Green Zone, au cœur de la zone à risque


Rédigé par Option Cinéma Lycée Renoir - Angers, le Vendredi 7 Mai 2010 à 09:18


L’histoire d’un gouvernement américain aveuglé par le pouvoir, ce qui provoque l’anéantissement d’un pays entier.



Maj. Briggs, des forces spéciales (Jason Isaacs) et Roy Miller (Matt Damon), suite à l’arrestation d’un Irakien.
Maj. Briggs, des forces spéciales (Jason Isaacs) et Roy Miller (Matt Damon), suite à l’arrestation d’un Irakien.
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Nous sommes en 2003, les Etats Unis ont déclaré la guerre à l’Irak. Roy Miller, militaire chargé de récupérer des armes de destruction massive, enchaine les échecs. Il se rend ainsi dans des lieux de plus en plus dangereux qui se révèlent être vides. Les informations proviennent pourtant « d’une source sûre » selon les autorités américaines.

De fil en aiguille, Roy sent que quelque chose ne va pas et finit par en référer à Martin Brown (Brendan Gleeson), éminent membre de la CIA. Leur espoir de connaitre la vérité, un Irakien, leur est enlevé par les forces spéciales, et finit par mourir en prison. Une affaire de mensonge des plus hauts fonctionnaires de l’état est alors mise à jour. S’ensuit une course poursuite : la course à la vérité.

C’est un scénario bien ficelé que nous propose Paul Greengrass (« Bloody Sunday », « La vengeance dans la peau ») en restant toujours dans son style particulier. Le docu-fiction dramatique nous plonge au cœur de l’univers du personnage, avec un décor très travaillé, qui nous emporte à Bagdad, au centre de la guerre. Le film, tourné en Espagne dans une base militaire et dans les rues marocaines de Rabat, nous montre le quotidien du soldat, avec un réalisme assez épatant. Dominic Watkins (le chef décorateur) a su cerner l’esprit du film, nous emmenant dans Bagdad, son agitation, l’insalubrité de ses rues. Les paysages désertiques du film (voir photo) ne font qu’augmenter cet effet de réalisme.

Le réalisateur a réussi son film, sans toutefois nous montrer un quelconque acte d’héroïsme de la part du héros, ce qui lui permet de se différencier des autres films dramatiques. Matt Damon (Les infiltrés, The Informant) a su intégrer son rôle d’une manière simple, en se fondant dans la peau d’un soldat, sans superflu, un simple pion sur l’échiquier, qui sait se résigner à abandonner. Une fois de plus, la fin du film s’ancre dans cette simplicité, nous montrant que malgré toute la bonne volonté du monde, un homme seul ne peut sauver un pays en crise.

On note le travail de Barry Ackroyd (le directeur photo), qui met en place un système de lumières remarquable, beaucoup de scènes se passant la nuit. La caméra au poing et les plans tremblants entrainent le spectateur dans une action soutenue. Le rythme est aussi souligné par la rapidité des plans qui s’enchainent. Les plans sont tantôt larges, tantôt très serrés, ce qui permet de casser la monotonie, mais aussi de nous montrer les paysages parfois somptueux, en restant toutefois dans la peau du personnage.

Un film un peu en retard par rapport aux événements actuels, mais qui sait nous montrer la réalité sans voile, un drame géopolitique réaliste, un pari réussi pour le réalisateur.

Quentin.


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