Grogne sociale à Angers : la tournée des patrons...


Rédigé par - Angers, le 09/12/2014 - 19:11 / modifié le 31/01/2015 - 11:01


300, 400, 500 ? Difficile de savoir combien de chefs d'entreprise du Maine-et-Loire se sont rassemblés, mardi après-midi, devant, les grilles de la préfecture, à Angers. Une chose est sûre : c'est une première dans le département, qui vient prolonger localement le front uni présenté par leurs représentants nationaux la semaine passée à Paris. Une mobilisation pour "libérer l'entreprise et l'emploi", qui ne devrait pas rester sans lendemain.



A la sortie d'une rencontre avec le préfet du Maine-et-Loire, les quelque 400 patrons manifestants ont enfilé des masques de chantier pour illustrer la situation de leurs entreprises.
A la sortie d'une rencontre avec le préfet du Maine-et-Loire, les quelque 400 patrons manifestants ont enfilé des masques de chantier pour illustrer la situation de leurs entreprises.
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Pancartes, écharpes, détermination dans les regards... lorsque le "Se canto" a rugi dans les enceintes installées place de la préfecture, à Angers, on a cru revivre la ferveur d'avant-match en pays occitan. Las ! Ce ne sont pas 15 rugbymen en short, unis comme un seul homme, qui sont entrés sur le pré, mais les patrons du Medef Anjou, de la CGPME 49 et de l'UPA 49 qui sont montés sur l'estrade, pour dire que "les chefs d'entreprise n'en peuvent plus" (Zohra Gallard, la patronne de la CGPME 49), relayant ainsi le discours entendu au niveau national la semaine passée, puis déclinée au niveau local, à Laval ou au Mans notamment.

Une mobilisation inédite, au moins par la solidarité affichée entre les différentes organisations patronales, et qui détonne, au premier coup d'œil. Parmi les manifestants, des chefs d'entreprise reconnus sur le territoire -Renaud Bonnel, de l'entreprise de maçonnerie et tailleur de pierre éponyme a ainsi pris la parole-, de très petites, moyennes ou grandes entreprises, réunis là "bien au-delà des trois organisations interprofessionnelles", pour dénoncer "la fertilité des règles et des normes entretenus par les politiques de droite et de gauche depuis 30 ans" (Bertrand Schaupp, Medef Anjou). "Depuis 2010, 90 taxes nouvelles ont été créées !"
 
"Ça n'est pas notre culture d'être dans la rue", mais il y a toujours un esprit suspicieux à partir du moment où vous êtes chef d'entreprise et que vous actionnez des mesures mises en place par l'Etat. Ça devient insupportable !"

"Ça n'est pas notre culture d'être dans la rue", reprend Zohra Gallard, particulièrement véhémente sur l'estrade, mais "il y a toujours un esprit suspicieux à partir du moment où vous êtes chef d'entreprise et que vous actionnez des mesures mises en place par l'Etat. Ça devient insupportable !"

En clair, à situation exceptionnelle, réponse exceptionnelle, avancent des patrons qui s'appuient sur des exemples à grande échelle pour illustrer leurs propos -"en Allemagne, le coût du dialogue social est de 130 € par an et par salarié", illustre Bertrand Schaupp ; "il est de 800 € en France !"- mais également sur la situation des entreprises du département. "En Maine-et-Loire, 1344 entreprises ont disparu depuis 2011, 2072 emplois ont été détruits, plus de 1500 emplois sont actuellement directement ou indirectement menacés", ont rappelé les porte-paroles de la manifestation.

Surtout, les fameux "carnets de commande ne se remplissent plus, ou peu", laissant des "trésoreries à l'agonie" et des "pans entiers de l'activité économique du territoire -le végétal, le bâtiment, la restauration, l'électronique- sont menacés". Dans ces conditions, tous fustigent "les entraves à la croissance et à l'emploi que représentent", en plus des éléments sus-cités, "une pression fiscale devenue insupportable et une complexité et une frénésie normative destructives."

Remontés comme des pendules, les leaders des organisations interprofessionnelles ont été reçus par le préfet du Maine-et-Loire, l'attaché-caisse plein de mesures d'urgence à mettre en œuvre, sous la forme d'un "manifeste des entrepreneurs du Maine-et-Loire" (qui est le même que celui porté au niveau national...). Florilège :

-"Simplifier réellement et rapidement les normes et la réglementation".
-"Accélérer la baisse du coût du travail par la diminution directe des charges et instaurer de la flexibilité dans le marché du travail".
-"Abroger le compte pénibilité, usine à gaz inapplicable et dangereuse".
-"Stabiliser à long terme la fiscalité et la réglementation".
-"Stopper l'ingérence systématique et dogmatique de l'Etat".
-"Faire converger les fiscalités et les réglementations sociales des pays européens".
-"Engager de vraies réformes de la sphère publique".

Sept mesures, sept points capitaux pour "éviter l'asphyxie", comme imagée par le port de masque de chantier durant cet après-midi de contestation patronale... qui connaître sans doute une suite, puisque les chefs d'entreprise vont solliciter les parlementaires locaux sur le sujet, dans les prochaines semaines.

Ecoutez une partie de la prise de parole de Zohra Gallard, patronne de la CGPME 49...

zohra_gallard.mp3 Zohra Gallard.mp3  (668.16 Ko)






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