Hugues Aufray : un spectacle riche en émotion


Rédigé par Yannick Sourisseau - Angers, le Lundi 30 Août 2010 à 08:59


De passage en Anjou, à Blaison-Gohier, un petit village situé en Pays Loire Angers, dans le cadre du centenaire des inventions Ferguson, le chanteur Hugues Aufray, s’est montré, malgré son âge, aussi fringant que les chevaux qu’il élève dans sa ferme ardéchoise. Un concert exceptionnel que ses fans ont apprécié à sa juste valeur.



Hugues Aufray : un spectacle riche en émotion
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Vous allumez un feu de camp et vous voyez Hugues Aufray apparaître », disait l’humoriste Coluche. « Et pourtant je n’ai jamais été scout et je n’ai jamais allumé un feu », affirmait le chanteur aux 3000 spectateurs qui avait fait le déplacement sur le stade de football de Blaison-Gohier ce dernier samedi d’Août.

L’humoriste voulait sans doute évoquer son style de musique, son coté bohème, son amour de la nature et de la liberté, et ses chansons reprises par plusieurs générations d’enfants lors des soirées de colonies de vacances autour du traditionnel feu de camp. L’homme n’a pas changé depuis ses débuts sur scène. Avec son éternel blouson en jean, sans les franges de ses premières apparitions, ses santiags, ses guitares et sa crinière blanche il a désormais une allure de vieux sage ou de grand chef indien. Mais avec ses 81 printemps, il assure tout de même depuis le début de sa tournée, deux heures de spectacle chaque soir avec une voix toujours aussi claire. Beaucoup de ses fans aimeraient avoir la même condition physique.

Mais pour cela l’ami Hugues, comme disent ses fans, s’oblige à une hygiène de vie dont certains chanteurs de la même génération feraient bien de s’inspirer. Des petites siestes, des repas sains et équilibrés. Pas d’Hugues Aufray dans les boites à la mode où les cocktails mondains, il n’aime pas vraiment, préférant la vie simple, presque monastique, dans son Ardèche, avec ses potes. C’est ça le secret de sa longévité.

Malgré sa longue carrière, Hugues Aufray est aujourd’hui déprogrammé de la plupart des radios et des magazines, même si depuis cette année on le revoit sur les plateaux de télé. En Anjou les journaux locaux, se sont peu ou pas intéressés à l’homme, pourtant honnête et sincère. Hugues Aufray, ce troubadour comme certains l’ont nommé n’est sans doute pas assez médiatique. Mais l’a-t-il vraiment été ? Et pourtant ses ritournelles, le plus souvent des adaptations des chansons de Bob Dylan ou Félix Leclerc, sont connues de tous, même des plus jeunes. « Je n’ai jamais mis ma carrière au repos, j’ai seulement été lâché par des médias qui préféraient montrer Richard Anthony posant devant sa Maserati, qu’un Hugues Aufray sur son tracteur », renvoie l’artiste avec une pointe d’humour.

Infatigable voyageur, il a passé en revue tous les airs que chacun fredonne, sans pour autant savoir que Hugues Aufray en est l'interprète. Il a chanté pour le plus grand plaisir de ses fans, ces chansons qui fleurent bon les bayous de Louisiane, les boites de jazz de la Nouvelle Orléans, le blues, « la musique de ce peuple noir inventée pour lutter contre la misère », sans oublier les Mariachis mexicains ou la marine à voile, tous ces airs inoubliables qui lui collent désormais aux bottes.

Il aime les travailleurs de l'ombre

Hugues Aufray : un spectacle riche en émotion
Au beau milieu des basses vallées angevines, entouré des collectionneurs de « petits gris », ce tracteur mythique, comme lui, prévu pour remplacer les chevaux de trait, avec un coût sensiblement équivalent, Hugues Aufray était dans son élément, lui qui aurait aimé être paysan. Il en possède quatre. Inconcevable pour quelqu’un qui nourrit un amour pour les chevaux. « J’aime leur robustesse, leur coté rustique, prêt pour le labeur. Ce sont les qualités du petit âne gris de ma chanson. J’aurai pu l’appeler le petit gris », lance le chanteur à la foule. « Il faut aussi savoir s’adapter et vivre avec son temps ».

Hugues Aufray rendra aussi rendu hommage à ceux qui travaillent dans l’ombre, et savent se défoncer, à l’image des bénévoles de Blaison, Dominique Léon, le maire en tête lequel aura payé de sa personne pour assurer le financement de ce week-end dédié à la terre et au monde rural. « J’aime les paysans parce que ce sont eux qui nous nourrissent. Mais je ne chante pas que dans les campagnes », dira le chanteur, brocardant au passage le concert de Pierre Perret organisé à Trélazé, à moins de 15 minutes, lequel avec ses 10 000 spectateurs aura fait pour le coup de l’ombre aux organisateurs de Blaison. « Ce concert est gratuit, mais pas pour l’artiste. C’est la collectivité qui paye avec l’argent public. Ici les bénévoles se sont débrouillés pour trouver des sponsors et faire en sorte que l’entrée soit accessible. Je veux leur rendre hommage ».

Enfin ce concert qui méritait vraiment que l’on s’y intéresse, s’est terminé en apothéose et en émotion avec la venue sur scène des petits chanteurs de la chorale OCARINA de Saint Barthélémy d’Anjou, lesquels ont déjà accompagné le chanteur dans une émission de TV, pour « Céline », « Adieu monsieur le professeur » ou encore l’incontournable « Santiano », réclamé par l’ensemble des spectateurs. « Regardez ces jeunes, ils sont bien élevés. On dit beaucoup sur les jeunes, mais ils sont tous comme ceux là. Ce sont souvent des minorités qui sèment le trouble. D’ailleurs il faudrait créer un ministère de l’éducation pour apprendre les matières de base et un autre de l’éducation associé à celui de la famille, pour mieux éduquer les enfants ».

Heureusement ces quelque paroles, appréciées par certains, considérés comme réactionnaires par d’autres, selon les affinités politiques, n’ont pas pour autant gâché ce superbe concert, celui-ci se terminant, avec une reprise de Santiano par le bagad angevin ANSKER et un night glow de trois ballons généreusement offert par la société « Montgolfières d’Anjou ».

Pas de doute le capitaine du navire Santiano est toujours debout, libre et fier de l’être.



Yannick Sourisseau
Yannick Sourisseau
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1.Posté par Louis le 30/08/2010 16:14 | Alerter
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Hugues Auffray est bien un artiste comme les autres : il brocarde le concert gratuit de Trélazé en oubliant que lui-même y participa l'année dernière ou il y a 2 ans, je ne sais plus. A l'époque, il prit le chèque sans rechigner (son cachet tourne-t-il bien autour de 30 000 euros ?).
Pour Info, à Trélazé, c'est un club de partenaires qui finance en grande partie ses concerts gratuits qui sont toujours de grands succès.

Cela dit, bravo à lui d'être encore sur scène à 81 ans mais à son âge, il p...








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