y a fait un bon score aux Européennes et il y a une directive nationale qui vise à présenter là où on a les meilleures chances d'avoir des représentants au second tour, nos personnalités les plus visibles. Je pense, en toute modestie, que je suis l'une de ces personnes au niveau départemental (rires)."

Vous y allez donc bien clairement parce que c'est un des endroits où vous avez les meilleures chances de faire un score important ?
"Oui, oui. On a placé nos espoirs dans ce canton là. On nous avait reproché la dernière fois d'avoir envoyé une illustre inconnue avec une photo pas forcément actuelle. Là, les électeurs ont un candidat clairement identifié, qu'ils ont l'habitude de voir dans les différents quotidiens locaux. Maintenant, j'y vais avec ma colistière qui est de Saumur et j'ai aussi quelques attaches dans ce canton, mon beau-frère y a une propriété. Et puis, je n'exclus pas de m'y installer un jour : j'ai vu quelques belles petites fermes à restaurer."

Quels moyens vous-êtes vous donnés pour cette campagne ?
"C'est principalement de l'affichage et du tractage sur les marchés, axé sur la défense de la ruralité, des services publics locaux et du département. Du porte à porte aussi."

Avec quel accueil ?
"Un très bon accueil. C'est fini, l'époque où on se faisait haranguer et insulter. Et puis, l'avantage, c'est qu'on a une force militante de terrain qui est relativement constante. En dehors des campagnes, nos militants, vous les voyez sur les marchés d'Angers, Cholet ou Saumur tandis que nos élus actuels, on ne les voit qu'en période électorale. Ce qui est incroyable au passage, c'est de s'apercevoir que les gens ne connaissent pas leurs conseillers généraux."
 
Contre la dette ? "Un plan de désendettement sur 15 ou 20 ans."  Terra Botanica ? "On arrête tout."

Certains veulent supprimer le département, en tant que collectivité territoriale. Quelle est votre position sur le sujet ? 
"On est clairement pour le maintien des départements. Les réformistes sont dans une logique à trois étages : grosses communautés de communes ou d'agglos qui se feraient au détriment des petites communes, et grosses régions qui se feraient au détriment de l'Etat-Nation et traiteraient directement avec Bruxelles. Nous sommes contre ce schéma. On défend les départements et l'égalité territoriale."

450 millions d'euros de dettes, ce n'est pas un handicap pour l'avenir du futur Conseil départemental ?
"C'est même 454 millions et une multiplication par six de cette dette sous la présidence de Béchu... c'est sûr que si on repart avec l'équipe actuelle, on peut se faire du soucis ! Si nous étions aux commandes ? Déjà, on renégocierait cette dette en établissant un plan de désendettement sur 15 ou 20 ans. Et en appliquant une gestion saine des finances."

C'est à dire ?
"Et bien, c'est la maîtrise des dépenses de fonctionnement avec la mutualisation des moyens, la baisse de dépenses somptuaires et la chasse aux subventions inutiles?"

Ca veut dire supprimer des postes de fonctionnaires territoriaux ?
"Il y  a un mille-feuilles aujourd'hui qui est mis en place. Oui, je pense qu'on peut optimiser... On peut mutualiser les moyens, pas forcément humains, mais les moyens en terme de fonctionnement et terme de gestion du parc immobilier."

Plus de 60% des dépenses du Conseil général aujourd'hui sont dévolues à l'aide sociale obligatoire pour l'insertion, l'autonomie, le handicap. Que voulez-vous changer ?
"On pourrait mieux les contrôler. Je pense qu'il y a pas mal de choses à faire. On sait que la fraude aux aides sociales, ça représente plusieurs millions d'euros en France chaque année, si ce n'est pas plus, et qu'il n'y aucun contrôle là-dessus. On pourrait vérifier si les bénéficiaires en ont réellement besoin."

Quid de Terra Botanica ?
"On arrête tout. On ne remet pas 10 millions d'euros pour faire voler une montgolfière au dessus. Ca coûte un fric fou, c'est une gabegie, c'est la pyramide du Louvre de Monsieur Béchu qui voulait laisser sa trace dans l'Histoire. Que voulez-vous qu'on fasse ? Ce parc a été mal pensé, mal géré : on arrête les frais tout de suite."

