Hydrogène Jukebox


Rédigé par Amselme - Angers, le Vendredi 30 Janvier 2009 à 10:03


Était-ce un concert ou un opéra qui se jouait mercredi 28 janvier au grand théâtre du Ralliement ? Les textes sont d’Allen Ginsberg et la musique de Philip Glass. Il n’y a pas de narration, pas de personnages, une mise en scène minime. C’est bien de la musique chantée, par l’ensemble Ars Novas et dirigé par Philippe Nahon, donc on peu parler d’opéra, d’opéra de chambre.



Hydrogène Jukebox
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Les poèmes de Ginsberg sont assez ardus à comprendre, spécialement en version originale, bien qu’une avant scène ait été aménagée comme transition sur laquelle s’installe le traducteur de l’œuvre. Il est habillé suivant les stéréotypes de l’écrivain de roman noir américain, imperméable et feutre mou lui cachant les yeux. Il est le seul à parler notre langue mais cela ne veut pas dire que la compréhension des textes sera plus aisée, d’ailleurs, faut-il vouloir à tout prix les saisir ?

La mise en scène de Joël Jouanneau joue avec les stéréotypes. C’est « Uncle Sam » qui dirige l’orchestre, d’une manière une peu méphistophélique. Il lance les morceaux et va s’asseoir ou déambule sur scène un peu comme si les musiciens étaient suffisamment bien programmés. C’est bien de cela qu’il s’agit, de déshumanisation. Extérieurement rien ne différencie les chanteurs et les musiciens, habillés de la même manière ils sont les pions qui, chantant, jouant, mourant, participent à la société qu’ils abhorrent. Ils sont semblables aux ouvriers moutons de Métropolis. La seule chose qui va les différencier est ce qu’ils expriment.

C’est à travers leur voix que va se traduire leur identité propre. Leur voix sont humaines, harmonieuse, même si ce qu’elles disent est douleur, désarroi ou colère, elles touchent, d’humain à humain, dans un monde qui broie.

Cet opéra a été écrit en réaction à la société bien pensante américaine de 1950 aux années 80 et même si Allen Ginsberg dit que l’objet d’Hyrogen Jukebox est de soulager la conscience humaine par une prise de conscience aigue des obsession, névroses et problèmes de la fin du millénaire, il est désolant de constater que notre situation actuelle n’a guère évoluée.


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