« Il était une fois un meurtre » : l' humanité d'un monstre


Rédigé par Option Cinéma Lycée Renoir - Angers, le Jeudi 5 Mai 2011 à 11:49


Peer Sommer (Ulrich Thomsen) et Timo Friedrich (Wotan Wilke-Möhring) se lient d'amitié par leurs fantasmes pédophiles, mais lorsqu'ils passent à l'acte, Timo défaille, puis s'enfuit après le crime de son acolyte. Timo, malgré ses désirs abjects, tente d'écarter sa culpabilité, il fonde une famille, change de nom, s'installe... jusqu'à un meurtre, identique en tout point à celui auquel il a assisté. Pourquoi ce retour 23 ans plus tard ?



« Il était une fois un meurtre » : l' humanité d'un monstre
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Pour son second long métrage, Baran Bo Odar s'appuie sur « Le Silence », roman de Jan Costin Wagner, qui co-signe le scénario.

Deux hommes dans une voiture passent devant une petite fille qui s'éloigne sur un chemin de terre. La voiture fait marche arrière et s'engage derrière elle...

L'accroche du film est fulgurante, fondée sur le viol et le meurtre de cette fillette de 11 ans, elle plonge le spectateur au cœur de ce thriller allemand à l'ambiance particulière. Le jeune réalisateur suisse, Baran Bo Odar, réussit à conserver notre attention, malgré une certaine lenteur, grâce à une narration bien maitrisée.

En effet il met en scène plusieurs pistes scénaristiques, plutôt décousues au premier abord. Le film démarre en 1986, sur les deux hommes au fantasme sordide, puis enchaîne directement sur la vie des différents protagonistes à l'époque actuelle : une équipe de policiers aux rapports sociaux mitigés, une fille capricieuse et ses parents, une mère éplorée, et le père d'une famille banale. Le montage alterne donc entre les situations des personnages, sans aucun lien apparent. On découvre pourtant que chaque histoire porte son lot de problèmes, amenant ainsi une atmosphère lourde de solitude et de mal-être.

En parallèle les flashbacks du premier crime permettent de comprendre les actes des personnages au fil de l'histoire. Outre une esthétique visuelle puissante soutenue par la musique et une structure pleine de suspense, Baran Bo Odar aborde avec simplicité et profondeur le drame vécu par ces gens ordinaires, mais aussi et surtout le point de vue et la complexité des sentiments des deux pédophiles...

Un thriller psychologique bien mené, sans exubérance macabre, sur un sujet difficile.

Sylvain.

















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