Grégory Blanc (PS) : « Se recentrer sur le cœur de métier du Département »

Elections départementales - Les forces en présence #3


Rédigé par - Angers, le 18/03/2015 - 06:30 / modifié le 18/03/2015 - 14:29


Les élections départementales, premières du genre, se dérouleront les 22 et 29 mars prochains, pour élire les 42 conseillers départementaux. La rédaction d'Angers Mag a interrogé les six responsables des principales forces politiques du département. Grégory Blanc, premier secrétaire fédéral du PS (lui-même candidat) répond aujourd'hui à nos questions.



Grégory Blanc est le premier secrétaire fédéral du Parti socialiste.
Grégory Blanc est le premier secrétaire fédéral du Parti socialiste.
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Dans quel état d’esprit êtes-vous ?
« Concentré, car c’est une élection extrêmement particulière, dans un climat général lui-même très particulier, qui contribue à brouiller les cartes. Il y a eu très peu de débat sur la collectivité et sur ses compétences, avec des forces politiques qui communiquent sur autre chose. »
 
Ca n’est pas le cas des candidats présentés ou soutenus par le Parti socialiste ?
« Non, nous avons insisté depuis des mois et des mois sur un projet départemental. Un projet crédible, finançable et cohérent, qui se recentre sur le cœur de métier du département : l’action sociale. »
 
Ca veut dire que vous croyez en l’avenir du Conseil départemental ?
« Si la question est « Faut-il le conserver ? », je n’en sais rien ! Ce que je sais, c’est qu’on ne transfère pas comme ça des compétences. Je vais prendre l’exemple des routes : à l’heure actuelle, les communautés de communes n’ont pas la taille critique suffisante pour en assurer la gestion. Et puis il y a également la question de la dette : les départements font partie des collectivités les plus endettées de France. Si ils disparaissent, qui récupérera cette dette ? L’Etat ? La région ? Tout ça demande du temps, y compris en ce qui concerne l’organisation des services, parce qu’il est important d’avoir des élus de proximité. »

"Le Maine-et-Loire fait partie des 50 % de départements les mieux dotés, à tel point que le Conseil général doit reverser de l’argent au fonds national de péréquation pour soutenir des territoires moins bien lotis. C’est dont un problème de gestion, pas d’austérité ! »
Vous parliez tout à l’heure de cœur de métier pour le Département ? A quoi pensez-vous plus précisément ?
« J’entends dire un peu partout qu’on va voter alors qu’on ne connaît pas les compétences du Département. Mais ont sait que l’action sociale, qui mobilise l’immense majorité du budget de la collectivité, on la conserve ! Il faut donc se reconcentrer là-dessus. Le cœur de métier, c’est le vivre ensemble. Il faut arrêter de s’éparpiller, de sabrer dans notre cœur de métier et de financer le reste à coup de dette. »
 
Vous visez Terra Botanica ?
« On met Terra Botanica à toutes les sauces, mais ce n’est pas la résolution du problème Terra Botanica qui réglera tous les problèmes du département. Le numérique, les routes, le logement, l’investissement, voilà les priorités ! Comment, au lieu de mettre 10 M€ dans Terra Botanica, on met en place une politique de prévention à côté de la politique de maintien de l’ordre ? Comment on finance la politique de la ville, en continuant de soutenir les centres de loisirs dans l’urbain et le péri-urbain ? Comment on apporte des réponses innovantes au problème de fond du vieillissement, et de son corollaire, le handicap et la dépendance ?  Oui, il faut que l’Etat intervienne et soutienne financièrement les collectivités, mais le Département doit rester le chef de file de l’action sociale. »
 
Tout ça dans un contexte financier contraint ?
« La majorité actuelle se réfugie derrière la diminution des dotations d’Etat, mais le Maine-et-Loire fait partie des 50 % de départements les mieux dotés, à tel point que le Conseil général doit reverser de l’argent au fonds national de péréquation pour soutenir des territoires moins bien lotis. C’est dont un problème de gestion, pas d’austérité ! »
 
Revenons à Terra Botanica. Que proposez-vous ?
« Ca n’est pas une compétence prioritaire et la collectivité n’a pas les moyens pour restructurer et avoir de vraies ambitions pour le parc, comme ça a été le cas à Vulcania. Il faut donc diminuer les coûts de fonctionnement, réduire la voilure pour limiter le déficit annuel. »

"On ne se trompe pas de combat. Si nos quadrinômes ne sont pas représentés au second tour, nous appellerons à un désistement républicain, pour faire barrage au Front national"
La gauche de la gauche fait cavalier seul, les écologistes aussi… le Parti socialiste est un peu seul sur cette élection ?
« Je n’ai pas le sentiment de partir seul. Dans deux cantons notamment, les Verts ont outrepassé les consignes et partent avec nous. Au-delà de ça, nous sommes dans une élection de projets, pas d’étiquette. C’est un fait, il y a moins de candidats socialistes présents durant cette élection : près d’un sur deux est issu de la société civile. Et puis nous avons eu la volonté de n’avoir aucun parachutage.
 
Avez-vous des craintes d’être absent du second tour ? Et quelle sera votre attitude, le cas échéant ?
"Il y a une inquiétude réelle, dans certains cantons d’être absent du second tour, mais je sens une vraie prise de conscience des citoyens de ce point de vue-là. Après, on ne se trompe pas de combat. Si nos quadrinômes ne sont pas représentés au second tour, nous appellerons à un désistement républicain, pour faire barrage au Front national."
 
Vous suivrez de près le score réalisé par le FN dans le département ?
"Evidemment. Il ne faut pas se leurrer, nous sommes entrés depuis un moment dans le tripartisme. Les ressorts du vote FN sont complexes et il convient de les analyser. Il y a un enjeu de valeur dans la dérive des discours vers l’extrême-droite : c’est le vivre ensemble qu’on met à mal, du entre autres, à un désamour vis-à-vis du politique. Cela doit nous interroger… »




Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur





1.Posté par Vincent DULONG (EELV) le 18/03/2015 07:30 (depuis mobile) | Alerter
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EELV n''a pas "outrepassé des consignes" mais validé en assemblée générale le soutien à des candidatures issues de différentes sensibilités politiques sur 3 cantons. Il n''y a donc pas de dissidence à EELV....

2.Posté par iroq le 18/03/2015 22:24 | Alerter
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Bien sûr qu'il faut conserver le Conseil général. Souhaitons-nous que tous les centres de décisions importants sur le développement économique, le tourisme… partent à la Région, c'est-dire à Nantes ? Non, il faut absolument garder des compétences à un échelon de proximité.


Un territoire comme le Maine-et-Loire doit avoir assez de prérogatives sur ces enjeux. Ce qu’il faut davantage, c’est une mutualisation des compétences au sein des 3 agglomérations du département avec le Conseil général (com...















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