Gipsy Swing : des Perrins à l’organisation du festival


Rédigé par - Angers, le Jeudi 24 Mai 2012 à 15:27


Elles étaient assistantes sociales, sage femme, ou chargé de médiation au terrain des gens du voyage des Perrins, à Angers. Aujourd’hui elles participent à l’organisation du Festival de musique Gipsy Swing. Ces femmes et ces hommes passionnés assurent désormais la promotion des cultures et musiques tsiganes.



Véronique DULONG, 2ème à gauche, et quelques bénévoles de l'association Gipsy Swing
Véronique DULONG, 2ème à gauche, et quelques bénévoles de l'association Gipsy Swing
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Créée en 1998, l’association Gispy Swing qui compte une douzaine de membres adhérents auxquels s’ajoutent autant de personnes pendant la période du festival, poursuit un objectif : celui de promouvoir les cultures et musiques tsiganes en lien avec le service d’accueil des Gens du Voyage d’Angers Loire Métropole, installée sur le terrain des Perrins, au Nord d’Angers, et le THV de Saint Barthélémy d’Anjou, co-fondateur du festival.

« Notre objectif c’est de promouvoir la culture tsigane sous toutes ses formes musicales », déclare Véronique DULONG, présidente de l’association Gipsy Swing, laquelle est désormais titulaire d’une licence de spectacle. « Notre première mission c’est avant tout d’organiser des concerts. Par la même occasion nous tentons de mieux faire connaître ces populations aux origines multiples ».

« Nous avons tous appris à aimer cette musique et nous faisons partager notre passion aux Angevins », poursuit Véronique DULONG et les bénévoles qui l’accompagne dans cette aventure. Pour autant, elles qui connaissent bien les gens du voyage, par leur expérience sur le terrain, ne considèrent pas que ceux qui passent par Gipsy Swing, sont des privilégiés, par rapport à tous ceux qui vivent de la précarité ou qu’on expulse de notre pays.

« Certains sont sédentarisés et vivent de leur musique, c’est vrai. On peu dire que ce sont des musiciens professionnels. Mais la plupart de ceux que nous accueillons font leur première scène ». C’était le cas d’Alberto WEISS qui a faisait, à 20 ans son premier concert, samedi dernier à Briollay.

Ces femmes et ces hommes, tous bénévoles de l’association, connaissent bien les roms, gitans, manouches et autres tsiganes, autant d’appellations pour ces « fils du vent » épris de liberté et riches de leurs cultures. Ils sont passés pour certains par le service des gens du voyage de l’agglomération angevine dans lequel ils ont travaillé.

De la musique, mais aussi des livres et un colloque

« Ce ne sont pas les voleurs qu’on décrit le plus souvent, c’est une image qui leur colle à la peau, certains ont un travail, d’autres vivent de petits boulots. La musique permet de rapprocher les peuples et faire en sorte qu’ils se connaissent mieux », commentent les bénévoles. « Leurs cultures sont tellement riches que ça donne envie de les faire découvrir au public pour qu’ils puissent les comprendre ».

Les bénévoles s’emploient à faire connaître les cultures tsiganes, non seulement par la musique mais aussi par la lecture, grâce notamment à la librairie Contact d’Angers, qui met à leur disposition de nombreux ouvrages traitant des peuples tsiganes, de la musique en passant par les déplacements, exclusions, internements voire extermination. Les tsiganes posent toujours question et l’image des romanichels, voleurs de poules, est difficile a effacer des croyances populaires. Ces livres donnent l’occasion de mieux comprendre et d’aller au-delà de la musique, laquelle n’est que l’un des volets de leur culture.

Avec l’aide d’ethnologues, le festival organise également des conférences, comme ce fut le cas à l’Université d’Angers avec un colloque sur « Le jazz et les musiques tsiganes : de quelques affinités que l’on imagine, que l’on recense, que l’on entend… ».

Des expositions photographiques « A la croisée des regards, échanges de paroles entre enfants sédentaires et enfants du voyage », « Entre la voie ferrée et la 4 voies » et « Enfants du Voyage », sont également proposées aux Angevins. Des animations sont organisée à maison d’arrêt d’Angers, rencontres, concerts, dialogues.

Organisateurs de concerts, certes, ces bénévoles contribuent à créer le lien, en relation avec le service des gens du voyage à Angers, entre les angevins et les populations non sédentaires. Dans un monde de tolérance, c’est plutôt une belle initiative, même si ce festival n’est que la partie visible d’un iceberg qui compte beaucoup de familles, dont les Roms, dans un état d’extrême pauvreté.




Yannick Sourisseau
Web Journaliste suivant plus particulièrement les technologies digitales Formateur technologies de... En savoir plus sur cet auteur








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