Gravity: un film à couper le souffle


Rédigé par cinéma-audiovisuel Lycée Renoir - Angers, le Vendredi 29 Novembre 2013 à 07:33


Après son dernier long-métrage sorti en 2006, Les fils de l'homme, Alfonso Cuaron revient en force avec Gravity. Ce film de science-fiction, en apesanteur, nous raconte les péripéties de Ryan Stone et de Matt Kowalsky, perdus dans l'espace.Vont-ils pouvoir rentrer sur Terre ?



Gravity – Ryan Stone (Sandra Bullock) terrifiée par le combat qu'elle doit mener  – Allociné © Warner Bros Entertainment
Gravity – Ryan Stone (Sandra Bullock) terrifiée par le combat qu'elle doit mener – Allociné © Warner Bros Entertainment
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Alfonso Cuaron est resté discret pendant plusieurs années. Il revient en force sur le devant de la scène en nous offrant un film à grand spectacle.

Gravity commence avec un long plan séquence qui nous montre la planète bleue dans toute sa splendeur, et nous entraîne dans la solitude et la sérénité surprenante de cosmonautes en sortie dans l'espace. Il y a le très bavard, Kowalsky, joué par Georges Clooney, et Ryan Stone, l'héroïne, jouée par Sandra Bullock, ainsi qu'un troisième spationaute. L'équipe est en train de faire quelques réparations sur un satellite tout en communiquant avec la Terre. Tout se passe très bien dans une ambiance paisible, lorsque l'équipe reçoit un appel de la Terre leur enjoignant d'abandonner leur mission, d'urgence. Des débris de satellites en orbite entrent alors en collision avec la navette de nos deux héros. Kowalsky et Stone se retrouvent balancés dans l'espace, isolés de tout, protégés par leur seules combinaisons: un cauchemar. S'en suit alors un spectacle haletant tout du long.

Ce récit est, en quelque sorte, de genre initiatique. Les personnages se retrouvent seuls dans l'espace avec comme unique compagnie : leurs souvenirs, leurs regrets. Le film aborde de manière élégante le caractère éphémère et fragile de la vie. C'est ce que montre très bien Ryan, qui essaie tant bien que mal, de s'accrocher à tout ce qu'elle voit, en pleine vitesse, durant la majeure partie du film.

Le spectateur est grandement impliqué dans l'expérience que vit le personnage, non particulièrement grâce à la 3D qui ne présente pas un grand intérêt, mais grâce à une multitude de plans subjectifs. Par le regard des personnages nous découvrons et éprouvons le vide « astronomique ». Des panoramiques fascinants dévoilent la beauté de la Terre. Mais, par dessus tout, Gravity éprouve le spectateur grâce à la bande sonore qui joue terriblement sur nos nerfs. Le silence imposant, ou quelques vrombissements métalliques, la respiration de Sandra Bullock, le cri d'alerte des différentes alarmes, le fracas des débris, nous plongent complètement dans une pression constante. On peut se retrouver plusieurs fois pendant le visionnage, à stopper sa respiration tant on est en empathie avec la souffrance de la protagoniste. Cette souffrance est également partagée par les dialogues. Ils permettent de revenir sur les rêves et regrets puisque l'espace légitime une parole seule, pour soi-même. Libre à nous de projeter en écho nos propres regrets.

Ce film aborde clairement le thème de la "renaissance". La majeure partie des plans fait ressembler le personnage principal à un fœtus. Ainsi un plan, probablement le plan le plus réussi du film, montre Ryan en position fœtale, avec comme cordon ombilical, son cordon de sécurité. Les lumières sont douces, comme dans le ventre d'une mère, dans des teintes bleues ou rouges, car provenant principalement du Soleil et de la Terre.

En bref, Gravity est un film réussi. C'est une sorte de huis-clos dans l'espace infini. Le spectateur est tenu en haleine du début à la fin. Il éprouve un plaisir certain à retrouver Georges Clooney et Sandra Bullock, toujours attachants. La bande son est du tonnerre, le spectacle de l'espace, dans la durée, le silence et la solitude, est sublime.

Si de vos sièges vous voulez décoller, c'est pour Gravity qu'il faut opter.

Jacob












Angers Mag