Grégory Blanc, le premier fédéral du PS, claque la porte du parti


Rédigé par - Angers, le 25/11/2016 - 11:17 / modifié le 26/11/2016 - 23:07


Le secrétaire fédéral du Parti socialiste, Grégory Blanc, a annoncé jeudi soir qu'il claquait la porte du parti, après quatre années passées à la tête de la fédération de Maine-et-Loire. En cause, des manœuvres souterraines, selon lui, pour prendre la main sur le parti en le disqualifiant de la course aux sénatoriales.



Dans notre mensuel du mois de novembre, nous avions figuré la course à l'investiture pour le Sénat, entre Grégory Blanc et Jean-Noël Gaultier. Une course qui aura finalement fait exploser le Parti socialiste du Maine-et-Loire...
Dans notre mensuel du mois de novembre, nous avions figuré la course à l'investiture pour le Sénat, entre Grégory Blanc et Jean-Noël Gaultier. Une course qui aura finalement fait exploser le Parti socialiste du Maine-et-Loire...
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En Anjou comme ailleurs, on pensait le temps politique consacré à la droite, ces jours-ci. Mais dans l'entre deux tours des primaires de la droite et du centre, c'est finalement bien la gauche angevine qui fait depuis jeudi soir la Une de l'actualité politique locale.
 
Après quatre années passées à la tête de la fédération départementale du PS, Grégory Blanc -par ailleurs adjoint au maire de Trélazé et chef de file de l'opposition au Conseil départemental- a annoncé qu'il quittait le Parti socialiste du Maine-et-Loire. Séance tenante.
 
Une décision radicale pour celui qui s'était le premier positionné, début octobre, à l'investiture socialiste pour les élections sénatoriales, à la rentrée de septembre 2017. Radicale, sur la forme comme sur le fond, et motivée dans un communiqué de presse adressé à toutes les rédactions. "La politique n'est pas qu'une affaire d'idées, c'est aussi une affaire de méthodes. Depuis quatre ans à la tête du PS 49, dans une période difficile pour la gauche, j’ai essayé de rénover la maison, rendre nos fonctionnements plus transparents, construire une véritable articulation élus, militants, sympathisants. Et surtout rassembler, aussi bien en interne qu’en externe, pour préparer l’avenir", avance le désormais ex-patron du PS angevin, réélu il y a peu à ce poste.
"Malgré une majorité confirmée à la fédération, les conditions ne sont plus réunies pour poursuivre l’action collective engagée" - Grégory Blanc 

"Malgré une majorité confirmée à la fédération, les conditions ne sont plus réunies pour poursuivre l’action collective engagée. Depuis plusieurs mois, en souterrain, une offensive est lancée sur le PS 49, avec toujours les mêmes à la manœuvre, continuant de tout vouloir régenter comme avant, en dehors des instances, et en passant en force, comme encore sur les sénatoriales en affichant lors du dépôt des candidatures, avant même la commission électorale, une liste exclusive, avec impossibilité de toute discussion. Une membre de ma propre équipe fédérale candidate  exclusivement sur une liste qui m’exclut, sans même me prévenir. Un autre affiche son soutien à cette démarche, toujours sans même me prévenir", regrette Grégory Blanc. "Toujours les mêmes"... sibyllin comme expression, sauf à se retourner sur le passé récent du PS, dans la couronne angevine : plusieurs défections -celle de Anne-Sophie Hocquet de Lajartre, ex-maire de Bouchemaine notamment...- sont venus rappeler les fortes dissensions internes -et notamment les critiques sur le côté clanique de la section locale d'Angers- cristallisées par la prise de pouvoir de Frédéric Béatse à la mairie d'Angers, en 2013 et à la guéguerre qui s'en est suivi avec Jean-Luc Rotureau, jusqu'à la défaite des municipales, en 2014.

Grégory Blanc était à la tête de la fédération du Parti socialiste de Maine-et-Loire depuis 2012.
Grégory Blanc était à la tête de la fédération du Parti socialiste de Maine-et-Loire depuis 2012.
Une défaite sur laquelle revient Grégory Blanc : "La perte d’Angers n’a, semble-t-il, pas suffi. Les mêmes causes produiront à nouveau les mêmes effets. L’absence de rassemblement conduira inexorablement à un nouvel échec. Or, pour gagner en Anjou, le rassemblement est incontournable. Cela exige à chaque instant de trouver les clés pour dépasser les intérêts particuliers. Agir ensemble ne se décrète pas. Ce n’est que le fruit d’un patient travail. Travail auquel je mets un terme aujourd’hui en quittant le Parti socialiste de Maine-et-Loire. C’est le cœur serré que je mets fin à une histoire de près de 20 ans. Il n’y a pas d’autre issue pour que la gauche puisse se reconstruire. Il est désormais urgent que de nouvelles têtes et de nouvelles pratiques apparaissent. C’est la condition indispensable pour rassembler et donc gagner. Je les appuierai à la place qui sera dorénavant la mienne", conclut celui qui est toujours aujourd'hui le chef de file de l'opposition au Conseil départemental.
 
Une situation loin d'être anodine, puisque les deux figures de proue objectives de la minorité départementale, Grégory Blanc et Jean-Luc Rotureau, sont désormais toutes les deux "dissidentes" du Parti socialiste.
 
La décision de Grégory Blanc renvoie en tout état de cause une image désastreuse de la formation politique, et a, semble-t-il, pris de court nombre de militants présents jeudi soir à un Conseil fédéral qui n'a finalement pas eu lieu... au regard de l'allocution de l'élu trélazéen. "Ça me met en colère", commente Silvia Camara-Tombini, élue angevine et secrétaire de la section locale d'Angers. "En terme d'image, on n'avait pas besoin de cela, alors que l'on se bat depuis quatre ans pour rassembler. Au final, on réécrit la même histoire qu'avec Jean-Luc Rotureau : d'un côté les gentils, de l'autre les méchants qui sont pointés du doigt, à tort", poursuit-elle.
"Si même le président François Hollande se soumet au vote des militants au niveau national, Grégory Blanc peut aussi le faire au niveau local, non ?" Silvia Camara-Tombini

Celle qui est aussi candidate à l'investiture socialiste pour la députation a une lecture bien différente de celle présentée par Grégory Blanc. "La commission électorale avait statué en début de semaine sur la présentation d'une liste unique, dont Grégory Blanc prendrait la tête. Mais les statuts du parti autorisent une liste alternative, menée par Jean-Nöel Gaultier, et soutenu par de très nombreux élus (dont l'ancien président du Conseil régional Jacques Auxiette qui y figure en dernière place, Ndlr) Un débat aurait eu lieu entre les deux la semaine prochaine, puis un vote des militants le 8 décembre pour choisir l'ensemble des candidats aux prochaines échéances parlementaires."
 
Au lieu de cela, le Parti socialiste de Maine-et-Loire se retrouve ce vendredi matin dans le flou le plus total : gestion par intérim, reprise en main par les instances nationales, report du vote des militants ? Pas de réponse pour le moment, à l'heure où se profile, en plus, les primaires citoyennes des 22 et 29 janvier pour la désignation du candidat de gauche à l'élection présidentielle. "Si même le président François Hollande se soumet au vote des militants au niveau national, Grégory Blanc peut aussi le faire au niveau local, non ? Il ne s'agit absolument pas de remettre en cause son bilan à la tête de la fédération, mais de faire vivre la démocratie interne et de désigner le candidat le plus à même de siéger au Sénat, pour le PS", conclut-elle.
 
Sinon, dimanche soir, il y a le second tour de la primaire de la droite et du centre...

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Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur















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