Half Moon Run : "Une exploration de la musique, une découverte collective"


Rédigé par - Angers, le Mercredi 2 Mars 2016 à 08:00


Après le succès critique et public de "Dark Eyes", leur premier album, les Canadiens d'Half Moon Run confirment leur talent avec "Sun Leads Me On", sorti à l'automne 2015. Un petit bijou de rock créatif qu'ils défendront lundi 7 mars sur la scène du Chabada, à Angers, là même où ils avaient livré un concert mémorable en 2012. Entretien avec Dylan Phillips, à la fois batteur, chanteur et clavier du groupe.



Le quatuor de rock indé Half Moon Run sera en concert au Chabada le lundi 7 mars. Crédit photo : Yani Clarke
Le quatuor de rock indé Half Moon Run sera en concert au Chabada le lundi 7 mars. Crédit photo : Yani Clarke
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Comment est né le projet Half Moon Run ? Est-ce d’abord une histoire humaine qui débouche sur un projet artistique, ou une envie artistique qui fait naître un groupe ?

"C’est l’histoire artistique d’une volonté humaine de commencer un projet musical... !"
 
Comment définiriez-vous justement ce projet artistique ?

"Comme une exploration de la musique elle-même, à travers laquelle nous nous efforçons de faire une découverte collective, ces moments durant lesquels nous découvrons les éléments d’une chanson un par un, en même temps. Comme une sorte d’embouteillage de découvertes qui nous donne toutes les raisons dont nous avons besoin pour continuer."
 
Quelles influences musicales revendiquez-vous ?

"Une influence qui serait quadri-dimensionnel, inclurait l’espace et le temps, et flotterait de manière dynamique dans ce qui nous entoure. Des vibrations du passé, de présent (et peut-être même du futur) qui stimulent chaque jour notre créativité."
 
Votre premier album, « Dark Eyes », a été très remarqué du point de vue international, et notamment en France. En tant que groupe, on attend toujours le succès, mais comment le vit-on quand il finit par arriver concrètement ?

"Le succès n’a rien à voir avec les éloges ou la célébrité, bien que ça puisse apparaître comme un rêve. Dans notre cas, c’est plus notre propre accomplissement dans le milieu musical qui résume le vrai succès. Il n’y a que des petits succès et des petits échecs, qui nous donnent l’opportunité de grandir et d’apprendre. Il n’y a jamais un succès ultime et, s’il existait, s’en contenter signifierait rester statique, et ce n’est pas intéressant. La musique, c’est l’exercice de toute une vie, en matière d’apprentissage et de progression. Le but n’est pas d’aller au bout d’une chanson mais plutôt d’arriver exactement à ce que vous voulez, quel que soit le moment ou l’endroit où vous vous trouvez."

Vous avez défendu « Dark eyes » sur plus près de 300 scènes à travers le monde. Comment sort-on d’une tournée aussi intense ? Qu’en avez-vous appris, êtes-vous les mêmes sur scène aujourd’hui qu’à l’heure d’entamer cette première tournée d’ampleur ?

"S’il est une chose que nous avons remarqué après avoir tant tourné, c’est que quand vous rentrez chez vous après de longues heures de route, vous ne quitter jamais réellement la tournée : c’est quelque chose qui vous accompagne un long moment après que ce soit terminé. Nous avons appris à prendre soin les uns des autres et de nous-mêmes. C’est important d’emporter sur la route des petits bouts de chez soi, des passe-temps, des nouveaux projets que vous auriez si vous étiez à la maison. Ça aide qu’il y ait une certaine continuité entre ces deux mondes, ces deux réalités."
 
Est-il possible de composer d’autres morceaux en tournée ou faut-il finalement se poser pour le faire ?
 
"Nous trouvons très difficile d’écrire des chansons entières en tournées, mais beaucoup d’idées flottent quand même dans l’air. C’est habituellement assez dur de les attraper vous-même, mais elles viennent parfois à vous toutes seules. La créativité est sans doute moins développée en tournée, mais elle toujours présente."