Donc, oubliée la vitrine du végétal et on supprime les emplois qui vont avec ?
"Le pôle de compétitivité du végétal a existé avant, il existera après. Quant à embaucher des gens pour embaucher des gens, je m'inscris en faux. Il y a quasiment 2000 emplois industriels qui ont été perdus dans ce département depuis le début de l'année, ce qu'il faudrait faire déjà, c'est d'encourager les entreprises locales à pouvoir se développer. Il y a des pistes là-dessus. Je viens du privé, vous savez, l'Etat ne doit pas pallier à la crise de l'emploi aujourd'hui en employant inutilement des gens."
 
Dérapages sur tweeter : "Antoine Ormain et Yves Vianney, je les connais, je ne les ai jamais entendu tenir de tels propos. C'est pour cela que je suis surpris."

Deux de vos candidats ont été égratignés par la presse pour des tweets pour le moins sulfureux publiés ces derniers mois, on n'a pas le sentiment que ça vous a beaucoup affecté ?
"Ils seront convoqués en conseil de discipline. Et ils les nient ces tweets. Il faudrait d'abord vérifier d'où vient la source, c'est un site antifa (ndlr : anti-fasciste) dont on connait les méthodes. Falsifier une copie d'écran, c'est tout à fait faisable. Il y a un tweet incriminé qui date du 4 avril 2014, Yves Viannay n'a aucun souvenir de l'avoir écrit. Nous, on accorde le doute. Encore une fois, ils vont avoir le temps de s'expliquer devant une commission de discipline."

"Je demande solennellement aux Français d'origine étrangère de nous sauver une seconde fois. en rentrant chez eux." Ce tweet d'Antoine Ormain, vous lui accordez aussi le bénéfice du doute, Gaétan Dirand ?
"On condamne les propos s'ils s'avèrent qu'ils ont bien été tenus. Il me dit ne pas s'en souvenir. Et puis le compte @lysenfleur, ce n'est pas Antoine Ormain qui a tweeté, il m'a expliqué qu'il y avait plusieurs contributeurs."

Donc, Antoine Ormain a sa photo sur ce compte qui existe depuis un bon moment, mais ce n'est pas lui ?
"Oui, mais ce compte ne s'appelle pas Antoine Ormain, il s'appelle @lysensfleur et il m'a dit qu'il y avait au moins trois personnes derrière. Et encore une fois, une copie d'écran, c'est très facile à faire aujourd'hui. Bref, ces propos, je les condamne et on verra ce qui se passera après le conseil de discipline, s'ils sont suspendus ou exclus."

Etes-vous certain qu'un fond de racisme n'anime pas certains de vos candidats ?
"Ecoutez : Antoine Ormain et Yves Vianney, je les connais, je ne les ai jamais entendu tenir de tels propos. C'est pour cela que je suis surpris. Non, chez nous, il y a des Français de toutes origines et de toutes confessions. On a une candidate franco-ivoirienne à Cholet qui milite avec nous depuis pas mal de temps. Si elle avait été victime de racisme, elle ne serait plus là depuis longtemps. Le Front National a vocation a défendre tous les Français quelles que soient leur race, leur religion ou leur origine sociale."
 




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1.Posté par Donatien le 18/03/2015 18:53 | Alerter
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Ce monsieur est une honte pour son parti. Moi qui vote front national aux élections nationales et aux européennes je ne voterai jamais pour cet homme qui est un réac de premier ordre. Il dit même en interview qu'il est "contre le progrès". D'ailleurs je recommande à tous les internautes d'aller voir son interview pour un blog catholique extrémistes y'a de quoi rire: http://www.lerougeetlenoir.org/reinformation/les-breves/portrait-gaetan-dirand-nous-nous-battons-tous-pour-la-france-que-nous-co...

2.Posté par ANTOINE le 19/03/2015 22:12 | Alerter
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Monsieur DONATIEN,

En insultant de la sorte notre secrétaire départemental, vous insultez par la même Marine Le Pen qui l'a nommé, qui l'a investi aux élections sénatoriales, aux législatives, aux municipales, aux européennes, et qui lui a renouvelé sa confiance en l'investissant aujourd'hui aux départementales, lui renouvelant la confiance qu'elle lui a donné il y a plus de quatre ans. Monsieur Dirand a remonté à bout de bras une fédération qui n'existait plus en terme de structure et de mili...















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