Après le succès du premier album, comment aborde-t-on la composition d’un deuxième album ? Avec de la crainte ? de l’impatience ? de l’ambition ?

"Avec une force animale : je crois que ça a commencé comme ça… Nous devions juste vraiment nous assurer de jouer régulièrement. Après une si longue tournée, c’était forcément difficile de faire avancer les choses et de retrouver le « flow ». Mais ce qui a démarré comme un challenge a évolué peu à peu vers quelque chose d’assez accompli, de signifiant. Une grande partie de la composition de ce deuxième album relève sans doute ce que nous avons appris et expérimenté sur la tournée du premier. Mais c’était aussi rempli de découvertes et nous nous sommes encouragé mutuellement à explorer des territoires que nous n’avions même pas imaginé. Nous sommes heureux de la tournure que ça a pris."
 
Saviez-vous dès le début ce que vous vouliez faire de ce deuxième album ? Quelle couleur vous souhaitiez lui donner ?

"Nous savions, à l’avance, que ce serait du Sepia...

"Sun Leads me On" est sorti au mois d'octobre 2015.
"Sun Leads me On" est sorti au mois d'octobre 2015.
Vous avez fait appel pour « Sun Leads Me On » à Jim Abbiss (Arctic Monkeys, Adele…). Qu’attendiez-vous de cette collaboration ? Et que vous a-t-il finalement apporté ?

"C’était une joie de travailler avec Jim, et pour plusieurs raisons. Tout a commencé quand nous lui avons envoyé quelques démos et lui avons téléphoné pour évoquer la musique et nos visions respectives de l’enregistrement d’un album. Les planètes semblaient s’aligner alors nous nous sommes lancés. C’était très important pour nous de capter l’énergie du live dans l’enregistrement, et il l’a très bien compris. Il a eu le talent de faire ressortir et d’identifier nos meilleures performances. Plus généralement, il y avait une sorte de « flux » positif dans le studio."
 
Comment se passe le processus créatif ? Est-ce un travail collectif ou la réunion de travaux individuels ?

"C’est généralement une vision ou quelque chose de la sorte qui vient de l’un d’entre nous – généralement une sorte de vibration qui ressort d’une ou deux partitions. Ensuite,  le gros du travail se fait en groupe, autour des arrangements que nous cherchons et expérimentons jusqu’à trouver le meilleur."
 
« Sun Leads me On » sonne plus comme un album studio que « Dark Eyes » : y’a-t-il un réel enjeu ou une difficulté à l’adapter sur scène ? Plus généralement, pensez-vous à la scène lorsque vous composez ?

"Une des raisons pour lesquelles nous voulions enregistrer en préservant l’énergie du live, c’était pour être capable de jouer notre musique en live. Il y a des éléments additionnels dans les version studio que nous ne pouvons pas reproduire en concert, mais pour la majeure partie, chaque chanson de l’album a un noyau « live » qui nous permet de le reproduire de la même façon sur scène."
 
J’ai lu dans une ITW que vous étiez des « travailleurs acharnés » : comment cela se traduit-il concrètement ? Vous êtes comme des artisans de la musique ?

"Côté créativité, je pense que nous avons simplement compris l’importance d’une pratique régulière. Vous ne pouvez pas forcez la créativité… ça arrive ou ça n’arrive pas et je trouve important de vérifier tous les jours si elle est là ou non, que ce soit en groupe ou dans sa pratique solo."
 
En dehors d’Half Moon Run, quels sons conseillez-vous aux Français d’écouter, en ce moment ? 

"Tame Impala, Timber Timbre, Patrick Watson, The Barr Brothers, Mountain Man, Nick Hakim, Khruangbin, Alabama Shakes."

Half Moon Run sera en concert au Chabada, à Angers, le lundi 7 mars. Première partie : Aidan Knight.

En live, ça donne ça....




Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur








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